Avertissement — à lire avant de commencer. Cette leçon n’est pas un corrigé du sujet ECE. Diffuser un corrigé officiel des ECE est interdit, et ce n’est de toute façon pas le but pédagogique. L’idée ici est de te donner des pistes de réflexion et une méthode pour aborder ce type de sujet : comment lire l’énoncé, identifier la question, construire une stratégie et anticiper les résultats. À toi ensuite de faire le travail intellectuel le jour de l’épreuve — c’est lui qui te vaudra des points.
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- Reconnaître le type d’un sujet ECE (classique ou poursuite de stratégie)
- Identifier la question scientifique d’un sujet portant sur une stratégie de défense végétale ciblée
- Comprendre à quoi sert chacune des ressources fournies (feuille de menthe, pansement liquide, microscope, schéma de trichome pelté, information sur les stomates)
- Mobiliser les notions de trichome glandulaire pelté, de menthol (terpène), de stomate et de défense antifongique
- Construire une stratégie de poursuite en trois temps pour démontrer l’efficacité antifongique du menthol par antibiogramme
- Anticiper la nature de la ressource complémentaire apportée pour valider la fonction antifongique du menthol
- Communiquer le comptage de trichomes par photographie titrée et légendée ou par tableau de comptage sur tableur, et interpréter avec la trame « J’observe / Or je sais / J’en déduis »
- Rédiger une conclusion qui répond exactement à la question posée
1. Quel type de sujet ECE est-ce ?
Avant de plonger dans le contenu, il faut d’abord reconnaître le type du sujet, car la stratégie attendue n’est pas la même.
Deux grands types de sujets ECE :
- Sujet « classique » (à l’ancienne). La partie A commence par « Élaborer une stratégie de résolution afin de déterminer… ». On te demande de proposer la stratégie avant toute manipulation. Ensuite tu mets en œuvre.
- Sujet « poursuite de stratégie ». Tu commences par une manipulation déjà cadrée, suivie d’une analyse de résultats. C’est seulement ensuite qu’on te demande de proposer une stratégie pour poursuivre la résolution du problème (avec une autre expérience, un autre angle).
Ici, dans le sujet 26_SVT_38, la partie A te demande directement de réaliser des empreintes d’épiderme des deux faces (supérieure et inférieure) d’une feuille de menthe poivrée, à l’aide d’un pansement liquide, et de comparer la densité de trichomes peltés au microscope. La manipulation est déjà entièrement cadrée. Ce n’est qu’en partie B qu’on te demandera de proposer une stratégie pour démontrer l’efficacité antifongique du menthol sécrété par ces trichomes. C’est donc un sujet « poursuite de stratégie ».
2. Le contexte et la question scientifique
L’épreuve te plonge dans la défense chimique des plantes contre leurs ennemis. La menthe poivrée (Mentha × piperita, hybride entre menthe verte et menthe aquatique) est une labiée bien connue pour son arôme caractéristique dû au menthol, terpène volatil produit dans des structures épidermiques spécialisées : les trichomes glandulaires peltés. Mais le menthol n’est pas seulement un parfum agréable pour l’humain : c’est aussi un puissant composé antifongique qui protège la plante contre l’invasion par les champignons pathogènes.
Or les champignons pathogènes utilisent une porte d’entrée privilégiée pour coloniser les feuilles : les stomates, ces orifices microscopiques de l’épiderme qui assurent normalement les échanges gazeux (CO₂, O₂, vapeur d’eau) avec l’atmosphère. Chez la menthe (comme chez beaucoup de dicotylédones), ces stomates ne sont pas répartis uniformément sur la feuille : ils sont concentrés sur la face inférieure. Si la défense par les trichomes peltés est efficace stratégiquement, on s’attend à ce qu’ils soient localisés là où se trouvent les portes d’entrée des pathogènes, c’est-à-dire principalement sur la face inférieure de la feuille. Cette colocalisation traduirait une défense ciblée, économiquement intelligente, qui concentre les ressources protectrices là où elles sont utiles.
