Chapitre 20 — Ostéologie et arthrologie du membre supérieur · Topic 1 : La ceinture scapulaire et le bras · Leçon 1.2
La scapula est un os déroutant : quasiment plat et mince, il ne touche presque rien et flotte sur le gril costal. Toute sa description tient pourtant dans une formule tenace : trois bords, trois angles, deux faces et une cavité. Apprends-la, et tu ne peux plus te perdre.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- décrire l’aspect de la scapula et la situer par rapport au rachis ;
- nommer les trois bords et les reliefs du bord supérieur (incisure scapulaire, processus coracoïde) ;
- énumérer les trois angles et ce que porte chacun ;
- opposer la face antérieure et la face postérieure (épine, acromion, deux fosses) ;
- détailler la cavité glénoïdale et les quatre reliefs qui l’entourent.
🧭 Plan de la leçon
- Aspect et situation
- Les trois bords
- Les trois angles
- Les deux faces et leurs reliefs
- La cavité glénoïdale
1. Aspect et situation
- C’est un os quasiment plat, mince, triangulaire et légèrement concave en avant.
- Elle est formée de trois bords, trois angles, deux faces et une cavité.
- Son angle inférieur (ou pointe) se projette au niveau de la vertèbre T7.
C’est le squelette du plan de la leçon, et la première chose que l’on te demandera de réciter. La concavité antérieure n’est pas un détail décoratif : elle épouse la convexité du gril costal et permet à la scapula de glisser dessus (espace scapulo-thoracique, vu en leçon 1.1).
2. Les trois bords
| Bord | Autre nom | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Bord médial | Spinal | — |
| Bord latéral | Axillaire | Très épais et solide → « pilier de la scapula » ; il porte la cavité glénoïdale dans sa partie supérieure |
| Bord supérieur | Cervical | Deux reliefs non palpables : l’incisure scapulaire et le processus coracoïde |
L’incisure scapulaire se trouve entre le processus coracoïde et le reste du bord supérieur. Elle sert au passage des vaisseaux supra-scapulaires.
Les vaisseaux supra-scapulaires peuvent se retrouver comprimés au niveau de l’incisure scapulaire, notamment en cas de mauvaise technique chez les joueurs de tennis. Un défilé osseux étroit + un geste répété = un conflit : c’est un schéma que tu retrouveras partout en anatomie.
Le processus coracoïde, lui, a une forme de doigt fléchi vers l’avant, juste sous la clavicule. Il se retrouve au-dessus et en avant de la cavité glénoïdale, et comporte une partie verticale et une partie horizontale servant d’insertion musculaire.
3. Les trois angles
| Angle | Ce qu’il porte |
|---|---|
| Angle supéro-latéral | La cavité glénoïdale (ou glène), pour s’articuler avec la tête de l’humérus |
| Angle supéro-médial | Insertion du muscle élévateur de la scapula |
| Angle inférieur (ou pointe) | Se projette au niveau de la vertèbre T7 |
Deux repères vertébraux voisins se ressemblent et se confondent facilement (chapitre 6) : l’épine de la scapula répond à T3, l’angle inférieur de la scapula répond à T7. L’un est un relief transversal en haut du dos, l’autre est la pointe de l’os.
4. Les deux faces et leurs reliefs

La face antérieure (ou fosse subscapulaire) est concave et très fine. Elle n’est pas directement en contact avec les côtes, pour pouvoir se déplacer, et elle donne insertion au muscle subscapulaire.
La face postérieure présente plusieurs reliefs.
- L’épine : c’est une saillie osseuse presque horizontale, sur toute la largeur de la face postérieure. Elle se prolonge latéralement par l’acromion et divise la face postérieure en deux parties inégales :
- la fosse supra-épineuse, occupant le tiers supérieur ;
- la fosse infra-épineuse, occupant les deux tiers inférieurs.
- L’acromion : c’est un gros relief osseux palpable, prolongeant l’épine vers le dehors et l’avant. Il surplombe l’articulation gléno-humérale et sa face médiale s’articule avec la clavicule.

