Chapitre 24 — Les organes génitaux féminins · Topic 4 : Les seins · Leçon 4.2

⏱️ Durée : 16 min
🎓 Niveau : PASS / LAS / L1 Santé
📚 Topic : Les seins
🔑 Prérequis : Le sein : morphologie externe et interne (leçon 4.1)

La vascularisation du sein est particulièrement riche et les anastomoses y sont nombreuses. Elle converge vers un centre unique : l’aréole, lieu de rencontre des artères et point de départ des veines et des lymphatiques. Cette leçon reprend d’abord la vascularisation artérielle (trois sources), puis la veineuse (deux réseaux), et se termine par la lymphatique — dont la connaissance est indispensable en oncologie mammaire pour prévoir les voies de dissémination des cellules tumorales.

🎯 Objectifs pédagogiques

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • expliquer pourquoi l’aréole est le centre vasculaire du sein ;
  • citer les trois sources artérielles et leurs territoires ;
  • opposer les veines superficielles (cercle péri-aréolaire) aux veines profondes (septums inter-lobaires) ;
  • décrire la voie lymphatique latérale (principale) et la voie médiale ;
  • relier ces voies lymphatiques à la dissémination métastatique du cancer du sein.

🧭 Plan de la leçon

  1. L’aréole, centre vasculaire du sein
  2. La vascularisation artérielle : trois sources
  3. La vascularisation veineuse : deux réseaux
  4. La vascularisation lymphatique : deux voies, terminaison sus-claviculaire

1. L’aréole, centre vasculaire du sein

La vascularisation du sein est particulièrement riche, avec de nombreuses anastomoses. L’ensemble converge vers un point commun : l’aréole. C’est là que les artères se rejoignent, et c’est de là que partent les veines, accompagnées des vaisseaux lymphatiques.

Une même règle pour les trois circulations

Les vaisseaux lymphatiques suivent globalement la vascularisation artérielle du sein. Autrement dit : connais les artères, tu connais les voies lymphatiques associées. Cette règle est capitale pour comprendre pourquoi le cancer du sein diffuse préférentiellement vers l’aisselle (voie latérale) et parfois vers les ganglions thoraciques internes (voie médiale).

2. La vascularisation artérielle : trois sources

La vascularisation artérielle du sein provient de trois sources principales : l’artère axillaire (voie principale, +++), l’artère thoracique interne (voie médiale) et la 7e artère intercostale (voie inférieure).

Vascularisation artérielle du sein par les artères thoracique interne, thoracique latérale et intercostales
Figure 1 — Trois sources artérielles se partagent le sein, la thoracique interne assurant la part médiale.

Retiens la logique territoriale : axillaire → supéro-latéral (le plus important), thoracique interne → médial, 7e intercostale → inféro-latéral.

2.1. L’artère axillaire (+++)

C’est la source principale. Elle vascularise la partie supéro-latérale du sein via trois de ses branches collatérales :

  • l’artère thoracique suprême, pour la partie supérieure du sein ;
  • le rameau thoracique de l’artère thoraco-acromiale ;
  • l’artère thoracique externe (ou latérale), pour la partie latérale du sein.

2.2. L’artère thoracique interne (ou mammaire interne)

Elle vascularise la partie médiale du sein. Elle donne un rameau par espace intercostal (EIC), entre le 2e et le 6e EIC, à destinée du sein. Le rameau le plus volumineux est celui du 2e EIC.

Pourquoi utilise-t-on la thoracique interne gauche en chirurgie coronarienne ?

L’artère thoracique interne gauche, proche du cœur, présente le même calibre que les artères coronaires. C’est pour cela qu’elle est utilisée pour un pontage cardiaque lorsqu’une artère coronaire est défaillante : on la détache de son trajet thoracique et on la branche en aval de l’obstacle. Un vaisseau du sein qui sauve un cœur.

2.3. La 7e artère intercostale

Elle vascularise la partie inféro-latérale du sein via une branche ascendante.

3. La vascularisation veineuse : deux réseaux

La vascularisation veineuse s’organise en deux réseaux principaux : un réseau superficiel (ou sous-cutané) et un réseau profond.

3.1. Les veines superficielles

Les veines sous-cutanées se regroupent au niveau du cercle veineux péri-aréolaire, sous l’aréole. De là, elles se drainent dans trois veines superficielles :

  • la veine jugulaire externe ;
  • la veine céphalique ;
  • la veine sous-cutanée abdominale.

3.2. Les veines profondes

Les veines profondes cheminent dans les septums inter-lobaires de la glande mammaire. Elles se drainent ensuite dans trois groupes de veines.

Drainage veineux du sein vers les veines thoracique interne, axillaire et intercostales
Figure 2 — Le réseau veineux suit globalement le réseau artériel et rejoint trois territoires distincts.

Trois groupes veineux parallèles aux trois sources artérielles : latéral (thoraciques externes), médial (thoraciques internes) et postérieur (intercostales, surtout la 7e).

Groupe veineux profond Territoire de drainage Aboutissement
Les veines thoraciques externes Drainage axillaire latéral Veine axillaire
Les veines thoraciques internes Drainage axillaire médial brachio-céphalique Tronc veineux brachio-céphalique
Les veines intercostales (surtout la n°7) Drainage postérieur azygos Système azygos

4. La vascularisation lymphatique : deux voies, terminaison sus-claviculaire

Les vaisseaux lymphatiques suivent globalement la vascularisation artérielle. Il existe deux voies de drainage lymphatique qui aboutissent toutes deux, in fine, aux ganglions (ou lymphonœuds) supra-claviculaires, puis à la veine subclavière.