La question scientifique du sujet : « La répartition des trichomes glandulaires peltés sur les deux faces de la feuille de menthe coïncide-t-elle avec celle des stomates (concentrés sur la face inférieure), ce qui suggérerait une défense chimique ciblée contre les pathogènes fongiques pénétrant par les stomates ? » C’est la phrase à garder en tête du début à la fin. Tes empreintes, ton comptage et ta stratégie de poursuite doivent répondre à cette question précise, pas à une autre.
3. À quoi servent les ressources fournies ?
Les ressources d’un sujet ECE ne sont jamais là pour décorer. Chacune a une fonction précise dans la résolution. Avant de te lancer, prends 2 minutes pour identifier ce que chaque ressource t’apporte.
Ressource 1 — Feuilles fraîches de menthe poivrée, pansement liquide (ou vernis transparent), microscope optique, lames, lamelles, pince fine. Elle te permet de réaliser des empreintes de surface des deux faces de la feuille. Le pansement liquide, appliqué en couche fine sur l’épiderme, sèche en quelques minutes et forme un film transparent qui prend l’empreinte des reliefs épidermiques (trichomes, stomates, cellules). Cette technique simple et élégante permet de visualiser la topographie de surface sans détruire le tissu, et notamment de compter les trichomes peltés.
Ressource 2 — Schéma détaillé d’un trichome glandulaire pelté. Elle te fournit la structure de référence pour identifier sans ambiguïté ces structures au microscope : une cellule basale ancrée dans l’épiderme, un pédicelle très court (presque absent, d’où le nom « pelté » = en forme de bouclier rond), surmonté d’une tête en disque composée de 8 cellules sécrétrices disposées en cercle, le tout coiffé par une cuticule qui forme une cavité sécrétoire dans laquelle s’accumulent les terpènes (menthol). Sous stress mécanique ou pathogène, la cuticule se rompt et libère le contenu — défense déclenchée par le contact même de l’agresseur.
Ressource 3 — Information sur la répartition des stomates : majoritairement sur la face inférieure des feuilles chez la menthe (typique des dicotylédones mésophytes). Elle te fournit la donnée de référence sur la distribution des « portes d’entrée » pour les champignons. C’est avec cette répartition stomatique connue que tu pourras comparer la répartition trichomique observée et conclure (ou non) à une colocalisation stratégique.
4. Le raisonnement scientifique du sujet
On peut maintenant relier les ressources entre elles pour bâtir le raisonnement. Suis bien la logique :
- Les champignons pathogènes foliaires pénètrent dans la plante essentiellement par les stomates (ouvertures naturelles de l’épiderme), plus rarement par effraction directe de la cuticule. Si la défense de la plante est ciblée et efficace, elle devrait être concentrée là où sont les stomates.
- Chez la menthe, les stomates sont majoritairement sur la face inférieure (typique des dicotylédones mésophytes). Si les trichomes glandulaires peltés (porteurs du menthol antifongique) sont eux aussi concentrés sur la face inférieure, c’est une colocalisation stratégique qui démontre une défense ciblée.
- Pour tester cette hypothèse, il faut comparer quantitativement la densité de trichomes peltés sur les deux faces. La technique de l’empreinte au pansement liquide est idéale : elle reproduit fidèlement le relief épidermique sans destruction, permettant un comptage rigoureux.
- Si on observe nettement plus de trichomes sur la face inférieure, l’hypothèse de défense ciblée est validée. La densité supérieure (relativement aux stomates) maximise la libération de menthol précisément aux endroits où les champignons tentent de pénétrer.
- Pour la partie B, il restera à démontrer directement l’efficacité antifongique du menthol par une expérience d’antibiogramme. La colocalisation seule ne suffit pas à prouver la fonction défensive : il faut aussi montrer que le menthol est actif contre les champignons.
Conclusion logique : pour répondre à la question, il « suffit » de compter les trichomes peltés sur les deux faces de la feuille via les empreintes, et de proposer en partie B un antibiogramme pour démontrer l’effet antifongique du menthol. Les deux résultats convergents (colocalisation + activité) confirmeraient la stratégie défensive ciblée.
