Contenu du cours
Les sujets de génétique 01 à 12
18 sujets sur drosophiles, polyploïdie, hybridation, génétique des populations, recombinaison, dérive, sélection. Maîtrise du test du χ², analyse des arbres phylogénétiques, lecture des résultats de croisements. Sujet 02 (fenugrec) sert de référence qualité à toute la banque.
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Les sujets sur les plantes 24 à 41
18 sujets sur l'organisation, la nutrition, la reproduction et la domestication des plantes à fleurs : tomates, riz, photosynthèse, symbioses, pommes de terre, pollinisation, trichomes, maïs/téosinte, carotte. Protocoles variés : ExAO, coupes au microscope, chromatographie pigmentaire, dissections florales.
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Les sujet sur le climat 42 à 53
12 sujets sur la reconstitution des climats passés et la compréhension du climat actuel : foraminifères, pollens, grotte Cosquer, glaciation Oligocène, dégazage des océans, lac Kivu, albédo permo-carbonifère. Indices paléoclimatiques variés et modèles physico-chimiques exigeants.
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Les sujets corps humain et santé 54 à 70
17 sujets sur le système nerveux, la régulation de la glycémie et le stress : hémiplégies, prion, SEP/EBV, EPO, diabète, Coxsackie, eustress/distress chez le cheval, Cushing, benzodiazépines. Accent fort sur les techniques d'immunoanalyse (ELISA, Ouchterlony, Mancini).
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Décrypter les ECE 2026 : la méthode Réussir SVT
Durée estimée : 30 min Niveau : Terminale spé SVT Type : ECE — Sujet 26_SVT_14 (poursuite de stratégie) Thème : 1B — Le passé géologique de notre planète Cours référencés : 1B.1 Topic 1 (datation relative — principes de superposition, recoupement), 1B.1 Topic 3 (datation absolue, méthode Rb/Sr), 1B.1 Topic 4 (complémentarité des méthodes), 1B.2 Topic 1 (continents et orogenèses, cycle hercynien)

Avertissement — à lire avant de commencer. Cette leçon n’est pas un corrigé du sujet ECE. Diffuser un corrigé officiel des ECE est interdit, et ce n’est de toute façon pas le but pédagogique. L’idée ici est de te donner des pistes de réflexion et une méthode pour aborder ce type de sujet : comment lire l’énoncé, identifier la question, construire une stratégie et anticiper les résultats. À toi ensuite de faire le travail intellectuel le jour de l’épreuve — c’est lui qui te vaudra des points.

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Reconnaître le type d’un sujet ECE (classique ou poursuite de stratégie)
  • Articuler datation relative (principes de superposition et de recoupement) et datation absolue (méthode Rb/Sr) pour reconstituer une chronologie
  • Identifier la question scientifique du sujet (chronologie + contexte tectonique du Sidobre)
  • Mobiliser la notion d’orogenèse hercynienne et ses deux phases (compression précoce, extension tardive)
  • Distinguer un granite alumineux (compression, fusion de métapélites) d’un granite calco-potassique (extension)
  • Construire une poursuite de stratégie en trois temps : le quoi, le comment, les résultats anticipés
  • Anticiper la nature de la ressource complémentaire sur la chimie d’un granite
  • Communiquer tes résultats par photographie/schéma annoté ou graphique sur tableur, et interpréter avec « J’observe / Or je sais / J’en déduis »

1. Quel type de sujet ECE est-ce ?

Avant de plonger dans le contenu, il faut d’abord reconnaître le type du sujet, car la stratégie attendue n’est pas la même.

Deux grands types de sujets ECE :

  • Sujet « classique » (à l’ancienne). La partie A commence par « Élaborer une stratégie de résolution afin de déterminer… ». On te demande de proposer la stratégie avant toute manipulation. Ensuite tu mets en œuvre.
  • Sujet « poursuite de stratégie ». Tu commences par une manipulation déjà cadrée, suivie d’une analyse de résultats. C’est seulement ensuite qu’on te demande de proposer une stratégie pour poursuivre la résolution du problème (avec une autre expérience, un autre angle).

