Chapitre 7 — Les tissus musculaires · Topic 5 : Le tissu musculaire lisse · Leçon 5.3
Le muscle lisse est caméléon : selon l’organe, il prend des aspects très différents et acquiert parfois des fonctions sécrétoires. Cette dernière leçon du module passe en revue les variétés de CML (et leurs cousines) puis l’innervation végétative et le contrôle du tonus.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- distinguer CML viscérales et vasculaires ;
- situer les péricytes ;
- caractériser les cellules myoépithéliales et myo-épithélioïdes ;
- définir le myofibroblaste ;
- décrire l’innervation et le tonus vasculaire.
🧭 Plan de la leçon
- CML viscérales, vasculaires et péricytes
- Cellules apparentées : myoépithéliales, myo-épithélioïdes, myofibroblastes
- L’innervation et le tonus
1. CML viscérales, vasculaires et péricytes





| Type | Caractéristiques |
|---|---|
| CML viscérales | Correspondent au type « général » décrit ; différences considérables selon les localisations. |
| CML vasculaires | Constituent les parois des vaisseaux (artères, artérioles, veines, veinules) ; protéines cytosquelettiques et enzymatiques sensiblement différentes des viscérales. |
Les péricytes entourent les cellules endothéliales de certains capillaires, logés dans un dédoublement de la membrane basale. Ils ont des caractères qui les rapprochent des CML (isoforme d’actine de type muscle lisse) et sont capables de se contracter — d’où leur rôle dans la régulation du débit (rappel du chapitre nerveux : la barrière hémato-encéphalique).
2. Cellules apparentées


| Myoépithéliale | Caractères mixtes épithéliaux + musculaires lisses ; filaments de kératine ET desmine ; entre face basale épithéliale et MB ; se moule sur les acini de glandes exocrines (sudoripares, lacrymales, salivaires, mammaires) ; sa contraction expulse la sécrétion. |
| Myo-épithélioïde | CML différenciée vers une cellule glandulaire endocrine ; contient matériel contractile + vésicules de sécrétion ; dans l’appareil juxtaglomérulaire du rein, sécrète la rénine (→ angiotensine I, contrôle de la pression artérielle). |
| Myofibroblaste | Morphologie intermédiaire CML/fibroblaste ; actine + myosine + filaments de vimentine ET desmine ; rôle dans la cicatrisation et la réparation tissulaire. |
Ne confonds pas : la cellule myoépithéliale (kératine + desmine) est contractile et expulse la sécrétion des glandes exocrines. La cellule myo-épithélioïde est elle-même sécrétoire (endocrine) et libère la rénine dans l’appareil juxtaglomérulaire. La première vide une glande, la seconde EST une glande.
3. L’innervation et le tonus

La contraction des CML ne s’exerce pas sous le contrôle de la volonté. Elle est spontanée, mais modulée par : des régulations nerveuses végétatives, une stimulation hormonale (la vasopressine et surtout l’ocytocine entraînent une contraction) et des modifications locales (notamment l’étirement).
Point clé : les terminaisons nerveuses qui innervent les CML sont des terminaisons nerveuses libres : il n’existe pas de synapse identifiable (contrairement à la plaque motrice du muscle squelettique). La transmission se fait « à distance », en lien avec les varicosités vues au chapitre nerveux.
Le degré de contraction des CML de la paroi des petites artères et artérioles détermine le tonus musculaire lisse. La vasoconstriction réduit le calibre des vaisseaux → augmente les résistances périphériques → élève la pression artérielle. De même, la contraction des CML des voies aériennes provoque une bronchoconstriction. Des molécules paracrines (notamment de l’endothélium) modulent en permanence ce tonus, les unes vasoconstrictrices, les autres vasodilatatrices.
🧠 À retenir absolument
- CML viscérales (type général) / CML vasculaires (parois des vaisseaux, protéines différentes). Péricytes : proches des CML (actine type muscle lisse), contractiles, dans un dédoublement de la MB.
- Myoépithéliale : kératine + desmine, contractile, expulse la sécrétion des glandes exocrines (acini).
- Myo-épithélioïde : sécrétoire endocrine, rénine dans l’appareil juxtaglomérulaire.
- Myofibroblaste : vimentine + desmine, entre CML et fibroblaste, rôle dans la cicatrisation.
- Innervation : involontaire, spontanée, modulée (végétatif, hormones ocytocine/vasopressine, étirement) ; terminaisons libres, pas de synapse ; tonus → pression artérielle et bronchoconstriction.
❓ Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un péricyte ?
C’est une cellule qui entoure les cellules endothéliales de certains capillaires, logée dans un dédoublement de la membrane basale. Il possède une isoforme d’actine de type muscle lisse et peut se contracter : il participe ainsi à la régulation du débit capillaire.
Quelle différence entre cellule myoépithéliale et myo-épithélioïde ?
La cellule myoépithéliale est contractile : moulée sur les acini des glandes exocrines, elle en expulse la sécrétion (filaments de kératine et de desmine). La cellule myo-épithélioïde est sécrétoire endocrine : dans l’appareil juxtaglomérulaire du rein, elle libère la rénine, qui transforme l’angiotensinogène en angiotensine I.
Le muscle lisse a-t-il des plaques motrices ?
Non. Les terminaisons nerveuses qui innervent les cellules musculaires lisses sont des terminaisons libres, sans synapse identifiable. La contraction est involontaire, spontanée, et seulement modulée par le système nerveux végétatif, les hormones et l’étirement.
Comment le muscle lisse influence-t-il la pression artérielle ?
Par le tonus des CML des petites artères et artérioles. Leur contraction (vasoconstriction) réduit le calibre des vaisseaux, ce qui augmente les résistances périphériques et élève la pression artérielle. Des facteurs paracrines de l’endothélium ajustent ce tonus en permanence.
🚀 Pour aller plus loin
Tu viens de terminer le chapitre des tissus musculaires — et le module d’histologie ! Pour consolider, relie ce muscle lisse à ses cousins.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.