Chapitre 23 — La myologie, les vaisseaux et les nerfs du membre inférieur · Topic 2 : Les muscles de la cuisse · Leçon 2.1
Un seul os, trois groupes. La cuisse s’organise autour du fémur comme le bras s’organise autour de l’humérus, mais avec un groupe de plus : en dedans, une palette de cinq muscles qui ramènent la cuisse vers la ligne médiane. Tous naissent de l’os coxal, presque tous se terminent sur la ligne âpre, et presque tous obéissent au nerf obturateur. C’est le groupe le plus régulier de tout le membre inférieur — et donc le plus rentable à apprendre.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- citer les trois groupes musculaires de la cuisse avec leurs artères et leurs nerfs satellites ;
- énoncer les caractères communs des cinq adducteurs et leurs deux plans ;
- décrire le plan superficiel : pectiné, long adducteur et gracile ;
- décrire le plan profond : court adducteur et grand adducteur ;
- expliquer ce qu’est le hiatus du grand adducteur et ce qui le traverse ;
- repérer les trois exceptions qui font tout l’intérêt du groupe médial.
🧭 Plan de la leçon
- Généralités : trois groupes autour du fémur
- Les cinq adducteurs : un principe, deux plans
- Le plan superficiel : pectiné, long adducteur, gracile
- Le plan profond : court adducteur et grand adducteur
1. Généralités : trois groupes autour du fémur
On distingue trois groupes de muscles au niveau de la cuisse, organisés autour du fémur : un groupe médial, un groupe antérieur et un groupe postérieur. Chacun possède son artère satellite et son nerf satellite, ce qui permet de mémoriser la vascularisation et l’innervation en même temps que les muscles.
| Groupe | Muscles | Artère et nerfs satellites |
|---|---|---|
| Groupe médial les muscles adducteurs |
Plan superficiel : muscle pectiné, muscle long adducteur, muscle gracile Plan profond : muscle court adducteur, muscle grand adducteur |
Artère profonde de la cuisse Nerf obturateur + nerf fémoral pour le muscle pectiné + nerf sciatique pour le muscle grand adducteur |
| Groupe antérieur | Muscle sartorius Muscle quadriceps : chef droit fémoral, chef vaste latéral, chef vaste médial, chef vaste intermédiaire |
Artère profonde de la cuisse Nerf fémoral |
| Groupe postérieur les muscles ischio-jambiers |
Muscle semi-membraneux Muscle semi-tendineux Muscle biceps fémoral |
Artère profonde de la cuisse Nerf sciatique |
Au membre inférieur, les muscles antérieurs sont plutôt extenseurs et les muscles postérieurs plutôt fléchisseurs. C’est exactement l’inverse du membre supérieur, où la loge antérieure du bras fléchit et la loge postérieure étend. Cette inversion vient de la rotation médiale qu’a subie le bourgeon du membre inférieur au cours du développement embryonnaire.
« Antérieurs extenseurs, postérieurs fléchisseurs » est vrai au genou : le quadriceps l’étend, les ischio-jambiers le fléchissent. À la hanche, c’est l’inverse : les muscles antérieurs (ilio-psoas, droit fémoral, sartorius) sont fléchisseurs et les muscles postérieurs (grand glutéal, ischio-jambiers) sont extenseurs. La fiche Sorbonne énonce la règle sans préciser l’articulation : si la question tombe telle quelle au concours, la réponse attendue reste celle de la fiche.
2. Les cinq adducteurs : un principe, deux plans
Les muscles médiaux de la cuisse sont les muscles adducteurs. Ils sont cinq et se répartissent en deux plans : un plan superficiel (pectiné, long adducteur, gracile) et un plan profond (court adducteur, grand adducteur).
- Ils sont tous tendus du pubis de l’os coxal à la ligne âpre du fémur — sauf le muscle gracile, qui descend jusqu’au tibia.
- Ils sont tous adducteurs de la hanche.
- Ils sont tous innervés par le nerf obturateur — avec deux exceptions : le pectiné (nerf fémoral) et le chef vertical du grand adducteur (nerf sciatique).
« Philippe Le Chimiste est un Grand Guerrier » : Pectiné, Long adducteur, Court adducteur, Grand adducteur, Gracile. Attention à l’ordre : la phrase donne les cinq noms, mais pas la répartition en plans. Retiens à part que le plan profond, c’est le court et le grand adducteur.