Ici, dans le sujet 26_SVT_14, la stratégie t’est imposée en partie A : « reconstituer la chronologie relative » avec le logiciel Chronocoupe, puis « dater de façon absolue » le granite du Sidobre par la méthode Rb/Sr. En partie B, on te demande de poursuivre la stratégie en discutant la possibilité de préciser le contexte tectonique de mise en place. C’est donc un sujet de poursuite de stratégie.

2. Le contexte et la question scientifique

L’épreuve te transporte dans le sud du Massif central français, à la frontière entre la Montagne Noire et la plaine du Sidobre, dans le département du Tarn. La région a été affectée par l’orogenèse hercynienne (≈ -410 à -290 Ma) qui a formé une chaîne de montagnes aujourd’hui érodée. Cette orogenèse combine deux grandes phases : une phase précoce de compression (épaississement de la croûte, formation de chevauchements) et une phase tardive d’extension (effondrement gravitaire de la chaîne). Chacune de ces phases peut produire des granites, mais issus de roches-sources et de mécanismes différents.

Au cœur de la Montagne Noire, un granite de la zone axiale est connu pour s’être mis en place en phase de compression. Au nord, le granite du Sidobre forme un massif spectaculaire de blocs arrondis (« chaos du Sidobre »). La question pour les chercheurs est de savoir s’il s’est mis en place dans le même contexte tectonique que le granite axial — autrement dit, en compression — ou s’il témoigne au contraire d’une phase tardive d’extension.

La question scientifique du sujet : « Le granite du Sidobre s’est-il mis en place dans le même contexte tectonique (compression hercynienne) que le granite de la zone axiale de la Montagne Noire ? » C’est la phrase à garder en tête du début à la fin. Ta chronologie, ton calcul d’âge et la discussion sur la chimie doivent répondre à cette question précise, pas à une autre.

3. À quoi servent les ressources fournies ?

Les ressources d’un sujet ECE ne sont jamais là pour décorer. Chacune a une fonction précise dans la résolution. Avant de te lancer, prends 2 minutes pour identifier ce que chaque ressource t’apporte.

Ressource 1 — Logiciel Chronocoupe et carte géologique au millionième. Elle te fournit les relations géométriques entre les différentes formations géologiques de la région : terrains sédimentaires, chevauchements, plutons granitiques, formations post-orogéniques. Avec ces données, tu peux appliquer les principes de datation relative (superposition, recoupement, inclusion) pour ordonner les événements et situer le granite du Sidobre dans la séquence chronologique. C’est la base de la partie A.

Ressource 2 — Fichier de rapports isotopiques (87Rb/86Sr et 87Sr/86Sr) de plusieurs minéraux du Sidobre + tableur. Elle te donne les données numériques brutes nécessaires pour construire la droite isochrone Rb/Sr du granite et calculer son âge absolu par t = ln(a+1)/λ. La valeur obtenue te permettra de vérifier que le granite s’est bien mis en place pendant l’orogenèse hercynienne (entre -410 et -290 Ma) et de préciser à quel moment.

Ressource 3 — Fiche « Formation de granites et orogenèse ». Elle te donne la clé d’interprétation chimique : un granite riche en aluminium (Al2O3) dérive de la fusion de roches alumineuses (métapélites), typique d’un contexte de compression ; un granite riche en calcium (CaO) et potassium (K2O) provient de la fusion d’une roche-source différente, typique d’un contexte d’extension. Cette ressource est centrale pour la partie B : sans elle, impossible de discuter le contexte tectonique à partir des données chimiques.