5. Rappels théoriques : trichomes peltés, menthol et défense des plantes
Les trichomes glandulaires peltés sont une catégorie particulière de trichomes (poils épidermiques) caractéristique des Lamiacées (famille de la menthe, du basilic, de la lavande, du thym, du romarin, de l’origan). À la différence des trichomes capités (en « tête sur pied »), les trichomes peltés ont un pédicelle court ou absent et une tête en disque rond formée de 8 cellules sécrétrices disposées en cercle, coiffée par une cuticule qui se soulève pour former une cavité de stockage des composés volatils. Cette cavité s’accumule progressivement avec les terpènes synthétisés par les cellules sécrétrices, jusqu’à concentrer plusieurs nL d’huile essentielle par trichome. La libération se fait par rupture mécanique de la cuticule lors d’un contact (insecte, champignon, frottement) — une « gâchette mécanique » qui ne libère le contenu qu’au moment opportun.
Le menthol est un monoterpène alcoolique (C₁₀H₂₀O) issu de la voie biosynthétique du pyrophosphate de géranyle, en plusieurs étapes enzymatiques aboutissant au menthol via la pulegone et la menthone. C’est le composé majeur de l’huile essentielle de menthe poivrée (≈ 40-50 % de l’HE totale). Au-delà de son arôme rafraîchissant exploité en cuisine et en parfumerie, le menthol possède de multiples propriétés biologiques : antifongique (perturbe les membranes fongiques riches en ergostérol), antibactérien modéré, insectifuge (repousse de nombreux insectes herbivores), sensation de fraîcheur chez l’humain (active le récepteur TRPM8 sensible au froid). Ces propriétés multiples expliquent son rôle dans la défense de la plante : un seul composé protège contre plusieurs catégories d’ennemis.
La défense des plantes repose sur l’association de barrières physiques (cuticule cireuse, paroi cellulaire renforcée, lignification, trichomes mécaniques) et de barrières chimiques (métabolites secondaires : terpènes comme le menthol, alcaloïdes comme la nicotine ou la caféine, tannins, glucosinolates, phytoalexines induites). Les défenses peuvent être constitutives (toujours présentes) ou induites (synthétisées en réponse à une agression). Les trichomes peltés représentent une défense constitutive et localisée : ils sont en place avant toute attaque, prêts à libérer leur contenu défensif au premier contact. Cette stratégie est particulièrement efficace car elle assure une protection permanente sans coût énergétique au moment de l’agression (le menthol est déjà synthétisé et stocké).
Attention au vocabulaire : les trichomes peltés (en bouclier rond, courts, à 8 cellules) sont à distinguer des trichomes capités (en « tête sur pied », plus longs, à une ou plusieurs cellules sécrétrices au sommet d’un pédicelle long) et des trichomes non glandulaires (simples poils sans cavité sécrétoire, à fonction mécanique). Les trois coexistent souvent sur la même feuille. Pour la question posée, c’est spécifiquement les peltés qui contiennent et libèrent le menthol.
6. Construire ta stratégie de poursuite en trois temps
Comme il s’agit d’un sujet « poursuite de stratégie », ce n’est pas en partie A que tu proposes une stratégie (la manipulation y est imposée). C’est en partie B qu’on attend ta proposition, pour démontrer l’efficacité antifongique du menthol. Et cette proposition doit, comme toujours, être structurée en trois temps. C’est la méthode officielle attendue par les jurys :
Une stratégie ECE se formule toujours selon trois axes :
- LE QUOI — qu’est-ce que je cherche à mettre en évidence ?
- LE COMMENT — comment je m’y prends concrètement (matériel, manipulation, mesures) ?
- LES RÉSULTATS ANTICIPÉS — qu’est-ce que j’attends comme résultat et comment je conclurai dans chaque cas ?
