Chapitre 24 — Les organes génitaux féminins · Topic 4 : Les seins · Leçon 4.1
Le sein n’est pas un organe génital au sens strict : c’est un organe glanduleux du tégument, posé sur la paroi antérieure du thorax en avant du muscle grand pectoral. On l’étudie ici parce qu’il est le caractère sexuel secondaire le plus visible chez la femme et parce qu’il constitue la glande lactifère qui prendra le relais du placenta après la naissance. Sa morphologie en trois zones concentriques et son organisation interne en lobes commandent la sémiologie mammaire.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- définir le sein comme organe glanduleux lactifère du tégument thoracique ;
- situer la glande mammaire (3e à 7e côte) et projeter le mamelon (4e EIC) ;
- décrire la syssarcose thoraco-mammaire et comprendre la perte de mobilité du sein tumoral ;
- identifier les trois zones concentriques et les deux sillons de la morphologie externe ;
- reconnaître les deux processus et le découpage en lobes de la glande mammaire.
🧭 Plan de la leçon
- Définition, fonction et situation du sein
- Les rapports postérieurs : syssarcose et plan musculo-fascial
- La trophicité du sein
- La morphologie externe : trois zones et deux sillons
- La morphologie interne : deux processus et les lobes
1. Définition, fonction et situation du sein
Le sein (ou mamelle) est un organe glanduleux pair qui appartient au tégument (la peau) de la paroi antérieure du thorax. Il fait partie des caractères sexuels secondaires qui apparaissent à la puberté. Sur le plan fonctionnel, c’est une glande exocrine lactifère : elle produit du lait, sous la dépendance d’un récepteur neuro-hormonal spécifique aux mammifères.
Le sein existe chez l’homme sous une forme rudimentaire. C’est pour cela qu’il existe des cancers du sein chez l’homme : la structure glandulaire, même atrophique, peut dégénérer.
La glande mammaire est située à la partie antéro-supérieure de la poitrine, de chaque côté du sternum et en avant des muscles grands pectoraux. Elle se projette de la 3e à la 7e côte. Le mamelon, lui, se projette en regard du 4e espace intercostal, soit au niveau du corps vertébral T9, soit encore en regard de l’appendice xiphoïde du sternum.
2. Les rapports postérieurs : syssarcose et plan musculo-fascial
Le sein repose sur la paroi thoracique par l’intermédiaire d’un espace de glissement, puis d’un double plan musculaire.
2.1. L’espace celluleux rétro-mammaire (syssarcose thoraco-mammaire)
Entre le fascia mammaire en avant et le fascia pectoral en arrière s’interpose un espace celluleux graisseux, épais de 5 à 10 mm, appelé « syssarcose thoraco-mammaire ». Il constitue un espace de glissement qui permet la mobilité du sein sur le thorax.

Cet espace de glissement est clef en clinique : c’est parce qu’il existe que l’on peut, à l’examen, mobiliser le sein sur le plan pectoral.
Une tumeur invasive du sein se traduit par la perte de mobilité du sein sur le thorax : c’est le signe qu’elle a envahi la syssarcose et adhère au fascia pectoral. Ce simple test manuel, appris dès la sémiologie, oriente vers l’infiltration profonde.
2.2. Le plan musculo-fascial en arrière du sein
Derrière la syssarcose, la paroi thoracique se dispose en deux plans musculaires.

Retiens la logique haut / bas / dehors du plan superficiel et la superposition subclavier – petit pectoral – côtes du plan profond.
| Plan | Étage / région | Structures |
|---|---|---|
| Plan musculaire superficiel | Deux tiers supérieurs | Le muscle grand pectoral, recouvert de son fascia pectoral |
| Processus axillaire | Les digitations n°5 et n°6 du muscle dentelé antérieur | |
| Tiers inférieur | Le muscle oblique externe en dehors, le muscle droit de l’abdomen en dedans | |
| Plan musculaire profond | En haut | Le muscle subclavier, puis le fascia clavi-pectoral, puis le muscle petit pectoral |
| En dedans | Les côtes et les muscles intercostaux |
3. La trophicité du sein
La trophicité varie fortement au cours de la vie génitale. En dehors de la période de gestation, le sein possède une consistance grenue et irrégulière à la palpation ; il mesure en moyenne 11 × 11 cm et pèse entre 150 et 200 g. Pendant la gestation, son volume augmente depuis la nidation jusqu’au 4e ou 5e mois de grossesse. Pendant l’allaitement, son volume augmente encore et il atteint un poids de 400 à 500 g.
Parce que la glande n’est pas homogène : elle est faite d’un empilement de lobes séparés par des septums fibreux. C’est cet aspect discontinu, palpé à travers la peau, qui donne l’impression de « grains » à l’examen. C’est aussi ce qui rend la sémiologie mammaire délicate : reconnaître un vrai nodule dans une glande naturellement irrégulière.
4. La morphologie externe : trois zones et deux sillons