4. Le raisonnement scientifique du sujet

On peut maintenant relier les ressources entre elles pour bâtir le raisonnement. Suis bien la logique :

  • Le sujet pose deux questions emboîtées : (1) quand le granite du Sidobre s’est-il mis en place ? et (2) dans quel contexte tectonique (compression ou extension) ?
  • Pour la première question, les principes de datation relative (superposition, recoupement) ordonnent les événements et la datation absolue Rb/Sr attribue un âge chiffré. Si l’âge tombe dans la fenêtre hercynienne, on conclut à une mise en place pendant l’orogenèse.
  • Mais la date seule ne suffit pas pour trancher sur le contexte tectonique, puisque l’hercynien comprend à la fois une phase de compression et une phase d’extension. Il faut une donnée supplémentaire — typiquement chimique — pour identifier le mécanisme de genèse.
  • La composition chimique du granite (alumineux ou calco-potassique) signe directement la nature de la roche-source fondue, donc le contexte tectonique de la fusion crustale.

Conclusion logique : pour répondre complètement à la question, il faut combiner trois approches : datation relative (Chronocoupe), datation absolue (Rb/Sr) et caractérisation chimique du granite. La partie A traite les deux premières ; la partie B (poursuite) prolonge avec la chimie.

5. Rappels théoriques : datation et orogenèse hercynienne

Les principes de datation relative (chapitre 1B.1) permettent de classer des événements géologiques sans connaître leur âge chiffré : principe de superposition (une couche est plus jeune que celle qu’elle recouvre), principe de recoupement (une intrusion magmatique est plus jeune que les roches qu’elle traverse), principe d’inclusion (un fragment inclus est plus ancien que la roche qui l’inclut). La datation absolue par radiochronologie complète cette approche en fournissant des âges en années (millions d’années Ma), via des couples isotopiques adaptés à la fenêtre temporelle (Rb/Sr pour le Paléozoïque, U/Pb pour les temps anciens, 14C pour les derniers 50 000 ans).

L’orogenèse hercynienne (-410 à -290 Ma, chapitre 1B.2) résulte de la collision entre les supercontinents Gondwana et Laurussia, formant la chaîne hercynienne dont la Pangée constitue le résultat final. Cette orogenèse présente deux grandes phases : une phase précoce de compression (épaississement crustal, fusion de métapélites alumineuses → granites peralumineux de type S, riches en aluminium et en biotite/muscovite), puis une phase tardive d’extension consécutive à l’effondrement gravitaire (fusion de roches-source plus profondes et plus calco-potassiques → granites calco-alcalins de type I, riches en CaO et K2O).

Attention : « contexte hercynien » et « contexte de compression » ne sont pas synonymes. Le cycle hercynien dure environ 120 Ma et passe par deux régimes tectoniques opposés. Un granite hercynien peut donc être issu aussi bien d’une phase de compression que d’une phase d’extension. La datation seule ne tranche pas — il faut un argument chimique supplémentaire.

6. Construire ta stratégie en trois temps

Comme il s’agit d’un sujet « poursuite de stratégie », ta proposition de stratégie n’intervient qu’en partie B : on te demande comment prolonger l’analyse pour préciser le contexte tectonique. Tu utilises cependant la même grille en trois temps que pour un sujet classique.

Une stratégie ECE se formule toujours selon trois axes :

  1. LE QUOI — qu’est-ce que je cherche à mettre en évidence ?
  2. LE COMMENT — comment je m’y prends concrètement (matériel, manipulation, mesures) ?
  3. LES RÉSULTATS ANTICIPÉS — qu’est-ce que j’attends comme résultat et comment je conclurai dans chaque cas ?

Appliquons cette grille à la poursuite de stratégie demandée :

Le QUOI

Je cherche à établir si le granite du Sidobre s’est mis en place pendant la phase de compression de l’orogenèse hercynienne (comme le granite axial de la Montagne Noire) ou pendant la phase tardive d’extension. Cette information complète l’âge absolu calculé en partie A et permet de répondre à la question scientifique du sujet.