Appliquons cette grille au sujet menthe :
Le QUOI
Je cherche à démontrer expérimentalement que le menthol sécrété par les trichomes peltés de la menthe poivrée a bien une activité antifongique contre des champignons pathogènes courants (par exemple Botrytis cinerea, pourriture grise, ou Fusarium, fusariose). Couplée à la démonstration de la colocalisation trichomes-stomates (partie A), cette démonstration prouverait que la défense chimique ciblée de la menthe est à la fois bien positionnée et biologiquement efficace.
Le COMMENT
Je vais réaliser un antibiogramme antifongique sur boîte de Pétri. (a) Préparation des boîtes : ensemencer une boîte de Pétri en milieu PDA (Potato Dextrose Agar) avec un champignon test (par exemple Botrytis cinerea) en couche homogène. (b) Dépôt des disques : déposer sur la gélose plusieurs disques de papier filtre imbibés de différentes solutions : un disque imbibé d’extrait de menthol (huile essentielle de menthe ou solution de menthol pur en éthanol), un disque imbibé d’éthanol seul (témoin négatif pour le solvant), un disque imbibé d’eau distillée (témoin négatif absolu), et idéalement un disque imbibé d’un antifongique de référence (témoin positif). (c) Incubation à 25 °C pendant 3 à 5 jours pour permettre la croissance du champignon. (d) Lecture des résultats : mesurer le diamètre des halos d’inhibition autour de chaque disque (zones où le champignon n’a pas pu pousser). Un halo important autour du disque menthol = effet antifongique confirmé. Refaire l’expérience en triplicat pour la robustesse statistique.
Les RÉSULTATS ANTICIPÉS
Deux scénarios sont possibles, et chacun m’oriente vers une conclusion différente :
- Scénario 1 — Effet antifongique du menthol confirmé. Le disque imbibé de menthol présente un halo d’inhibition important (par exemple 2-3 cm de diamètre), tandis que les disques témoins (éthanol seul, eau) ne montrent aucune inhibition de croissance. Le témoin positif (antifongique commercial) montre un halo similaire ou supérieur. L’effet antifongique du menthol est démontré. Couplée à la colocalisation trichomes-stomates (partie A), cette propriété explique l’efficacité de la stratégie défensive de la menthe : un composé actif placé au bon endroit, libéré au bon moment (rupture de la cuticule par contact avec le pathogène).
- Scénario 2 — Pas d’effet antifongique. Si le disque menthol ne montre aucun halo, soit la concentration testée est insuffisante, soit le champignon utilisé est résistant, soit le menthol n’est pas l’agent actif principal (et il faudrait chercher d’autres composés de l’HE de menthe). Il faudrait alors tester d’autres concentrations ou d’autres pathogènes.
7. La mise en œuvre pratique
Cette partie correspond à la manipulation cadrée de la partie A : tu dois réaliser deux empreintes au pansement liquide (une par face), les observer au microscope et compter les trichomes peltés.
Étape 1 — Réalisation des empreintes au pansement liquide.
- Place la feuille de menthe à plat sur un support propre.
- Avec le tube de pansement liquide (ou vernis transparent), applique une couche fine et uniforme sur la face supérieure de la feuille (zone de 1-2 cm²). Évite les coulures et les épaisseurs excessives.
- Laisse sécher complètement (3 à 5 minutes selon le produit, jusqu’à ce que le film soit transparent et stable).
- Décolle délicatement le film avec une pince fine en partant d’un coin (le film se détache en emportant l’empreinte de surface).
- Pose le film sur une lame propre, recouvre d’une lamelle. Étiquette « face supérieure ».
- Répète la même procédure sur la face inférieure d’une autre feuille (ou de la même selon les directives). Étiquette « face inférieure ».
Étape 2 — Observation et identification des structures.
- Observe au microscope au grossissement ×40 pour repérer la qualité de l’empreinte, puis passe au ×100 pour identifier les structures épidermiques.
- Identifie les trichomes peltés : structures rondes en bouclier, d’environ 50-80 µm de diamètre, formées de 8 cellules disposées en disque, coiffées d’une cuticule sombre soulevée (cavité sécrétoire).