Le gracile est l’exception annoncée par la fiche : il se termine sur le tibia. Mais le grand adducteur en est une seconde, à demi : la fiche lui donne elle-même une origine sur la branche de l’ischion (et non le seul pubis) et une terminaison de son chef vertical sur le tubercule de l’adducteur (et non la ligne âpre). La règle générale reste celle qu’il faut restituer : si la question tombe telle quelle au concours, la réponse attendue reste celle de la fiche.
3. Le plan superficiel : pectiné, long adducteur, gracile
| Muscle pectiné | Muscle long adducteur | Muscle gracile | |
|---|---|---|---|
| Origine | Branche supérieure du pubis de l’os coxal | Face latérale du pubis de l’os coxal | Face latérale du pubis de l’os coxal |
| Trajet | Court et quasiment horizontal, dirigé vers le dehors | Oblique en bas et en dehors | Il descend sur toute la hauteur de la cuisse en formant le galbe médial de la cuisse |
| Terminaison | Ligne pectinée, située entre les deux lèvres de la ligne âpre du fémur (partie supérieure) | Lèvre médiale de la ligne âpre du fémur (partie moyenne) | Face médiale de l’épiphyse proximale du tibia (région de la patte d’oie) |
| Innervation | Nerf fémoral : nerf musculaire médial | Nerf obturateur (et accessoirement le nerf fémoral) | Nerf obturateur |
| Action | Adduction de la hanche | Adduction de la hanche | Adduction de la hanche |

La planche met en évidence l’éventail que dessinent les trois muscles superficiels : plus on descend sur le pubis, plus la terminaison est basse sur le fémur. Le pectiné est presque horizontal, le long adducteur franchement oblique, le gracile pratiquement vertical.
Le gracile est le seul à dépasser le genou : c’est lui qui donne au bord médial de la cuisse son relief allongé, et c’est lui qui rejoint le sartorius et le semi-tendineux sur la patte d’oie.
Parce qu’il se termine sur le tibia et non sur le fémur, le gracile franchit deux articulations : la hanche et le genou. C’est le seul adducteur bi-articulaire. Tous les autres s’arrêtent sur le fémur et n’agissent donc que sur la hanche.
La fiche ne retient que l’adduction de la hanche, ce qui est le dénominateur commun du groupe. Les descriptions de référence (Terminologia Anatomica, ouvrages de myologie, revues de StatPearls) leur reconnaissent des actions accessoires : le pectiné et le long adducteur participent à la flexion de la hanche ; le gracile, bi-articulaire, participe à la flexion du genou et à la rotation médiale de la jambe fléchie. Complément hors fiche Sorbonne : à connaître pour comprendre, pas à substituer à la réponse attendue.
Les ouvrages de référence attribuent le muscle long adducteur à la seule branche antérieure du nerf obturateur (racines L2-L3-L4). La fiche Sorbonne ajoute une participation accessoire du nerf fémoral, qui n’est pas retenue par la Terminologia Anatomica ni par les descriptions universitaires classiques. Si la question tombe telle quelle au concours, la réponse attendue reste celle de la fiche.
4. Le plan profond : court adducteur et grand adducteur
| Muscle court adducteur | Muscle grand adducteur | |
|---|---|---|
| Origine | Branche inférieure du pubis de l’os coxal | Branche inférieure du pubis de l’os coxal ; branche de l’ischion de l’os coxal |
| Terminaison | Lèvre médiale de la ligne âpre du fémur (partie supérieure) | Chef oblique : la ligne âpre du fémur (+++) ; chef vertical : le tubercule de l’adducteur, sur l’épicondyle médial du fémur |
| Innervation | Nerf obturateur | Nerf obturateur pour le chef oblique ; nerf sciatique pour le chef vertical |
| Action | Adduction de la hanche | Adduction de la hanche |

Le grand adducteur est le muscle le plus étendu du groupe : c’est une véritable cloison musculaire qui ferme la cuisse en dedans et en arrière. Sa forme explique ses deux chefs et sa double innervation.
Le court adducteur, plus modeste, est un repère important : c’est lui qui sépare les deux branches, antérieure et postérieure, du nerf obturateur.
Les deux terminaisons du muscle grand adducteur — le chef oblique sur la ligne âpre, le chef vertical sur le tubercule de l’adducteur — délimitent un orifice appelé hiatus du grand adducteur. C’est par lui que les vaisseaux fémoraux descendent vers le genou : en le franchissant, l’artère fémorale devient l’artère poplitée. Retiens le hiatus comme une frontière, à la fois anatomique et de nomenclature.