Le COMMENT

Je vais compléter ma chronologie par une analyse chimique. (1) Récupérer un tableau de composition chimique du granite du Sidobre (teneurs en Al2O3, CaO, K2O, SiO2) — c’est typiquement ce que fournira la ressource complémentaire. (2) Calculer le rapport A/CNK (Al2O3 / (CaO + Na2O + K2O), en moles) qui classe les granites en peralumineux (A/CNK > 1,1) ou métalumineux (A/CNK < 1). (3) Comparer ces résultats à la signature chimique du granite axial de la Montagne Noire (référence en compression). (4) Conclure sur la similitude ou la différence de contexte tectonique.

Les RÉSULTATS ANTICIPÉS

Deux scénarios sont possibles, et chacun m’oriente vers une conclusion différente :

  • Scénario 1 — Granite peralumineux (A/CNK > 1,1, riche en Al2O3) : la chimie est identique à celle du granite axial. Le granite du Sidobre s’est mis en place pendant la phase de compression, par fusion de métapélites enfouies dans la racine crustale en cours d’épaississement. Même contexte tectonique que la zone axiale.
  • Scénario 2 — Granite métalumineux à calco-alcalin (riche en CaO et K2O) : la chimie diffère de celle du granite axial. Le granite du Sidobre s’est mis en place pendant la phase tardive d’extension, par fusion d’une roche-source différente, après effondrement gravitaire de la chaîne hercynienne. Contexte tectonique différent.

7. La mise en œuvre pratique

Pour la partie A, ta manipulation est imposée. Concentre-toi sur la précision et la rigueur des deux étapes.

Étape 1 — Chronologie relative sur Chronocoupe. Lance le logiciel, charge la carte géologique du Sidobre, identifie les principales formations (terrains sédimentaires, chevauchements, granites, formations post-orogéniques). Place-les dans l’ordre déduit des principes : les terrains les plus anciens à la base ; le pluton recoupe ce qu’il traverse ; les formations sédimentaires qui surmontent l’ensemble sont les plus jeunes. Construis ainsi la séquence chronologique relative.

Étape 2 — Datation absolue par isochrone Rb/Sr sur tableur. Saisis les rapports 87Rb/86Sr en abscisse et 87Sr/86Sr en ordonnée pour chaque minéral analysé. Trace le nuage de points, ajoute une droite de régression linéaire, relève son coefficient directeur a et calcule t = ln(a+1) / (1,42 × 10-11) an-1. Vérifie que l’âge obtenu (en Ma) tombe bien dans la fenêtre hercynienne [-410 ; -290] Ma.

Sécurité. Manipulation purement informatique et au tableur, sans risque chimique. Veille néanmoins à sauvegarder régulièrement ton fichier tableur et tes captures Chronocoupe pour ne rien perdre en cas de coupure.

8. Que pourrait être la ressource complémentaire (partie B) ?

Dans tous les sujets ECE, la partie B prévoit l’appel de l’examinateur pour obtenir une ressource complémentaire. Cette ressource n’est pas un cadeau : elle est calibrée pour compléter ton analyse ou débloquer une étape de raisonnement. Anticiper sa nature est un excellent réflexe d’élève.

Sur ce sujet précis, la ressource complémentaire pourrait être :

  • Un tableau de composition chimique du granite du Sidobre (teneurs en Al2O3, CaO, K2O, SiO2, Na2O), assorti des mêmes teneurs pour le granite axial de la Montagne Noire (référence en compression). C’est l’argument chimique direct.
  • Un diagramme A/CNK (classification de Shand) positionnant les deux granites — Sidobre et axial — l’un par rapport à l’autre, permettant une lecture visuelle immédiate du caractère peralumineux (compression) ou métalumineux (extension).
  • Une carte tectonique simplifiée du sud du Massif central montrant la répartition des plutons hercyniens en fonction de leur contexte (compression vs extension), permettant de placer le Sidobre dans le bon ensemble.
  • Une coupe géologique transversale de la Montagne Noire et du Sidobre, illustrant les relations entre les unités tectoniques et les plutons (chevauchements, détachements extensifs).

