Chapitre 18 — Le système digestif · Topic 3 : Le tube digestif inférieur · Leçon 3.3
Dernier segment du tube digestif, le gros intestin encadre les anses grêles comme un cadre encadre un tableau. Il réabsorbe l’eau, stocke les matières fécales et laisse ses bactéries digérer les fibres. Cette leçon parcourt ses deux entités : le côlon (et son appendice) puis le rectum.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- citer les trois fonctions du gros intestin ;
- décrire les cinq portions du côlon et leur fixité ;
- reconnaître ténias, haustrations et appendices séro-graisseux ;
- situer l’appendice vermiforme et le point de Mac Burney ;
- opposer ampoule rectale et canal anal de part et d’autre du cap anal.
🧭 Plan de la leçon
- Le gros intestin : généralités
- Le côlon et ses cinq portions
- Les particularités de la surface externe du côlon
- L’appendice vermiforme
- Le rectum : ampoule rectale et canal anal
1. Le gros intestin : généralités
| Item | Le gros intestin |
|---|---|
| Définition | La partie terminale du tube digestif |
| Dimensions | 1,8 m |
| Situation | De l’angle iléo-caecal jusqu’à l’anus, en formant un cadre colique autour des anses grêles |
| Fonctions | Réabsorption de l’eau, stockage fécal, digestion des fibres via ses bactéries |
| Divisions | Le côlon et le rectum |
L’intestin grêle absorbe les nutriments ; le gros intestin réabsorbe l’eau, stocke et fait digérer les fibres par sa flore bactérienne. Géométriquement aussi, ils s’opposent : le grêle occupe le centre de l’abdomen (anses mobiles), le gros intestin en dessine le cadre.
2. Le côlon et ses cinq portions

Le côlon est divisé en cinq portions. Deux repères reviennent en boucle : la fixité (côlons ascendant et descendant, accolés au rétro-péritoine) contre la mobilité (caecum, transverse et sigmoïde, tous dotés d’un long méso).
| Portion | Caractéristiques |
|---|---|
| Le caecum | Partie initiale et dilatée du côlon ; fait suite à l’iléum ; se situe dans la fosse iliaque droite (L5) ; relativement mobile grâce à son long méso ; en relation avec l’appendice vermiculaire |
| Le côlon ascendant | Remonte de la fosse iliaque droite (L5) jusqu’à l’hypocondre droit (L1) ; contribue à former l’angle colique droit ; fixe, accolé à l’espace rétro-péritonéal |
| Le côlon transverse | Traverse transversalement la partie supérieure de la région ombilicale ; se dirige de l’angle colique droit à l’angle colique gauche ; relativement mobile grâce à son long méso |
| Le côlon descendant | Descend de l’hypocondre gauche à la fosse iliaque gauche (L4) ; contribue à former l’angle colique gauche ; fixe, accolé à l’espace rétro-péritonéal |
| Le côlon sigmoïde | Partie terminale et flexueuse en S du côlon ; s’étend de la fosse iliaque gauche à l’hypogastre ; rejoint le rectum au centre, au niveau de la charnière recto-sigmoïdienne (S3) ; relativement mobile grâce à son long méso |
Trois portions sont relativement mobiles parce qu’elles possèdent un long méso : le caecum, le côlon transverse et le côlon sigmoïde. Les deux portions verticales et latérales — ascendant et descendant — sont au contraire fixes, accolées à l’espace rétro-péritonéal. Elles sont d’ailleurs celles qui forment les angles coliques droit et gauche.
3. Les particularités de la surface externe du côlon
| Particularité | Description |
|---|---|
| Les ténias | Trois bandelettes longitudinales : une antérieure et deux postérieures. Elles correspondent à des épaississements de la couche longitudinale de la musculeuse colique et permettent de maintenir un certain diamètre d’ouverture du côlon |
| Les haustrations | Des bosselures mobiles séparées par des sillons transversaux |
| Les appendices séro-graisseux (ou omentaux, ou épiploïques) |
Des amas de graisse situés le long des ténias coliques |

Les sillons transversaux répondent aux plis semi-lunaires de la lumière du côlon. Ces derniers sont des zones de contraction de la couche circulaire de la musculeuse colique, qui permettent le péristaltisme du côlon, particulièrement au niveau du côlon ascendant.
Ne mélange pas les couches de la musculeuse colique : les ténias sont des épaississements de la couche longitudinale (ils maintiennent le diamètre d’ouverture) ; les plis semi-lunaires, eux, résultent de la contraction de la couche circulaire (ils assurent le péristaltisme).
4. L’appendice vermiforme
| Item | L’appendice vermiforme |
|---|---|
| Aspect | Structure lymphoïde, creuse et cylindrique, qui involue chez l’adulte |
| Dimensions | Environ 7 cm de long, mais taille très variable selon les individus |
| Situation | Position variable, mais généralement dans la fosse iliaque droite, au niveau du point de Mac Burney : au tiers externe de la ligne reliant l’épine iliaque antéro-supérieure droite à l’ombilic |
| Orifice | S’ouvre à la face médiale de la partie basse du caecum par l’orifice caeco-appendiculaire, muni de la valvule appendiculaire |
L’appendice vermiculaire est le siège des appendicites, abcès dû à l’intrusion de fragments alimentaires. C’est une inflammation bénigne, mais le risque est que l’infection se généralise à l’ensemble du péritoine : cela entraîne alors une péritonite et un éventuel choc septique mortel. D’où l’intérêt du point de Mac Burney, où la palpation réveille la douleur.
5. Le rectum : ampoule rectale et canal anal