Drainage lymphatique du sein : voie latérale vers les nœuds axillaires et voie médiale vers les nœuds thoraciques internes
Figure 3 — La voie latérale axillaire draine l’essentiel du sein : c’est elle qu’explore le ganglion sentinelle dans le cancer.

Deux voies, une seule terminaison commune : les ganglions supra-claviculaires, puis la veine subclavière.

4.1. La voie latérale (+++)

C’est la voie principale. Elle suit trois relais successifs :

  1. elle commence par les ganglions thoraciques latéraux ;
  2. puis elle se jette dans les ganglions axillaires infra-pectoraux, au niveau de la fosse axillaire ;
  3. elle rejoint ensuite les ganglions axillaires supra-pectoraux ;
  4. elle se termine dans les ganglions supra-claviculaires.
La petite voie latérale accessoire

Il existe une petite voie latérale accessoire, composée des ganglions inter-pectoraux (entre le grand et le petit pectoral). Elle rejoint la voie latérale principale au niveau des ganglions axillaires supra-pectoraux.

4.2. La voie médiale

La voie médiale est composée des ganglions thoraciques internes, satellites des vaisseaux thoraciques internes. Elle se jette elle aussi dans les ganglions supra-claviculaires. Elle draine également les vaisseaux lymphatiques des espaces intercostaux.

Le drainage lymphatique, clef en oncologie mammaire

Le drainage lymphatique du sein est capital à connaître en clinique car il définit les voies de dissémination possibles des cellules tumorales — les métastases — en cas de cancer du sein. C’est pour cela que le curage ganglionnaire axillaire et la technique du ganglion sentinelle sont des étapes systématiques du bilan et du traitement du cancer mammaire.

🧠 À retenir absolument

  • Vascularisation du sein = riche + anastomoses nombreuses. L’aréole est le centre vasculaire (convergence des artères, départ des veines et lymphatiques).
  • Les vaisseaux lymphatiques suivent la vascularisation artérielle.
  • 3 sources artérielles : axillaire (+++) pour le supéro-latéral (3 branches : thoracique suprême, thoraco-acromiale, thoracique externe), thoracique interne pour le médial (rameaux du 2e au 6e EIC, plus gros = 2e EIC), 7e intercostale pour l’inféro-latéral.
  • Thoracique interne gauche = calibre des coronaires → utilisée en pontage cardiaque.
  • Veines superficielles : cercle veineux péri-aréolaire → jugulaire externe, céphalique, sous-cutanée abdominale.
  • Veines profondes : dans les septums inter-lobaires → thoraciques externes (axillaire latéral), thoraciques internes (brachio-céphalique), intercostales n°7 (azygos postérieur).
  • 2 voies lymphatiques, terminaison commune = ganglions supra-claviculaires puis veine subclavière.
  • Voie latérale (+++) : thoraciques latéraux → axillaires infra-pectoraux → supra-pectoraux → supra-claviculaires. Petite voie accessoire par les inter-pectoraux.
  • Voie médiale : thoraciques internes → supra-claviculaires ; draine aussi les EIC.
  • Cancer du sein : le drainage lymphatique définit les voies de métastases → curage axillaire, ganglion sentinelle.

❓ Questions fréquentes

Pourquoi dit-on que l’aréole est le centre vasculaire du sein ?

Parce que c’est à ce niveau que convergent les artères venues des trois sources principales et que partent les veines superficielles (cercle veineux péri-aréolaire) ainsi que les vaisseaux lymphatiques.

Quelles sont les trois sources artérielles du sein ?

L’artère axillaire (principale, pour le territoire supéro-latéral, via trois branches : thoracique suprême, rameau thoracique de la thoraco-acromiale et thoracique externe), l’artère thoracique interne (pour le territoire médial) et la 7ème artère intercostale (pour le territoire inféro-latéral).

Pourquoi l’artère thoracique interne gauche sert-elle en chirurgie coronarienne ?

Parce qu’elle est proche du cœur et présente le même calibre que les artères coronaires. Elle peut donc être détournée pour réaliser un pontage cardiaque en cas d’artère coronaire défaillante.

Où se drainent les veines profondes du sein ?

Dans trois groupes veineux parallèles aux artères : les veines thoraciques externes (drainage axillaire latéral), les veines thoraciques internes (drainage médial brachio-céphalique) et les veines intercostales, surtout la 7ème (drainage postérieur azygos).

Quelles sont les deux voies lymphatiques du sein ?

La voie latérale, principale (thoraciques latéraux → axillaires infra-pectoraux → supra-pectoraux → supra-claviculaires), et la voie médiale (ganglions thoraciques internes → supra-claviculaires). Les deux se terminent dans les ganglions supra-claviculaires puis la veine subclavière.

Pourquoi le drainage lymphatique du sein est-il crucial en cancérologie ?

Parce qu’il définit les voies de dissémination possibles des cellules tumorales, c’est-à-dire les zones de métastases attendues en cas de cancer du sein. C’est ce qui justifie le curage ganglionnaire axillaire et la technique du ganglion sentinelle.

Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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