Chapitre 7 — Les tissus musculaires · Topic 2 : Le sarcomère et la contraction · Leçon 2.3
Comment un signal électrique à la surface de la cellule devient-il un mouvement au cœur du sarcomère ? C’est le couplage excitation-contraction. Cette leçon décrit les structures impliquées (système T, réticulum sarcoplasmique) puis le rôle clé du calcium et le cycle des ponts actine-myosine.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- citer les constituants extrasarcomériques ;
- définir le système T et la triade ;
- expliquer le rôle du calcium ;
- décrire le cycle des ponts actine-myosine ;
- relier l’ATP à la rigidité cadavérique.
🧭 Plan de la leçon
- Les structures du couplage
- Le rôle déclencheur du calcium
- Le cycle des ponts actine-myosine
1. Les structures du couplage


Entre les myofibrilles, le cytoplasme extrasarcomérique contient : de nombreuses mitochondries (fournissant l’ATP, en files entre les myofibrilles, surtout aux stries Z), un réseau de desmine, le réticulum sarcoplasmique longitudinal (qui entoure chaque myofibrille et stocke le Ca²⁺) et des grains de glycogène (réserve énergétique).
Le système T est un système transversal de tubules, invaginations de la membrane plasmique. Dans le rhabdomyocyte, il pénètre aux jonctions A-I et s’encadre de 2 citernes terminales du réticulum sarcoplasmique : c’est la triade.
Triade = 1 tubule T + 2 citernes terminales du réticulum sarcoplasmique, au niveau des jonctions A-I. Les citernes renferment de nombreux canaux calciques et un Ca²⁺ très concentré. La membrane basale ne s’invagine pas dans le rhabdomyocyte (elle passe en pont au-dessus du tubule). Astuce : le glucose entre dans le myocyte par diffusion facilitée via GLUT1 et GLUT4 (entrée stimulée par insuline, exercice, hypoxie).
Enfin, les costamères (en regard de la strie Z) attachent le cytosquelette (actine, desmine) à la matrice extracellulaire : ce sont des plaques d’adhérence à complexes intégrine-vinculine-taline (non spécifiques) enrichies en dystrophine (spécifique du muscle).
2. Le rôle déclencheur du calcium
La séquence du couplage :
- l’entrée de Na⁺ dépolarise la membrane du myocyte ; la dépolarisation se propage le long du système T ;
- elle est transférée au réticulum sarcoplasmique (via une protéine transmembranaire voltage-dépendante du tubule T) ;
- les canaux calciques voltage-dépendants du réticulum s’ouvrent : le Ca²⁺ est libéré des citernes vers le cytosol (où sa concentration était très basse).
Le Ca²⁺ se fixe sur la troponine C. Cela entraîne la rupture de la liaison troponine I-actine, un léger déplacement de la tropomyosine qui dégage les sites de liaison myosine-actine (jusque-là masqués) : le contact actine-myosine devient possible. Sans calcium, pas de contraction.
3. Le cycle des ponts actine-myosine

Le contact actine-myosine déclenche le cycle qui fait glisser les filaments fins entre les filaments épais :
| Étape | Événement |
|---|---|
| Activation ATPase | Le contact active l’ATPase (actine-dépendante) de la myosine : hydrolyse de l’ATP (→ ADP + énergie) ; fixation de l’actine sur la myosine. |
| Bascule | Le détachement du phosphate libère de l’énergie : rotation de 45° de la tête de myosine → déplacement d’environ 10 nm du filament fin. |
| Ancrage | La libération de l’ADP laisse la tête ancrée à l’actine. |
| Détachement | Une nouvelle molécule d’ATP rompt la liaison actine-myosine, redresse la tête (45°→90°) et reforme un complexe myosine-ATP. |
C’est la fixation d’une nouvelle molécule d’ATP qui détache la myosine de l’actine. Sans ATP, les têtes restent ancrées : c’est la rigidité cadavérique (rigor mortis). En fin de contraction, le Ca²⁺ est repompé vers le réticulum sarcoplasmique par des canaux ATP-dépendants : le muscle se relâche.
La progression des filaments d’actine entre les filaments de myosine entraîne le raccourcissement du sarcomère → de la myofibrille → du muscle. C’est le modèle du glissement des filaments.
🧠 À retenir absolument
- Extrasarcomérique : mitochondries (ATP, aux stries Z), desmine, réticulum sarcoplasmique (stocke Ca²⁺), glycogène.
- Système T = invaginations transversales ; triade = 1 tubule T + 2 citernes terminales aux jonctions A-I (rhabdomyocyte). Glucose par GLUT1/GLUT4.
- Couplage : dépolarisation → système T → réticulum → libération de Ca²⁺ dans le cytosol.
- Ca²⁺ → troponine C → rupture troponine I-actine → la tropomyosine dégage les sites → contact actine-myosine.
- Cycle des ponts (ATPase, rotation 45°/~10 nm, détachement par nouvel ATP) → glissement → raccourcissement. Sans ATP = rigidité cadavérique ; relâchement par repompage du Ca²⁺.
❓ Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une triade ?
Dans le muscle squelettique, c’est l’association d’un tubule du système T avec les deux citernes terminales du réticulum sarcoplasmique qui l’encadrent, au niveau des jonctions A-I. Elle permet de transmettre la dépolarisation de surface jusqu’au stock de calcium.
Quel est le rôle du calcium dans la contraction ?
Le calcium libéré se fixe sur la troponine C. Cela rompt la liaison troponine I-actine et déplace la tropomyosine, ce qui dégage les sites de fixation de la myosine sur l’actine. La contraction est donc strictement dépendante du calcium.
Pourquoi faut-il de l’ATP pour relâcher le muscle ?
C’est la fixation d’une nouvelle molécule d’ATP sur la tête de myosine qui rompt la liaison actine-myosine et redresse la tête. Sans ATP, les têtes restent ancrées à l’actine : c’est la rigidité cadavérique. De plus, le repompage du calcium vers le réticulum est lui aussi ATP-dépendant.
De combien la tête de myosine fait-elle avancer le filament ?
La rotation de 45° de la tête de myosine, libérée par le détachement du phosphate, entraîne un déplacement du filament fin d’environ 10 nanomètres. Répété sur des milliers de têtes, ce glissement raccourcit le sarcomère, donc le muscle.
🚀 Pour aller plus loin
La machinerie contractile est comprise. Voyons maintenant comment elle s’organise dans le muscle strié squelettique.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.