| Item | Le rectum |
|---|---|
| Définition | Partie terminale du gros intestin, et donc partie terminale du tube digestif |
| Aspect | Forme un S dans le plan sagittal : deux concavités, sacrée puis anale |
| Dimensions | 15 cm de long |
| Situation | Fait suite au côlon sigmoïde à la charnière recto-sigmoïdienne (S3), chemine en profondeur sur la ligne médiane, juste en avant du sacrum, et se termine par l’anus |
| Division | Deux portions séparées par le cap anal (ou angle ano-rectal) de 100° que forme le diaphragme pelvien |
| L’ampoule rectale | Le canal anal | |
|---|---|---|
| Situation dans le rectum | Partie supérieure, large et extensible | Partie inférieure, étroite et quasi rigide |
| Longueur | 12 cm | 3 cm |
| Repères | Contre la concavité du sacrum, dans la région pelvienne, au-dessus du diaphragme pelvien | Oblique en bas et en arrière (à l’inverse de l’urètre et du vagin) ; dans la région périnéale, en dessous du diaphragme pelvien ; s’ouvre par l’anus |
| Rôle | Stockage des matières fécales quand les sphincters du canal anal sont contractés | Élimination des matières fécales et continence anale grâce à des sphincters lisse et strié |
Le cap anal (ou angle ano-rectal) de 100° n’est pas un accident de trajet : il est créé par le diaphragme pelvien, qui tire le rectum vers l’avant. Il sépare deux mondes : au-dessus, l’ampoule rectale pelvienne (12 cm, stockage) ; en dessous, le canal anal périnéal (3 cm, continence et élimination).
Le canal anal est oblique en bas et en arrière, c’est-à-dire à l’inverse de l’urètre et du vagin, qui filent en bas et en avant. C’est un détail d’orientation classiquement demandé pour vérifier que tu as bien en tête l’organisation du périnée.
🧠 À retenir absolument
- Gros intestin = partie terminale du tube digestif, 1,8 m, de l’angle iléo-caecal à l’anus en cadre colique autour du grêle ; fonctions = réabsorption de l’eau, stockage fécal, digestion des fibres par les bactéries.
- 5 portions du côlon : caecum (FID, L5, mobile, appendice), ascendant (L5 → L1, fixe, angle colique droit), transverse (région ombilicale, mobile), descendant (hypocondre gauche → FIG L4, fixe, angle colique gauche), sigmoïde (en S, FIG → hypogastre, mobile, charnière recto-sigmoïdienne S3).
- Surface externe : 3 ténias (1 antérieure + 2 postérieures, couche longitudinale, maintiennent le diamètre), haustrations (bosselures + sillons répondant aux plis semi-lunaires, couche circulaire, péristaltisme), appendices séro-graisseux le long des ténias.
- Appendice vermiforme : lymphoïde, creux, 7 cm, involue chez l’adulte ; point de Mac Burney = tiers externe de la ligne EIAS droite–ombilic ; s’ouvre par l’orifice caeco-appendiculaire (valvule appendiculaire). Risque : appendicite → péritonite.
- Rectum : 15 cm, S sagittal (concavités sacrée puis anale), de S3 à l’anus ; cap anal 100° (diaphragme pelvien) sépare l’ampoule rectale (12 cm, pelvienne, stockage) du canal anal (3 cm, périnéal, sphincters lisse et strié, continence).
❓ Questions fréquentes
Quelles portions du côlon sont fixes ?
Le côlon ascendant et le côlon descendant, tous deux accolés à l’espace rétro-péritonéal. Le caecum, le côlon transverse et le côlon sigmoïde sont au contraire relativement mobiles grâce à leur long méso.
À quoi servent les ténias ?
Ce sont trois bandelettes longitudinales (une antérieure, deux postérieures) correspondant à des épaississements de la couche longitudinale de la musculeuse colique. Elles permettent de maintenir un certain diamètre d’ouverture du côlon.
Où se situe le point de Mac Burney ?
Au tiers externe de la ligne qui relie l’épine iliaque antéro-supérieure droite à l’ombilic, dans la fosse iliaque droite. C’est la projection habituelle de l’appendice vermiforme, dont la position reste toutefois variable.
Quelle différence entre ampoule rectale et canal anal ?
L’ampoule rectale est la partie supérieure, large et extensible (12 cm), située dans le pelvis au-dessus du diaphragme pelvien : elle stocke les matières fécales. Le canal anal est la partie inférieure, étroite et quasi rigide (3 cm), située dans le périnée sous le diaphragme pelvien : il assure l’élimination et la continence.
Qu’est-ce que le cap anal ?
L’angle ano-rectal de 100° formé par le diaphragme pelvien. Il marque la séparation entre l’ampoule rectale (au-dessus) et le canal anal (en dessous).
🚀 Pour aller plus loin
Le rectum est un organe pelvien autant que digestif : il faut le replacer dans son bassin.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.