Chapitre 25 — L’histologie de l’appareil reproducteur · Topic 6 : L’histologie de l’appareil reproducteur (synthèse) · Leçon 6.1
Cette leçon est une synthèse condensée, resserrée sur ce que demande la fiche Sorbonne. L’histologie détaillée du testicule et des voies génitales est développée dans les modules Histologie et Biologie de la reproduction déjà en ligne : utilise les liens « Pour aller plus loin » pour le détail. Ici, on va à l’essentiel avec des tableaux récap.
L’appareil génital masculin se lit en trois blocs : les gonades (les testicules), le tractus génital (les voies qui conduisent les spermatozoïdes) et les glandes annexes (qui fabriquent l’essentiel du sperme).

🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- décrire l’organisation du testicule et de ses enveloppes ;
- énumérer les cellules germinales et les fonctions des cellules de Sertoli ;
- citer la composition de la barrière hémato-testiculaire ;
- ordonner le tractus génital : rete testis → cônes efférents → épididyme → déférent → éjaculateur → urètre ;
- résumer le rôle des glandes annexes et la composition du sperme.
🧭 Plan de la leçon
- Le testicule : enveloppes, tubes séminifères, Sertoli et barrière
- Le tractus génital
- Les glandes annexes et le sperme
1. Le testicule : enveloppes, tubes séminifères, Sertoli et barrière
Chaque testicule est scindé en lobules par des cloisons conjonctives issues de l’albuginée. Chaque lobule contient deux ou trois tubes séminifères (contournés puis droits) produisant les spermatozoïdes ; les tubes droits se jettent dans le rete testis.
Les enveloppes, de l’intérieur vers l’extérieur :
| Enveloppe | Nature / rôle |
|---|---|
| Gaine péritubulaire (membrane propre) | Lame de 3 à 5 µm autour de chaque tube : lame basale, cellules musculaires lisses péritubulaires, fibres de collagène, fibroblastes |
| Tissu interstitiel | Entre les tubes ; contient les cellules de Leydig qui sécrètent la testostérone (à partir du cholestérol) → principale fonction endocrine |
| Albuginée | Enveloppe conjonctive, vascularisée |
| Vaginale | Enveloppe séreuse |
| Scrotum (+ peau) | Maintient une température de 34 °C, indispensable à la spermatogenèse |


Ce schéma unique condense tout le parcours : du tube séminifère (production) au canal déférent (évacuation), en passant par le rete testis et les cônes efférents.
Les tubes séminifères assurent la fonction exocrine (spermatogenèse). Leur épithélium séminifère, pluristratifié, comporte deux types cellulaires :
- les cellules germinales, à évolution centripète (de la périphérie vers la lumière) : spermatogonies → spermatocytes I → spermatocytes II → spermatides → spermatozoïdes ;
- les cellules de Sertoli (somatiques), pyramidales, en une seule couche, de la membrane basale à la lumière.


Les cellules de Sertoli assurent 7 fonctions principales :
| Fonction | Rôle |
|---|---|
| Mécanique | Soutien et cohésion des cellules germinales (charpente) |
| Transport | Progression centripète des germinales ; contrôle qualité |
| Spermiation | Activation du plasminogène pour libérer le spermatozoïde |
| Phagocytose | Élimination des corps résiduels et des germinales anormales |
| Synthèse | Facteurs de contrôle ; protéine de transport ABP (androgènes) |
| Nutrition | Lactate et pyruvate (l’épithélium n’est pas vascularisé) |
| Immunité | Protection des germinales contre les anticorps anti-spermatozoïdes |


Le liquide de la lumière des tubes diffère du sang : cela impose une barrière imperméable entre les compartiments basal et adluminal. Elle est faite de : la paroi des capillaires sanguins et lymphatiques, la gaine péritubulaire, et surtout les cellules de Sertoli reliées par des jonctions serrées à leur base. Ce sont ces jonctions serrées qui sont l’élément clé.
2. Le tractus génital
Après le testicule, les spermatozoïdes empruntent une succession de canaux, dans un ordre à connaître :
| Segment | Épithélium / points clés |
|---|---|
| Rete testis | Réseau de canaux (corps de Highmore = épaississements de l’albuginée) ; épithélium pavimenteux simple |
| Cônes efférents | Épithélium prismatique à 3 types : cellules ciliées, glandulaires, basales ; rôle de transit |
| Épididyme | Canal de 7-8 m ; épithélium prismatique pseudo-stratifié ; tête (résorbe 90 % du fluide, α-glucosidase), corps, queue (stockage) ; maturation et pouvoir fécondant |
| Canal déférent | 40-45 cm ; épithélium prismatique pseudo-stratifié, chorion, musculeuse épaisse à 3 couches ; se termine par l’ampoule déférentielle |
| Canal éjaculateur | Réunion déférent + canal de la vésicule séminale ; c’est là que se forme réellement le sperme ; traverse la prostate |
| Urètre | 3 segments : prostatique, membraneux, spongieux ; épithélium variable (urinaire → cubique stratifié → pavimenteux) ; glandes de Littré |






