Durée estimée : 10 min Niveau : Terminale spé SVT Position : Topic 4 — Lesson 4.4

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Expliquer pourquoi les gamètes recombinés sont moins nombreux que les gamètes parentaux dans le test cross sur gènes liés
  • Comprendre que le crossing-over est un événement rare à une position donnée du chromosome
  • Établir la relation entre la distance entre deux gènes liés et la fréquence de recombinaison observée
  • Introduire la notion de cartographie génétique par fréquence de recombinaison

1. La question quantitative

Dans la Lesson 4.3, nous avons identifié le crossing-over comme mécanisme à l’origine des gamètes recombinés. Mais une observation reste à expliquer : pourquoi les recombinés sont-ils en si faible proportion ? Dans l’exemple typique du couple b/vg, on observe environ 8 % de chaque recombiné, contre 42 % de chaque parental. Si le crossing-over existait à chaque méiose et au même endroit, on devrait observer beaucoup plus de recombinés.

La réponse tient en une phrase simple, mais cruciale :

Le crossing-over est un événement rare à une position précise du chromosome. Toutes les méioses ne donnent pas lieu à un crossing-over entre deux gènes donnés. La majorité des méioses produisent encore les gamètes parentaux intacts ; seule une minorité produit des gamètes recombinés.

2. Comment se distribuent les méioses ?

Imaginons une population de 100 cellules-mères F1 réalisant chacune une méiose. Pour le couple b/vg dont la fréquence de recombinaison est de 16 % (8 % pour chaque type de recombiné) :

  • Environ 84 méioses ne donnent pas de crossing-over entre b et vg. Chacune produit 4 gamètes parentaux, soit au total 336 gamètes parentaux (84 × 4 / 2 pour chaque type, soit 168 (b⁺ vg⁺) + 168 (b vg))
  • Environ 16 méioses donnent un crossing-over entre b et vg. Chacune produit 2 gamètes parentaux et 2 gamètes recombinés, soit au total 32 gamètes parentaux supplémentaires et 32 gamètes recombinés

Au total sur les 400 gamètes produits : 336 + 32 = 368 parentaux (92 %) et 32 recombinés (8 %). On retrouve bien l’ordre de grandeur observé en TP.

Le crossing-over n’est pas un événement rare en soi — il survient en moyenne à plusieurs reprises par chromosome dans chaque méiose. Ce qui est rare, c’est qu’il survienne entre deux locus particuliers, par exemple entre b et vg. Plus le segment de chromosome entre deux gènes est court, moins il y a de chances qu’un crossing-over y survienne.

3. Le lien entre distance et fréquence de recombinaison

De cette logique découle la relation fondamentale de la cartographie génétique établie par Morgan :

La fréquence de recombinaison entre deux gènes liés est proportionnelle à la distance qui les sépare sur le chromosome. Plus les gènes sont éloignés, plus la fréquence de recombinaison est élevée (jusqu’à un plateau autour de 50 % pour des gènes très éloignés, qui se comportent alors comme s’ils étaient indépendants).

Cette relation permet de cartographier les gènes sur les chromosomes uniquement à partir des comptages F2. L’unité est le centiMorgan (cM) : deux gènes séparés par 1 cM donnent 1 % de descendants recombinés en moyenne.

Quelques exemples concrets de distances génétiques chez la drosophile :

Couple de gènes Fréquence de recombinaison observée Distance approximative
black (b) — vestigial (vg) ~16 % ~16 cM
vestigial (vg) — cinnabar (cn) ~9 % ~9 cM
brown (bw) — vestigial (vg) ~37 % ~37 cM (gènes très éloignés sur le même chromosome)
Figure 1. Carte génétique de la drosophile : gène vestigial en position II, 67 ; gène Brown II, 105 et gène ebony III, 70.7.
Image située dans le domaine public. Utilisable sans restriction.

4. Application en ECE

En ECE de Terminale, un exercice classique consiste à :

  • Donner les comptages F2 d’un test cross sur gènes liés
  • Demander à l’élève de calculer les proportions observées
  • Identifier les phénotypes parentaux (majoritaires) et recombinés (minoritaires)
  • Calculer la fréquence de recombinaison = (effectif recombinés) / (effectif total)
  • En déduire la distance entre les deux gènes en cM
  • Comparer à d’autres données pour positionner relativement plusieurs gènes
 

Ce qu’il faut retenir

  • Les recombinés sont moins nombreux que les parentaux car le crossing-over à une position donnée du chromosome est un événement rare
  • Toutes les méioses ne produisent pas un crossing-over entre les deux gènes étudiés
  • La fréquence de recombinaison est proportionnelle à la distance entre les deux gènes liés
  • Unité : le centiMorgan (1 cM = 1 % de recombinés en moyenne)
  • Cette logique fonde la cartographie génétique et est utilisée en ECE pour positionner les gènes

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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