La double innervation du grand adducteur n’est pas un caprice : son chef oblique est un vrai adducteur, dérivé du même contingent que les autres muscles médiaux, d’où le nerf obturateur ; son chef vertical, dit ischio-condylaire, se comporte comme un ischio-jambier — il naît près de l’ischion, descend vers le genou et participe à l’extension de la hanche —, d’où le nerf sciatique, plus précisément sa division tibiale. Les descriptions de référence ajoutent aussi la tubérosité ischiatique à ses origines. Complément hors fiche Sorbonne.
🧠 À retenir absolument
- Trois groupes à la cuisse, autour du fémur : médial (adducteurs), antérieur (sartorius + quadriceps), postérieur (ischio-jambiers). Artère satellite commune : l’artère profonde de la cuisse.
- Nerfs satellites : obturateur pour le groupe médial, fémoral pour le groupe antérieur, sciatique pour le groupe postérieur.
- Au membre inférieur, antérieurs = extenseurs et postérieurs = fléchisseurs — l’inverse du membre supérieur.
- Cinq adducteurs : plan superficiel = pectiné, long adducteur, gracile ; plan profond = court adducteur, grand adducteur. Mnémo : « Philippe Le Chimiste est un Grand Guerrier ».
- Tous tendus du pubis à la ligne âpre, sauf le gracile (tibia). Tous adducteurs de la hanche.
- Pectiné : branche supérieure du pubis → ligne pectinée (partie supérieure) ; trajet court et horizontal ; nerf fémoral (nerf musculaire médial).
- Long adducteur : face latérale du pubis → lèvre médiale de la ligne âpre (partie moyenne) ; oblique en bas et en dehors ; nerf obturateur.
- Gracile : face latérale du pubis → face médiale de l’épiphyse proximale du tibia (patte d’oie) ; il forme le galbe médial de la cuisse ; nerf obturateur ; seul adducteur bi-articulaire.
- Court adducteur : branche inférieure du pubis → lèvre médiale de la ligne âpre (partie supérieure) ; nerf obturateur.
- Grand adducteur : branche inférieure du pubis + branche de l’ischion → chef oblique sur la ligne âpre (+++) et chef vertical sur le tubercule de l’adducteur ; nerf obturateur (chef oblique) et nerf sciatique (chef vertical).
- Le hiatus du grand adducteur, entre ses deux terminaisons, laisse passer les vaisseaux fémoraux vers le genou.
❓ Questions fréquentes
Quels sont les trois groupes musculaires de la cuisse et leurs nerfs ?
Le groupe médial, celui des adducteurs, dépend du nerf obturateur ; le groupe antérieur, sartorius et quadriceps, dépend du nerf fémoral ; le groupe postérieur, les ischio-jambiers, dépend du nerf sciatique. Les trois groupes partagent la même artère satellite : l’artère profonde de la cuisse.
Comment retenir les cinq muscles adducteurs ?
Avec la phrase « Philippe Le Chimiste est un Grand Guerrier » : Pectiné, Long adducteur, Court adducteur, Grand adducteur, Gracile. Il faut ensuite savoir répartir : pectiné, long adducteur et gracile au plan superficiel ; court adducteur et grand adducteur au plan profond.
Pourquoi le gracile est-il l’exception du groupe médial ?
Parce qu’il ne se termine pas sur le fémur mais sur la face médiale de l’épiphyse proximale du tibia, dans la région de la patte d’oie. Il franchit donc deux articulations, la hanche et le genou : c’est le seul adducteur bi-articulaire, et c’est lui qui dessine le galbe médial de la cuisse.
Quels adducteurs échappent au nerf obturateur ?
Deux. Le muscle pectiné est innervé par le nerf fémoral, par son nerf musculaire médial. Et le chef vertical du muscle grand adducteur est innervé par le nerf sciatique, tandis que son chef oblique reste sous la dépendance du nerf obturateur.
Qu’est-ce que le hiatus du grand adducteur et à quoi sert-il ?
C’est l’orifice délimité par les deux terminaisons du muscle grand adducteur, celle du chef oblique sur la ligne âpre et celle du chef vertical sur le tubercule de l’adducteur. Il livre passage aux vaisseaux fémoraux qui descendent vers le genou : c’est là que l’artère fémorale prend le nom d’artère poplitée.
🚀 Pour aller plus loin
Le groupe médial posé, il reste à faire le tour du fémur — et à revoir les reliefs osseux sur lesquels tout cela s’insère.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.