- Distingue-les des trichomes capités (en tête sur pied long, moins fréquents) et des trichomes non glandulaires (simples poils allongés) et des stomates (orifices entourés de deux cellules de garde réniformes).
Étape 3 — Comptage et comparaison des densités.
- Pour chaque empreinte, compte le nombre de trichomes peltés visibles dans au moins 5 champs microscopiques non superposés, à grossissement constant (×100 par exemple).
- Calcule la moyenne du nombre de trichomes par champ pour chaque face.
- Compare les deux moyennes. Une différence importante (par exemple ×3 ou ×5) entre face inférieure (forte densité) et face supérieure (faible densité) signe la stratégie de défense ciblée.
- Optionnel : compte également les stomates en parallèle pour vérifier directement leur répartition (à comparer à l’information de référence).
Sécurité. Le pansement liquide contient souvent des solvants volatils inflammables : utiliser dans un local aéré, loin de toute flamme. Microscope sous responsabilité de l’élève.
8. Que pourrait être la ressource complémentaire (partie B) ?
Dans tous les sujets ECE, la partie B prévoit l’appel de l’examinateur pour obtenir une ressource complémentaire. Cette ressource n’est pas un cadeau : elle est calibrée pour compléter ton analyse ou débloquer une étape de raisonnement. Anticiper sa nature est un excellent réflexe d’élève.
Sur ce sujet précis, la ressource complémentaire pourrait être :
- Un protocole et résultats d’un antibiogramme antifongique avec photographie de la boîte de Pétri ensemencée d’un champignon pathogène (Botrytis cinerea) et présentant des disques imbibés de menthol vs disques témoins, montrant un halo d’inhibition net autour du disque menthol et absent autour des témoins.
- Un graphique dose-réponse de l’inhibition de la croissance fongique (diamètre du halo en mm) en fonction de la concentration en menthol (en mg/mL), illustrant la relation quantitative entre la dose et l’efficacité, avec détermination d’une concentration minimale inhibitrice (CMI).
- Un tableau comparatif d’autres terpènes testés sur le même champignon (menthol, linalol, thymol, eugénol, géraniol), permettant de positionner le menthol parmi les défenseurs efficaces et de comprendre la diversité chimique des défenses.
- Un schéma du mécanisme d’action du menthol sur les membranes fongiques (insertion dans la membrane plasmique riche en ergostérol, perturbation de la fluidité, fuite cytoplasmique), expliquant la base moléculaire de l’effet antifongique.
Quelle qu’elle soit, cette ressource doit toujours être mobilisée explicitement dans ta conclusion : ne la regarde pas seulement, cite-la et explique en quoi elle conforte (ou nuance) ton interprétation des résultats expérimentaux.
9. Communiquer les résultats et interpréter
Pour la partie B, présente tes résultats sous une forme claire — deux options classiques sont attendues selon la nature de ton observation.
Option 1 — Photographie titrée et légendée. Capture deux champs microscopiques caractéristiques : un champ de l’empreinte de la face supérieure (peu de trichomes peltés) et un champ de l’empreinte de la face inférieure (nombreux trichomes peltés). Présente chaque image avec un titre informatif (« Empreinte de l’épiderme supérieur de feuille de menthe, microscope optique, ×100 » et « Empreinte de l’épiderme inférieur, mêmes conditions »), précise l’échelle et légende les structures identifiées (trichomes peltés, stomates si visibles).
Option 2 — Production sur tableur. Construis un tableau de comptage : en lignes, les 5 champs microscopiques observés ; en colonnes, face supérieure et face inférieure, nombre de trichomes peltés comptés dans chaque champ. Calcule la moyenne, l’écart-type et le rapport face inférieure / face supérieure en bas du tableau. Construis un diagramme en barres avec barres d’erreur des deux moyennes pour visualiser immédiatement le différentiel. Optionnel : ajouter le comptage des stomates pour confirmer leur localisation inférieure et démontrer la colocalisation.