Le sein se divise en trois zones concentriques — mamelon, aréole, peau péri-aréolaire — cernées par deux sillons, infra-mammaire en bas et supra-mammaire en haut.
4.1. La zone centrale : le mamelon (ou papille mammaire)
Le mamelon est une papille tégumentaire saillante d’environ 1 cm de longueur, de forme cylindrique ou conique, avec un apex et une base de 8 à 15 mm de diamètre. Il porte à son apex 15 à 25 ostiums papillaires qui correspondent aux abouchements des conduits lactifères par lesquels s’écoule le lait en période de lactation.
4.2. La zone moyenne : l’aréole
L’aréole est une région circulaire de 15 à 30 mm de diamètre, située à la partie proéminente de la mamelle. Sa coloration varie selon les morphotypes — rosée, brunâtre ou noir mat — et devient plus foncée durant la grossesse, tout comme le mamelon.
Elle comporte les tubercules des glandes aréolaires : ce sont 12 à 20 glandes sébacées sécrétant un liquide lubrifiant le mamelon pour faciliter la tétée du nourrisson. Leur volume augmente pendant la grossesse. Elles n’interviennent pas dans la sécrétion du lait.
Sous le tégument aréolaire se trouve un muscle aréolaire. Selon sa contraction et son implantation, il donne au mamelon un aspect normal, invaginé ou ombiliqué.
4.3. La zone périphérique : la peau péri-aréolaire
La peau péri-aréolaire est mince, souple et lisse. Sa coloration est identique à celle de la peau du reste du corps. Durant la grossesse et la lactation, les veines sous-cutanées y deviennent plus visibles.
4.4. Les deux sillons
Le sillon infra-mammaire est le repli existant entre la partie inférieure de la peau péri-aréolaire et la peau du thorax antérieur : c’est le sillon visible et palpable qui marque la base inférieure du sein. Le sillon supra-mammaire, à l’opposé, n’est pas visible physiologiquement : il faut refouler le sein vers le haut pour le voir.
5. La morphologie interne : deux processus et les lobes
La glande mammaire présente deux prolongements et se divise à l’intérieur en unités hiérarchisées.
5.1. Les deux processus de la glande

Retiens que le processus axillaire est constant et contient le hile — c’est par lui qu’arrivent les vaisseaux — alors que le processus sternal est inconstant.
| Processus | Localisation | Caractère |
|---|---|---|
| Processus axillaire (ou latéral) | Le long du bord inférieur du muscle grand pectoral | Constant. Il contient le hile du sein (voie d’entrée/sortie des vaisseaux). |
| Processus sternal (ou médial) | Prolongement de la glande vers le sternum | Inconstant. |
5.2. Les divisions de la glande mammaire
La glande mammaire se divise en lobes, eux-mêmes subdivisés en lobules. Chaque lobe possède un sinus lactifère et un conduit lactifère. Les conduits lactifères convergent vers les ostiums papillaires à l’apex du mamelon.
Les deux termes existent : lactifère (du latin lac, lait) est la terminologie officielle de la nomenclature anatomique internationale ; galactophore (du grec gala, lait) reste très utilisé en clinique, notamment pour parler des galactophorites (inflammations des conduits) ou de la galactophorographie. Retiens surtout la logique : un conduit et un sinus par lobe, tous convergent vers le mamelon.
🧠 À retenir absolument
- Le sein = organe glanduleux lactifère pair du tégument thoracique, caractère sexuel secondaire.
- Situation : en avant du grand pectoral, projection 3e–7e côte, mamelon en regard du 4e EIC / T9 / xiphoïde.
- Syssarcose thoraco-mammaire = espace celluleux graisseux 5–10 mm entre fascia mammaire et fascia pectoral ; permet la mobilité du sein sur le thorax. Perte de mobilité = envahissement tumoral.
- Trophicité : 11 × 11 cm, 150–200 g hors gestation ; jusqu’à 400–500 g pendant l’allaitement.
- Morphologie externe = 3 zones concentriques (mamelon → aréole → peau péri-aréolaire) + 2 sillons (infra-mammaire visible, supra-mammaire caché).
- Mamelon : 1 cm, 15 à 25 ostiums papillaires = abouchements des conduits lactifères.
- Aréole : 12 à 20 glandes aréolaires sébacées (lubrification, pas de lait) ; muscle aréolaire → aspect normal / invaginé / ombiliqué.
- Morphologie interne : processus axillaire (constant, contient le hile) et processus sternal (inconstant) ; 1 lobe = 1 sinus lactifère + 1 conduit lactifère.
❓ Questions fréquentes
Pourquoi étudier le sein dans un chapitre d’organes génitaux féminins ?
Parce que le sein est un caractère sexuel secondaire qui apparaît à la puberté et parce que sa fonction lactifère prolonge, après la naissance, la relation nutritive materno-fœtale que le placenta assurait pendant la grossesse.
Qu’est-ce que la syssarcose thoraco-mammaire ?
C’est l’espace celluleux graisseux rétro-mammaire, épais de 5 à 10 mm, situé entre le fascia mammaire en avant et le fascia pectoral en arrière. Il constitue un espace de glissement qui permet la mobilité du sein sur le thorax.
Pourquoi une tumeur du sein devient-elle fixée ?
Parce qu’elle envahit la syssarcose thoraco-mammaire et adhère au fascia pectoral. Le sein perd alors sa mobilité sur le plan pectoral, ce qui constitue un signe sémiologique d’invasion tumorale profonde.
Combien d’ostiums papillaires porte le mamelon ?
De 15 à 25 ostiums à l’apex du mamelon. Ils correspondent aux abouchements des conduits lactifères par lesquels s’écoule le lait en période de lactation.
À quoi servent les glandes aréolaires ?
Ce sont 12 à 20 glandes sébacées qui sécrètent un liquide lubrifiant le mamelon pour faciliter la tétée du nourrisson. Elles n’interviennent pas dans la sécrétion du lait.
Quels sont les deux processus de la glande mammaire ?
Le processus axillaire (ou latéral), constant, situé le long du bord inférieur du grand pectoral et contenant le hile du sein ; et le processus sternal (ou médial), inconstant, qui prolonge la glande vers le sternum.
🚀 Pour aller plus loin
Suis maintenant les vaisseaux qui abordent le sein par son hile, et va relire la paroi thoracique sur laquelle il repose.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.