Quelle qu’elle soit, cette ressource doit toujours être mobilisée explicitement dans ta conclusion : ne la regarde pas seulement, cite-la et explique en quoi elle conforte (ou nuance) ton interprétation des résultats expérimentaux.

9. Communiquer les résultats et interpréter

Pour la partie B, présente tes résultats sous une forme claire — deux options classiques sont attendues selon la nature de tes données.

Option 1 — Photographie titrée et légendée de la chronologie Chronocoupe. Réalise une capture d’écran de la séquence chronologique relative construite dans Chronocoupe. Présente l’image avec un titre informatif (« Chronologie relative des formations géologiques du Sidobre — capture Chronocoupe »), légende chaque formation (terrains sédimentaires, chevauchement, granite, dépôts post-orogéniques) et indique le sens chronologique (ancien → récent, par exemple par une flèche). C’est la preuve visuelle de ton raisonnement de datation relative.

Option 2 — Production sur tableur. Construis un graphique de l’isochrone Rb/Sr du Sidobre, avec nuage de points, droite de régression linéaire, équation affichée et coefficient de détermination R². Titre informatif (« Droite isochrone Rb/Sr du granite du Sidobre »), axes nommés (rapports isotopiques sans dimension), encadré indiquant le calcul de l’âge t = ln(a+1)/λ. Tu peux compléter par un tableau récapitulatif à 3 lignes (chronologie relative, âge absolu Rb/Sr, contexte chimique) qui synthétise toutes tes données.

Interpréter les résultats

Adopte la structure d’analyse en trois temps, attendue à l’épreuve. Elle force la rigueur du raisonnement et te fait gagner des points :

Exemple appliqué au sujet (si âge ≈ -300 Ma et granite peralumineux) :

  • J’observe… que la chronologie relative place le granite du Sidobre en intrusion dans des terrains plus anciens recoupés par sa mise en place ; que la droite isochrone Rb/Sr donne un âge de cristallisation d’environ 300 Ma (± 10 Ma) ; et que la composition chimique fournie par la ressource complémentaire montre A/CNK > 1,1 et une forte teneur en Al2O3.
  • Or je sais que… l’orogenèse hercynienne a duré de -410 à -290 Ma, qu’un granite peralumineux (A/CNK > 1,1) provient de la fusion de métapélites alumineuses, et qu’une telle fusion est caractéristique de la phase de compression par épaississement crustal.
  • J’en déduis que… le granite du Sidobre s’est mis en place pendant la phase tardive de l’orogenèse hercynienne, dans un contexte de compression identique à celui du granite axial de la Montagne Noire. La réponse à la question scientifique est donc oui, les deux granites partagent le même contexte tectonique.

10. La conclusion : revenir à la question initiale

Ta conclusion doit faire 3 choses : (1) synthétiser la chronologie reconstruite (relative + absolue), (2) identifier la situation chimique (granite peralumineux ou calco-potassique) à partir de la ressource complémentaire, (3) répondre explicitement à la question posée par le sujet (même contexte tectonique que la zone axiale, oui ou non).

Exemple de formulation type :

« La chronologie relative reconstruite avec Chronocoupe place la mise en place du granite du Sidobre après les chevauchements et avant les formations post-orogéniques. La datation absolue par isochrone Rb/Sr donne un âge de cristallisation d’environ 300 ± 10 Ma, situé dans la phase tardive de l’orogenèse hercynienne. La composition chimique fournie en ressource complémentaire indique un granite peralumineux (A/CNK > 1,1, riche en Al2O3), identique à la signature du granite axial. Le granite du Sidobre s’est donc bien mis en place dans le même contexte tectonique de compression que le granite axial de la Montagne Noire, par fusion de métapélites enfouies dans la racine crustale en cours d’épaississement. »

11. Les pièges fréquents à éviter

Piège n°1 — Ne pas identifier le type de sujet. Ici la stratégie initiale est imposée. Tu n’as pas à la justifier longuement avant de manipuler. La proposition de stratégie n’arrive qu’en partie B (poursuite). Confondre les deux situations te fera perdre des points en début d’épreuve.