Un seul relief structure toute la face postérieure : l’épine. Elle partage l’os en deux fosses de tailles inégales, et c’est ce déséquilibre qu’il faut mémoriser : 1/3 au-dessus, 2/3 en dessous.
En suivant l’épine vers le dehors et l’avant, on arrive naturellement sur l’acromion : le relief que tu palpes au sommet de ton épaule.
5. La cavité glénoïdale
Portée par l’angle supéro-latéral, la cavité glénoïdale (ou glène) est la seule surface articulaire majeure de la scapula.
- Elle a une forme de haricot ou de poire, car elle est plus étroite en haut qu’en bas.
- Elle regarde vers le dehors et l’avant, selon un angle de 20° environ.
- Elle est tapissée de cartilage.
- Elle s’articule avec la tête de l’humérus pour former l’articulation gléno-humérale.
Quatre reliefs l’accompagnent :
| Relief | Situation et rôle |
|---|---|
| Tubercule glénoïdal | Situé tout à fait au centre de la cavité articulaire |
| Tubercule supra-glénoïdien | Encadre la cavité en haut ; insertion du chef long du muscle biceps |
| Tubercule infra-glénoïdien | Encadre la cavité en bas ; insertion du chef long du muscle triceps |
| Incisure spino-glénoïdale (ou échancrure spino-glénoïdienne) | Située entre l’épine et la cavité articulaire |
Un moyen simple de ne plus hésiter : le chef long du biceps, muscle de la face antérieure du bras, part du tubercule supra-glénoïdien ; le chef long du triceps, muscle de la face postérieure, part du tubercule infra-glénoïdien. Retiens surtout que ces deux tendons prennent leur origine sur la scapula, et non sur l’humérus.

La vue latérale est très utilisée en radiologie, car on y distingue bien la cavité glénoïdale au centre, l’épine en arrière, le processus coracoïde en avant et l’écaille de la scapula en bas.
L’écaille désigne la partie plane de la scapula, c’est-à-dire toute sa surface sauf la glène, le col, l’épine, l’acromion et le processus coracoïde. Sache la définir : c’est une question de cours à part entière.
🧠 À retenir absolument
- Scapula : os quasiment plat, mince, triangulaire, légèrement concave en avant ; 3 bords, 3 angles, 2 faces, 1 cavité. Angle inférieur → T7.
- Bords : médial (spinal), latéral (axillaire, « pilier de la scapula », porte la glène en haut), supérieur (cervical) avec incisure scapulaire (vaisseaux supra-scapulaires) et processus coracoïde (doigt fléchi vers l’avant, sous la clavicule).
- Angles : supéro-latéral = cavité glénoïdale ; supéro-médial = élévateur de la scapula ; inférieur = pointe (T7).
- Faces : antérieure = fosse subscapulaire (concave, fine, muscle subscapulaire, pas de contact direct avec les côtes) ; postérieure = épine (→ acromion en dehors et en avant) séparant fosse supra-épineuse (1/3 sup.) et fosse infra-épineuse (2/3 inf.).
- Glène : forme de haricot/poire (plus étroite en haut), regarde en dehors et en avant à 20°, cartilagineuse, articulation gléno-humérale. Tubercule glénoïdal au centre, supra-glénoïdien (chef long du biceps), infra-glénoïdien (chef long du triceps), incisure spino-glénoïdale.
❓ Questions fréquentes
Pourquoi le bord latéral est-il appelé « pilier de la scapula » ?
Parce qu’il est très épais et très solide, contrairement au reste de l’os qui est mince et quasiment plat. C’est lui qui porte la cavité glénoïdale dans sa partie supérieure : il transmet donc les contraintes venues du bras vers le corps de la scapula.
Où passe exactement l’incisure scapulaire ?
Sur le bord supérieur, entre le processus coracoïde et le reste du bord. Elle livre passage aux vaisseaux supra-scapulaires, qui peuvent s’y trouver comprimés, notamment chez les joueurs de tennis ayant une mauvaise technique.
Comment l’épine partage-t-elle la face postérieure ?
En deux parties inégales : la fosse supra-épineuse occupe le tiers supérieur, la fosse infra-épineuse les deux tiers inférieurs. L’épine est presque horizontale et court sur toute la largeur de la face postérieure avant de se prolonger par l’acromion.
Pourquoi la vue en Y est-elle utilisée en radiologie ?
Parce qu’elle sépare bien les repères de la scapula : la cavité glénoïdale apparaît au centre, l’épine en arrière, le processus coracoïde en avant et l’écaille de la scapula en bas. C’est l’incidence de référence pour analyser l’articulation gléno-humérale.
🚀 Pour aller plus loin
La scapula n’est qu’un support d’insertions : en dehors elle reçoit l’humérus, en arrière elle est manœuvrée par les muscles du tronc.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.