Interpréter les résultats
Adopte la structure d’analyse en trois temps, attendue à l’épreuve. Elle force la rigueur du raisonnement et te fait gagner des points :
Exemple appliqué au sujet (si nettement plus de trichomes en face inférieure) :
- J’observe… que l’empreinte de la face supérieure de la feuille de menthe contient en moyenne 3 trichomes peltés par champ au ×100 (sur 5 champs), tandis que l’empreinte de la face inférieure en contient en moyenne 22 par champ, soit environ 7 fois plus. Les stomates, comptés en parallèle, sont également beaucoup plus nombreux sur la face inférieure (typique des dicotylédones mésophytes).
- Or je sais que… les stomates sont les portes d’entrée préférentielles des champignons pathogènes foliaires (ressource 3), et que les trichomes peltés stockent le menthol antifongique dans leur cavité sécrétoire libérable par contact (ressource 2). Une défense ciblée serait donc concentrée là où sont les portes d’entrée à protéger.
- J’en déduis que… la répartition des trichomes peltés coïncide bien avec celle des stomates, tous deux concentrés sur la face inférieure. Cette colocalisation traduit une stratégie défensive ciblée : les trichomes sont positionnés stratégiquement pour libérer le menthol antifongique précisément là où les champignons tentent de pénétrer, maximisant l’efficacité protectrice et minimisant le coût énergétique (pas de gaspillage de défense où il n’y a pas de menace). La démonstration directe de l’efficacité antifongique du menthol par antibiogramme (partie B) complétera la validation de cette stratégie.
10. La conclusion : revenir à la question initiale
Ta conclusion doit faire 3 choses : (1) rappeler le différentiel de densité observé entre les deux faces, (2) interpréter ce différentiel comme une colocalisation stratégique avec les stomates, (3) répondre explicitement à la question posée par le sujet (défense chimique ciblée). Pense aussi à intégrer la ressource complémentaire obtenue auprès de l’examinateur.
Exemple de formulation type (si colocalisation et activité antifongique confirmées) :
« Le comptage des trichomes peltés sur les empreintes au pansement liquide a révélé une densité environ 7 fois supérieure sur la face inférieure (≈ 22 trichomes/champ) par rapport à la face supérieure (≈ 3 trichomes/champ). Cette répartition coïncide remarquablement avec la localisation préférentielle des stomates (eux aussi concentrés en face inférieure). La ressource complémentaire (antibiogramme / dose-réponse / comparaison de terpènes / mécanisme membranaire) confirme par ailleurs que le menthol présent dans les trichomes peltés est un antifongique puissant, capable d’inhiber la croissance de pathogènes comme Botrytis cinerea. La menthe poivrée combine donc deux propriétés défensives complémentaires : une localisation stratégique de ses trichomes peltés au niveau des stomates (portes d’entrée des champignons), et une activité antifongique avérée du menthol qu’ils libèrent à la rupture de leur cuticule. C’est l’illustration d’une défense chimique ciblée, économique et efficace, qui explique aussi pourquoi les huiles essentielles de menthe sont utilisées comme antifongiques naturels en agriculture biologique (traitement de la vigne, des vergers, lutte post-récolte). »
11. Les pièges fréquents à éviter
Piège n°1 — Ne pas identifier le type de sujet. Ici c’est un sujet « poursuite de stratégie » : la stratégie en 3 temps porte sur la partie B (antibiogramme menthol-champignon), pas sur les empreintes imposées en A. Si tu inverses, tu vas formuler ta proposition au mauvais moment et perdre des points.
Piège n°2 — Compter une seule zone. Une seule mesure n’est pas statistiquement représentative. Toujours compter sur au moins 5 champs microscopiques différents pour chaque face, et calculer une moyenne avec écart-type. Sinon, les variations locales (zone bord/centre, jeune feuille/vieille feuille) peuvent biaiser l’interprétation.
Piège n°3 — Confondre trichomes peltés et trichomes non glandulaires. Les peltés sont des disques ronds de 50-80 µm contenant la cavité sécrétoire ; les non glandulaires sont de simples poils allongés sans tête sécrétoire. Confondre les deux fausse complètement le comptage. Le schéma fourni en ressource 2 est ton garde-fou.