Piège n°2 — Confondre datation relative et datation absolue. Les deux sont complémentaires, pas redondantes : la datation relative ordonne les événements sans âge chiffré ; la datation absolue attribue un âge précis. Tu dois mobiliser les deux pour avoir une chronologie complète.

Piège n°3 — Conclure trop vite sur le contexte tectonique à partir de l’âge seul. L’orogenèse hercynienne comprend deux phases (compression précoce, extension tardive). Un granite hercynien peut appartenir à l’une ou à l’autre. Il faut impérativement compléter par une donnée chimique pour trancher.

Piège n°4 — Oublier l’incertitude sur l’âge. Un âge calculé par méthode Rb/Sr s’accompagne toujours d’une incertitude (typiquement ± 5 à ± 15 Ma). Donne toujours ton âge sous la forme « valeur ± incertitude », et conclus en fourchette plutôt qu’en valeur ponctuelle.

Piège n°5 — Ne pas exploiter la ressource complémentaire. En partie B, la ressource complémentaire (composition chimique) est le pivot de la discussion sur le contexte tectonique. Si tu l’as demandée et reçue, elle doit apparaître explicitement dans ta conclusion. Sinon, c’est comme si tu ne l’avais pas utilisée.

12. Indice / cause / exemple — granite et contexte tectonique

  • Indice : composition chimique d’un granite (rapport A/CNK, teneurs en Al2O3, CaO, K2O)
  • Cause : la nature de la roche-source fondue dépend du contexte tectonique — métapélites alumineuses en compression (épaississement crustal qui enfouit les sédiments argileux), roches plus calco-potassiques en extension (fusion de la croûte inférieure profonde après effondrement gravitaire)
  • Exemple : les granites précoces du Massif central français (≈ -340 à -320 Ma, comme la zone axiale de la Montagne Noire) sont typiquement peralumineux et signent la phase de compression hercynienne ; à l’inverse, certains granites plus tardifs (≈ -300 à -290 Ma) sont calco-alcalins et témoignent de l’extension post-orogénique. L’analyse chimique est donc le critère discriminant clé pour comprendre l’histoire tectonique d’une région

Ce qu’il faut retenir

  • Type de sujet : poursuite de stratégie (manipulation A imposée — Chronocoupe + isochrone Rb/Sr ; stratégie de prolongement à proposer en B)
  • Question du sujet : le granite du Sidobre s’est-il mis en place dans le même contexte tectonique (compression) que le granite axial ?
  • Trois clés : datation relative (Chronocoupe), datation absolue (Rb/Sr) et caractérisation chimique (peralumineux vs métalumineux) — toutes nécessaires
  • Outils mobilisés : Chronocoupe (chronologie relative), tableur (isochrone Rb/Sr), tableau de composition chimique fourni en ressource complémentaire
  • Stratégie en 3 temps : LE QUOI (préciser le contexte tectonique) / LE COMMENT (composition chimique + rapport A/CNK) / LES RÉSULTATS ANTICIPÉS (peralumineux = compression, calco-potassique = extension)
  • Communiquer les résultats : capture Chronocoupe titrée et légendée OU graphique de l’isochrone sur tableur
  • Interpréter : J’observe… / Or je sais… / J’en déduis…
  • Lien au cours : 1B.1 (datation relative et absolue, complémentarité) + 1B.2 (orogenèse hercynienne, ses deux phases compression/extension)
  • Attention sémantique : « hercynien » ne signifie pas automatiquement « compression » — c’est la chimie qui tranche
  • Conclusion finale : toujours revenir à la question initiale (oui/non même contexte que la zone axiale) en intégrant la ressource complémentaire
Fichiers de l’exercice
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