Chapitre 20 — Ostéologie et arthrologie du membre supérieur · Topic 1 : La ceinture scapulaire et le bras · Leçon 1.3
L’unique os du bras est l’humérus. Un os long comme un autre… sauf qu’il porte, à ses deux extrémités, deux des surfaces articulaires les plus sollicitées du corps : en haut la tête, qui roule dans la glène ; en bas la trochlée et le capitulum, qui commandent le coude. Entre les deux, une diaphyse creusée par un sillon nerveux qu’on retrouve dans toutes les fractures du bras.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- découper un os long en diaphyse, épiphyses et métaphyses ;
- expliquer l’angle de rétroversion (20°) et l’angle d’inclinaison (130°) ;
- décrire la tête humérale, les deux tubercules et le sillon intertuberculaire ;
- opposer col anatomique et col chirurgical ;
- nommer les trois faces et les trois bords de la diaphyse ;
- détailler l’épiphyse distale : épicondyles, capitulum, trochlée et trois fosses.
🧭 Plan de la leçon
- Aspect général et les deux angles
- L’épiphyse proximale : tête, tubercules et sillon
- Les deux cols
- La diaphyse : trois faces, trois bords
- L’épiphyse distale : reliefs et fosses
1. Aspect général et les deux angles
Comme tout os long, l’humérus possède plusieurs portions :
- un corps allongé appelé « diaphyse » ;
- deux extrémités renflées appelées « épiphyses » (proximale et distale), osseuses et dont seules les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage ;
- deux zones de transition appelées « métaphyses » (proximale et distale).
L’épiphyse proximale appartient à la région de la ceinture scapulaire : elle s’articule avec la glène de la scapula pour former l’articulation gléno-humérale. Elle présente deux angles qu’il faut connaître par cœur :
| Angle | Valeur | Signification |
|---|---|---|
| Angle de rétroversion | 20° | Il déporte le membre supérieur vers l’arrière, pour optimiser la rotation externe du bras |
| Angle d’inclinaison | 130° | C’est l’inclinaison du col anatomique, situé entre l’épiphyse proximale et la diaphyse |

Cette planche met les deux cols l’un sous l’autre : le col anatomique est haut, tout contre la tête ; le col chirurgical est plus bas, sous les tubercules.
Elle montre aussi que l’angle de 130° est bien l’angle du col anatomique, et non celui de la diaphyse : c’est une confusion classique en QCM.
2. L’épiphyse proximale : tête, tubercules et sillon
Elle comporte plusieurs reliefs.
La tête humérale
- C’est un tiers de sphère de 3 cm de rayon.
- Elle regarde en haut, en dedans et en arrière : elle est rétroversée d’environ 20°.
- Elle est recouverte de cartilage pour s’articuler avec la cavité glénoïdale de la scapula.
Les deux tubercules (anc. tubérosités)
Ce sont deux reliefs osseux servant d’insertion à de nombreux muscles :
- le tubercule majeur, en position latérale et principalement postérieure ;
- le tubercule mineur, en position médiale et antérieure.
Le sillon intertuberculaire (anc. gouttière bicipitale)
- Il est situé entre le tubercule mineur et le tubercule majeur.
- Il est composé d’une lèvre latérale, d’une lèvre médiale et d’un fond.
- Il est recouvert par le ligament transverse de l’humérus.
- Il livre passage au tendon du chef long du muscle biceps brachial.
- Il sert aussi d’insertion aux « Trois Grands » : le grand pectoral, le grand dorsal et le grand rond.
Ce moyen mnémotechnique donne l’ordre des trois muscles « Grands » qui s’insèrent dans le sillon intertuberculaire, de latéral à médial : GRAND Pectoral, Dorsal et Rond. Le tendon du chef long du biceps, lui, ne s’y insère pas : il ne fait que le traverser, maintenu en place par le ligament transverse.

La figure lève l’ambiguïté du vocabulaire : « majeur » et « mineur » ne renvoient pas à une position mais à une taille. Pour la position, retiens : majeur = latéral et surtout postérieur, mineur = médial et antérieur.
Entre les deux, la gouttière verticale du sillon intertuberculaire canalise le tendon du chef long du biceps brachial.
3. Les deux cols
| Col | Situation | Solidité |
|---|---|---|
| Col anatomique | Rétrécissement situé entre la tête humérale et la région des tubercules — on peut le considérer comme la base de la tête humérale | Très solide, donc peu impliqué dans les fractures humérales |
| Col chirurgical | Point de fragilité situé entre la région des tubercules et la diaphyse humérale | C’est là que l’os cède |
Le piège est permanent : le col anatomique est le plus haut (juste sous la tête) et le plus solide ; le col chirurgical est le plus bas (sous les tubercules) et le plus fragile. Le nom « chirurgical » te met sur la piste : c’est celui que le chirurgien voit fracturé.
4. La diaphyse : trois faces, trois bords

Elle est triangulaire à la coupe : elle possède donc trois faces et trois bords.
| Face | Ce qu’on y trouve |
|---|---|
| Face postérieure | Marquée par le sillon du nerf radial, qui sépare deux des trois chefs du muscle triceps : le chef latéral au-dessus du sillon, le chef médial en dessous |
| Face antéro-médiale | Insertion de deux muscles : le coraco-brachial en haut, le brachial en bas |
| Face antéro-latérale | À la jonction entre le tiers supérieur et le tiers moyen : la tubérosité deltoïdienne, insertion du muscle deltoïde |
| Bord | Caractéristique |
|---|---|
| Bord antérieur | Il prolonge la lèvre latérale du sillon intertuberculaire |
| Bord médial | Insertion du septum intermusculaire médial |
| Bord latéral | Insertion du septum intermusculaire latéral |
Le sillon du nerf radial creuse la face postérieure de la diaphyse en oblique. Il porte le nom du nerf qu’il accompagne : c’est ce contact intime entre un nerf et l’os qui explique que le nerf radial figure parmi les grands rendez-vous de l’anatomie du bras. Sur les planches, on le repère en vue postérieure, tandis que la tubérosité en « V deltoïdien » se voit en vue antérieure.
5. L’épiphyse distale : reliefs et fosses