Piège n°4 — Conclure sur l’efficacité du menthol sans expérience dédiée. La colocalisation trichomes-stomates est un argument indirect en faveur d’une défense ciblée, mais elle ne démontre pas que le menthol est effectivement antifongique. C’est précisément le rôle de la partie B (antibiogramme) d’apporter la preuve directe de l’activité. Ne grille pas cette étape dans ta conclusion.
Piège n°5 — Coucher trop épais le pansement liquide. Une couche trop épaisse rend le film opaque et difficile à observer au microscope. Étale une couche fine et uniforme, comme un vernis. Si tu rates, recommence sur une autre zone — c’est rapide.
Piège n°6 — Ne pas exploiter la ressource complémentaire. Si tu l’as demandée et reçue, elle doit apparaître dans ta conclusion. Sinon, c’est comme si tu ne l’avais pas utilisée.
12. Indice / cause / exemple — défense chimique ciblée par trichomes
- Indice : densité de trichomes glandulaires peltés nettement supérieure sur la face inférieure de la feuille (où sont concentrés les stomates) par rapport à la face supérieure, observée sur empreintes au pansement liquide
- Cause : stratégie de défense chimique ciblée — les trichomes peltés contiennent du menthol antifongique stocké dans une cavité sécrétoire ; leur localisation au niveau des stomates (portes d’entrée des champignons pathogènes foliaires) garantit que la libération du menthol par rupture cuticulaire (au contact du pathogène) se fait précisément à l’endroit où l’agression a lieu, maximisant l’efficacité protectrice tout en minimisant le coût métabolique de production des terpènes
- Exemple : les huiles essentielles de menthe poivrée sont utilisées comme antifongiques naturels en agriculture biologique pour traiter la vigne (contre Botrytis), les vergers (contre Monilia), et en post-récolte pour conserver des fruits sensibles ; d’autres Lamiacées exploitent des stratégies similaires avec des terpènes différents : thymol dans le thym (antibactérien et antifongique), carvacrol dans l’origan, linalol dans le basilic, illustrant la diversité chimique des défenses par trichomes glandulaires dans cette famille botanique
Ce qu’il faut retenir
- Type de sujet : poursuite de stratégie (empreintes + comptage imposés en A, antibiogramme menthol à proposer en B)
- Question du sujet : la répartition des trichomes peltés coïncide-t-elle avec celle des stomates, suggérant une défense ciblée ?
- Outils A : pansement liquide (empreintes des deux faces) + microscope + comptage sur 5 champs par face + comparaison des densités
- Hypothèse clé : colocalisation trichomes peltés – stomates en face inférieure = stratégie défensive ciblée
- Stratégie B en 3 temps : LE QUOI (démontrer activité antifongique menthol) / LE COMMENT (antibiogramme sur boîte Pétri avec champignon + disques imbibés ± menthol + témoins) / LES RÉSULTATS ANTICIPÉS (halo d’inhibition autour du disque menthol = activité confirmée)
- Communiquer les résultats : photographies titrées et légendées des deux empreintes OU tableau de comptage par champ + diagramme en barres
- Interpréter : J’observe… / Or je sais… / J’en déduis…
- Lien au cours : 2A.1 (épiderme : stomates, trichomes) + 2A.2 (métabolites secondaires défensifs : terpènes comme le menthol)
- Piège majeur à éviter : confondre trichomes peltés (disques sécréteurs) et trichomes non glandulaires (simples poils) ; conclure sur l’efficacité antifongique sans l’antibiogramme de la partie B
- Conclusion finale : toujours articuler colocalisation (localisation stratégique) et activité (efficacité antifongique du menthol) pour démontrer la défense chimique ciblée complète
Fichiers de l’exercice
🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.
ℹ️ Pour assurer un suivi personnalisé, les quiz ne sont accessibles qu'en étant connecté :
- en cliquant sur suivant vous serez donc redirigé vers une page de connexion,
- pour poursuivre sans vous connecter, merci de cliquer directement sur la leçon dans le menu.