Tube séminifère → tube droit → rete testis → cônes efférents → épididyme (maturation + stockage dans la queue) → canal déférent → canal éjaculateur (formation du sperme) → urètre. Un seul fil conducteur pour tout retenir.
3. Les glandes annexes et le sperme
| Glande annexe | Histologie et sécrétions |
|---|---|
| Vésicules séminales | Glandes lobulées très sécrétrices (tubes pelotonnés) ; produisent la plus grande part du plasma séminal : pH basique et fructose (50-75 %) |
| Prostate | Organe musculo-glandulaire (~20 g, « châtaigne ») ; ~50 glandes tubulo-alvéolaires en 3 anneaux ; sécrétions acides : phosphates acides, zinc, citrate (15-30 %) |
| Glandes bulbo-urétrales (de Cowper) | S’ouvrent dans l’urètre membraneux ; rôle de lubrification avant l’éjaculation |





Le sperme (éjaculat) associe le liquide séminal (plus de 99 %, des trois glandes) et les spermatozoïdes (moins de 1 %, produits par les tubes séminifères ; spermatogenèse de 74 jours).

Le spermogramme analyse le sperme (base de l’exploration de l’infertilité masculine), réalisé ~30 min après l’éjaculation ; il reflète la production des 2 mois ½ précédents et se réfère aux seuils de normospermie (OMS 2021).

Deux réflexes qui rapportent des points : les vésicules séminales apportent le fructose et un pH basique ; la prostate apporte le zinc, le citrate et un pH acide. Le tableau des anomalies du spermogramme (oligo-, azoo-, asthéno-, nécrospermie…) n’est pas à apprendre selon la fiche.
🧠 À retenir absolument
- Testicule : lobules (cloisons de l’albuginée), tubes séminifères → tube droit → rete testis. Température 34 °C (scrotum).
- Interstitiel : cellules de Leydig → testostérone (endocrine). Épithélium séminifère : germinales (spermatogonie → spermatocyte I → II → spermatide → spermatozoïde) + Sertoli (7 fonctions).
- Barrière hémato-testiculaire : capillaires + gaine péritubulaire + jonctions serrées des cellules de Sertoli.
- Tractus : rete testis → cônes efférents → épididyme (maturation, stockage dans la queue) → déférent → éjaculateur (formation du sperme) → urètre.
- Glandes : vésicules séminales (fructose, pH basique) ; prostate (zinc, pH acide) ; Cowper (lubrification). Sperme = liquide séminal (>99 %) + spermatozoïdes (<1 %), spermatogenèse 74 j.
❓ Questions fréquentes
Quelles cellules produisent la testostérone ?
Les cellules de Leydig, situées dans le tissu interstitiel entre les tubes séminifères. Elles fabriquent la testostérone à partir du cholestérol : c’est la principale fonction endocrine du testicule.
De quoi est composée la barrière hémato-testiculaire ?
De la paroi des capillaires sanguins et lymphatiques, de la gaine péritubulaire des tubes séminifères et, surtout, des cellules de Sertoli reliées entre elles par des jonctions serrées au niveau basal.
Quel est le trajet des spermatozoïdes dans le tractus génital ?
Des tubes séminifères, ils gagnent les tubes droits, le rete testis, les cônes efférents, l’épididyme (maturation et stockage dans la queue), puis le canal déférent, le canal éjaculateur — où se forme le sperme — et enfin l’urètre.
Que sécrètent les vésicules séminales et la prostate ?
Les vésicules séminales produisent la plus grande partie du plasma séminal, riche en fructose et de pH basique ; la prostate sécrète un liquide acide riche en zinc, phosphates acides et citrate.
Qu’évalue un spermogramme ?
C’est l’analyse du sperme qui constitue la base de l’exploration de l’infertilité masculine. Réalisé environ 30 minutes après l’éjaculation, il reflète la production des deux mois et demi précédents, comparée aux seuils de normospermie.
🚀 Pour aller plus loin
Cette synthèse renvoie aux cours qui développent en détail l’anatomie et la physiologie de l’appareil masculin.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.