Durée estimée : 15 min Niveau : Terminale spé SVT Position : Topic 2 — Lesson 2.2

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Comprendre que la répartition des chromosomes homologues en métaphase I est aléatoire
  • Démontrer, à partir d’un exemple à 4 chromosomes (deux paires d’homologues), que plusieurs combinaisons de gamètes sont possibles
  • Quantifier le nombre de combinaisons en fonction du nombre de paires de chromosomes
  • Saisir que c’est ce mécanisme qui ouvre la porte aux brassages génétiques étudiés dans le Topic 3

1. Un exemple à 4 chromosomes

Pour comprendre concrètement comment la méiose crée la diversité, partons d’une cellule-mère simplifiée qui possède seulement 4 chromosomes, organisés en 2 paires d’homologues. Pour les distinguer visuellement, donnons-leur des couleurs et des tailles :

  • Paire 1 (chromosomes longs) : un grand chromosome bleu et son homologue, le grand chromosome rouge
  • Paire 2 (chromosomes courts) : un petit chromosome vert et son homologue, le petit chromosome gris

Dans la nature, dans chaque paire, l’un des chromosomes vient du parent paternel et l’autre du parent maternel. Bleu et rouge sont donc deux versions du même chromosome (de même taille, portant les mêmes gènes, mais pas forcément les mêmes allèles). Idem pour vert et gris.

Cellule-mère 2n=4 avec deux paires de chromosomes homologues : grand bleu / grand rouge et petit vert / petit gris
Figure 1. Cellule-mère 2n=4 avant la méiose : deux paires de chromosomes homologues.

2. L’étape clé : la métaphase I

Au cours de la métaphase I, les paires de chromosomes homologues (les bivalents) s’alignent à l’équateur de la cellule. L’orientation de chaque paire est indépendante de celle des autres paires, et elle est totalement aléatoire.

Pour notre cellule à 2 paires, deux configurations équiprobables sont possibles à la métaphase I :

Configuration A

  • Côté gauche de la cellule : grand bleu + petit vert
  • Côté droit de la cellule : grand rouge + petit gris

Configuration B

  • Côté gauche de la cellule : grand bleu + petit gris
  • Côté droit de la cellule : grand rouge + petit vert
Comparaison des deux configurations équiprobables à la métaphase I : bleu/vert + rouge/gris versus bleu/gris + rouge/vert
Figure 2. Les deux configurations équiprobables à la métaphase I. Chaque cellule-mère choisit l’une OU l’autre, au hasard.

Chacune des deux configurations a une probabilité de 50 % de se produire. Aucune n’est privilégiée : tout dépend de l’orientation aléatoire des bivalents au moment de leur capture par les fibres du fuseau mitotique.

3. Les gamètes produits

Une fois la méiose I terminée puis la méiose II achevée, on obtient à partir d’une cellule-mère quatre gamètes. Selon la configuration choisie en métaphase I, ce sont des gamètes différents qui sont produits.

Si la cellule-mère a choisi la configuration A

Les gamètes produits portent soit la combinaison grand bleu + petit vert, soit la combinaison grand rouge + petit gris.

Si la cellule-mère a choisi la configuration B

Les gamètes produits portent soit la combinaison grand bleu + petit gris, soit la combinaison grand rouge + petit vert.

Synthèse

À l’échelle d’une population de cellules-mères (un testicule ou un ovaire compte des milliers de cellules en méiose simultanément), les quatre types de combinaisons coexistent en proportions égales :

Type de gamète Composition Probabilité
Gamète 1 grand bleu + petit vert 25 %
Gamète 2 grand rouge + petit gris 25 %
Gamète 3 grand bleu + petit gris 25 %
Gamète 4 grand rouge + petit vert 25 %

À partir d’une cellule-mère hétérozygote à 2 paires de chromosomes, la méiose produit 4 types de gamètes différents, en proportions égales. C’est l’origine du brassage interchromosomique, étudié dans le Topic 3.

4. Généralisation

Le raisonnement se généralise immédiatement. Pour une cellule-mère à n paires de chromosomes, le nombre de combinaisons possibles de gamètes est :

2n combinaisons

Quelques exemples concrets :

  • 2 paires (cas étudié ici) → 22 = 4 combinaisons
  • 4 paires (cas de la drosophile, Drosophila melanogaster) → 24 = 16 combinaisons
  • 10 paires (cas du maïs) → 210 = 1 024 combinaisons
  • 23 paires (cas de l’humain) → 223 ≈ 8,4 millions de combinaisons

Et ce chiffre n’inclut que le brassage interchromosomique ! Avec le brassage intrachromosomique (crossing-over, Topic 3) et la fécondation aléatoire entre deux gamètes (Topic 4), la diversité génétique devient pratiquement infinie.

Ce qu’il faut retenir

  • À la métaphase I, l’orientation de chaque paire de chromosomes homologues est aléatoire et indépendante de celle des autres paires
  • Pour une cellule à n paires de chromosomes, la méiose peut produire 2n combinaisons de gamètes différentes (côté interchromosomique)
  • Chez l’humain (n = 23) : 223 ≈ 8,4 millions de combinaisons. Et ce n’est que la première source de diversité.
  • Ce mécanisme est appelé brassage interchromosomique et sera étudié en détail dans le Topic 3.

Sources et programme :

  • Programme officiel BO Terminale spé SVT, sous-thème 1A — Licence Etalab.
  • Mendel, G. (1866). Versuche über Pflanzen-Hybriden. Réinterprétation moderne : ce mécanisme cellulaire explique sa « 2ᵉ loi » (ségrégation indépendante des caractères).

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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