Chapitre 7 — Les tissus musculaires · Topic 4 : Le tissu musculaire cardiaque · Leçon 4.3
Le myocarde n’est pas fait que de cellules contractiles. Certains cardiomyocytes sécrètent des hormones, d’autres commandent le rythme et le conduisent. Cette leçon décrit les trois variétés : contractiles, myoendocrines et cardionectrices.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- distinguer cardiomyocytes ventriculaires et auriculaires ;
- décrire les cellules myoendocrines ;
- expliquer le rôle des peptides natriurétiques ;
- distinguer cellules nodales et de Purkinje ;
- situer le système cardionecteur.
🧭 Plan de la leçon
- Les cardiomyocytes contractiles
- Les cellules myoendocrines
- Les cellules cardionectrices
1. Les cardiomyocytes contractiles

Ce sont les cellules de l’effort mécanique. Il en existe 2 types, qui diffèrent par leur système de tubules :
| Ventriculaires | Auriculaires | |
|---|---|---|
| Tubules T | Oui (système T + réticulum sarcoplasmique) | Non (réticulum sarcoplasmique seul) |
| Source du Ca²⁺ | Ca²⁺ extracellulaire + réticulum | Ca²⁺ extracellulaire (canaux du sarcolemme) |
| Cible du Ca²⁺ | Troponines (isoformes cardiaques) | Troponines (isoformes cardiaques) |
Différence clé avec le squelettique : dans le cardiomyocyte ventriculaire, le système T est en regard de la strie Z (et non des jonctions A-I) et n’organise pas de triade (absence de citernes terminales organisées) : on parle de diade. Les cardiomyocytes auriculaires, eux, n’ont pas de tubules T du tout. Les troponines sont des isoformes spécifiques du cœur.
2. Les cellules myoendocrines

Certains cardiomyocytes ont une fonction endocrine : les cellules myoendocrines. Pauvres en myofibrilles, elles contiennent de nombreuses vésicules de sécrétion denses aux électrons, de part et d’autre du noyau, renfermant les précurseurs des peptides natriurétiques.
Les peptides natriurétiques régulent le volume sanguin et la composition électrolytique. Effets : vasodilatation, baisse de la pression artérielle, diminution du volume sanguin, forte augmentation de la diurèse et de l’élimination urinaire de sodium — par inhibition de la rénine et de l’aldostérone, et de la contraction des cellules musculaires lisses vasculaires.
On a longtemps cru le cœur purement mécanique. Les cellules myoendocrines montrent qu’il est aussi une glande : en cas de surcharge volumique (cœur trop rempli), il libère des peptides natriurétiques qui font baisser la pression et éliminer l’eau et le sodium. C’est un système de protection contre l’hypervolémie.
3. Les cellules cardionectrices

Les cellules cardionectrices sont des cardiomyocytes modifiés qui constituent le système de conduction du myocarde (système cardionecteur). Elles se spécialisent dans l’initiation (cellules nodales) et la conduction (cellules de Purkinje) de l’excitation.
| Cellules nodales | Cellules de Purkinje | |
|---|---|---|
| Rôle | Initiation de l’excitation | Conduction de l’excitation |
| Localisation | Nœud sino-auriculaire (pace-maker), nœud auriculo-ventriculaire, tronc du faisceau de His | Branches du faisceau de His, réseau de Purkinje |
| Taille | Plus petites que les cardiomyocytes banals, fusiformes | Plus volumineuses, parfois binucléées |
| Cytoplasme | Pauvre en myofibrilles, riche en glycogène | Abondant, clair, riche en glycogène et mitochondries, pauvre en myofibrilles |
Ne pas inverser : les cellules nodales (petites, fusiformes, dans le nœud sino-auriculaire) initient le battement — difficiles à distinguer des fibroblastes voisins, sauf à repérer leur striation. Les cellules de Purkinje (grandes, cytoplasme clair) conduisent l’onde à grande vitesse : 2 m/s, soit 4 à 5 fois plus vite que les cardiomyocytes banals.
🧠 À retenir absolument
- Contractiles : ventriculaires (tubules T en regard de la strie Z, diades, pas de triade) / auriculaires (PAS de tubules T) ; troponines à isoformes cardiaques.
- Myoendocrines : pauvres en myofibrilles, vésicules de peptides natriurétiques → vasodilatation, ↓ pression, ↑ diurèse/natriurèse, inhibent rénine/aldostérone.
- Cardionectrices = cardiomyocytes modifiés du système de conduction.
- Nodales : petites, fusiformes ; initient (nœud sino-auriculaire = pace-maker, nœud AV, faisceau de His).
- Purkinje : grandes, parfois binucléées, cytoplasme clair ; conduisent à 2 m/s (4-5× plus vite) ; branches du faisceau de His / réseau de Purkinje.
❓ Questions fréquentes
Quelle différence entre cardiomyocytes ventriculaires et auriculaires ?
Les ventriculaires possèdent un système de tubules T (associé au réticulum sarcoplasmique, sans former de triades mais des diades), tandis que les auriculaires n’ont pas de tubules T. Dans les deux cas, le calcium provient du milieu extracellulaire et agit sur des troponines à isoformes cardiaques.
À quoi servent les peptides natriurétiques ?
Sécrétés par les cellules myoendocrines, ils régulent le volume sanguin et les électrolytes : ils provoquent une vasodilatation, baissent la pression artérielle, augmentent fortement la diurèse et l’élimination du sodium, en inhibant la rénine, l’aldostérone et la contraction des cellules musculaires lisses vasculaires.
Quelle est la différence entre cellules nodales et cellules de Purkinje ?
Les cellules nodales sont petites et fusiformes : elles initient l’excitation (le nœud sino-auriculaire est le pace-maker). Les cellules de Purkinje sont volumineuses, parfois binucléées, à cytoplasme clair : elles conduisent l’excitation très vite (2 m/s, soit 4 à 5 fois plus que les cardiomyocytes banals).
Pourquoi les cellules nodales sont-elles difficiles à reconnaître ?
Parce qu’elles sont petites, fusiformes et enchevêtrées dans un tissu conjonctif dense ; elles ressemblent aux fibroblastes qui les entourent. Un examen attentif révèle toutefois leur striation transversale, qui trahit leur nature de cardiomyocytes modifiés.
🚀 Pour aller plus loin
Reste le troisième muscle, sans stries ni commande volontaire : le muscle lisse.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.