Elle appartient à la région du coude et s’articule avec les deux os de l’avant-bras :
- le radius en dehors, pour former l’articulation huméro-radiale ;
- l’ulna en dedans, pour former l’articulation huméro-ulnaire.
Elle présente trois reliefs principaux :
| Relief | Description |
|---|---|
| Épicondyles latéral et médial | Deux gros reliefs quasiment ronds et sous-cutanés ; l’épicondyle médial est bien plus volumineux que le latéral ; ils sont dépourvus de cartilage et servent d’insertion à de nombreux muscles |
| Capitulum (anc. condyle huméral) | Bout de sphère qui s’articule avec le radius latéralement ; décalé vers l’avant, il n’est donc visible qu’en vue antérieure |
| Trochlée | Poulie qui s’articule avec l’ulna médialement ; sa partie médiale est plus basse et plus volumineuse que sa partie latérale ; elle est visible aussi bien en vue antérieure qu’en vue postérieure |
Deux surfaces, deux formes, deux os : la trochlée (poulie) est médiale et répond à l’ulna ; le capitulum (bout de sphère) est latéral et répond au radius. Et une différence de visibilité qui tombe souvent : le capitulum, décalé en avant, disparaît en vue postérieure, alors que la trochlée se voit des deux côtés.
Elle présente aussi trois fosses :
| Fosse | Position | Ce qu’elle accueille |
|---|---|---|
| Fosse radiale | Surmonte le capitulum | La tête du radius, lors de la flexion complète du coude |
| Fosse coronoïdienne | Surmonte la face antérieure de la trochlée | Le processus coronoïde de l’ulna, lors de la flexion complète |
| Fosse olécrânienne | Surmonte la face postérieure de la trochlée | L’olécrâne de l’ulna, lors de l’extension complète |
Les différentes fosses peuvent se combler de tissu fibreux, ce qui entraîne une raideur du coude et une limitation de ses mouvements en flexion/extension. Logique : si le logement est bouché, le relief osseux qui devait s’y encastrer bute, et l’amplitude s’arrête net.
🧠 À retenir absolument
- Humérus = unique os du bras ; os long : diaphyse + 2 épiphyses + 2 métaphyses. Deux angles : rétroversion 20° (optimise la rotation externe) et inclinaison 130° (angle du col anatomique).
- Tête humérale : tiers de sphère, 3 cm de rayon, regarde en haut, en dedans et en arrière (rétroversée de 20°), cartilagineuse → glène.
- Tubercules : majeur latéral et surtout postérieur / mineur médial et antérieur. Entre eux, le sillon intertuberculaire (lèvre latérale + lèvre médiale + fond), couvert par le ligament transverse : tendon du chef long du biceps + insertion des Trois Grands (GRAND Président De la République = Pectoral, Dorsal, Rond, de latéral à médial).
- Cols : anatomique (base de la tête, très solide, peu fracturé) ≠ chirurgical (sous les tubercules, point de fragilité).
- Diaphyse triangulaire : face postérieure (sillon du nerf radial, chef latéral au-dessus / chef médial en dessous), antéro-médiale (coraco-brachial en haut, brachial en bas), antéro-latérale (tubérosité deltoïdienne). Bords : antérieur (lèvre latérale du sillon), médial et latéral (septums intermusculaires).
- Épiphyse distale : épicondyles (médial > latéral, sans cartilage), capitulum (sphère, radius, vue antérieure seulement), trochlée (poulie, ulna, partie médiale plus basse, 2 vues). Fosses : radiale (tête radiale, flexion), coronoïdienne (processus coronoïde, flexion), olécrânienne (olécrâne, extension).
❓ Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le col anatomique et le col chirurgical ?
Le col anatomique est le rétrécissement situé entre la tête humérale et la région des tubercules : c’est la base de la tête, et il est très solide, donc peu impliqué dans les fractures. Le col chirurgical est situé plus bas, entre la région des tubercules et la diaphyse : c’est le point de fragilité de l’os.
Que contient le sillon intertuberculaire ?
Il livre passage au tendon du chef long du muscle biceps brachial, maintenu par le ligament transverse de l’humérus. Il sert aussi d’insertion aux « Trois Grands » : grand pectoral, grand dorsal et grand rond, de latéral à médial.
Comment distinguer la trochlée du capitulum ?
La trochlée est une poulie, médiale, qui s’articule avec l’ulna, et elle est visible aussi bien en vue antérieure qu’en vue postérieure. Le capitulum est un bout de sphère, latéral, qui s’articule avec le radius, et il n’est visible qu’en vue antérieure car il est décalé vers l’avant.
À quoi servent les trois fosses de l’épiphyse distale ?
Elles logent les reliefs de l’avant-bras aux extrêmes de course. En flexion complète, la fosse radiale accueille la tête du radius et la fosse coronoïdienne le processus coronoïde de l’ulna. En extension complète, la fosse olécrânienne accueille l’olécrâne de l’ulna.
🚀 Pour aller plus loin
L’humérus n’est qu’un relais : en haut la scapula, en bas l’avant-bras, et partout des muscles.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.