Formation IFSI · Module C — Prévention et promotion de la santé
Formation aide-soignant · Bloc 5 — Travail en équipe pluri-professionnelle · C10, C11

⏱️ Durée : 12 min
🎓 Niveau : IFSI 1re–2e année
📚 Topic : Promotion de la santé et prévention
🔑 Prérequis : Leçon 2-1 — Promotion de la santé et Charte d’Ottawa

On parle souvent de « prévention » comme d’un bloc uniforme — mais les soignants distinguent en réalité quatre niveaux, chacun intervenant à un stade différent de l’histoire naturelle d’une maladie. Savoir situer son action dans ces niveaux est une compétence attendue à l’IFSI et dans l’exercice infirmier.

🎯 Objectifs pédagogiques

  • Définir et distinguer les 4 niveaux de prévention.
  • Donner des exemples concrets pour chaque niveau.
  • Identifier le rôle infirmier à chaque niveau.
  • Expliquer la notion de prévention quaternaire (P4) et son enjeu éthique.

🧭 Plan de la leçon

  1. Prévention primaire
  2. Prévention secondaire
  3. Prévention tertiaire
  4. Prévention quaternaire (P4)
  5. Synthèse et rôle infirmier

1. Prévention primaire

La prévention primaire intervient avant l’apparition de la maladie. Elle vise à réduire l’incidence en agissant sur les facteurs de risque et les déterminants.

Cibles : population générale ou groupes à risque en bonne santé.

Exemples : vaccination, sevrage tabagique, promotion de l’activité physique, alimentation équilibrée, port du préservatif, supplémentation en acide folique chez la femme enceinte, ceinture de sécurité.

Rôle infirmier : éducation pour la santé, vaccination, conseils hygiéno-diététiques, bilans de prévention, participation aux campagnes nationales (Mois sans tabac, Plan national nutrition santé).

2. Prévention secondaire

La prévention secondaire intervient après l’exposition ou aux tout premiers stades asymptomatiques de la maladie. Elle vise à réduire la prévalence par le dépistage précoce.

Cibles : personnes exposées ou porteurs asymptomatiques.

Exemples : dépistage organisé du cancer du sein (mammographie 50–74 ans), dépistage du cancer colorectal (test immunologique), dépistage du VIH, dépistage du diabète gestationnel, frottis cervico-vaginal (dépistage cancer du col).

Rôle infirmier : informer sur les dépistages organisés, orienter, réaliser les prélèvements (frottis, TROD), accompagner les résultats, lutter contre les refus de dépistage.

Attention à ne pas confondre

Dépistage ≠ diagnostic : le dépistage identifie des personnes susceptibles d’avoir une pathologie à un stade précoce — il ne pose pas le diagnostic, qui requiert des examens complémentaires. Un test de dépistage positif n’est pas un diagnostic.

3. Prévention tertiaire

La prévention tertiaire intervient après l’installation de la maladie. Elle vise à réduire les complications, les rechutes, les séquelles et le handicap — et à maintenir la qualité de vie.

Cibles : malades chroniques, personnes en situation de handicap.

Exemples : réhabilitation cardiaque après IDM, kinésithérapie post-AVC, éducation thérapeutique du diabétique (HbA1c, auto-surveillance, pied diabétique), prévention des rechutes en psychiatrie, soins de plaies chroniques.

Rôle infirmier : ETP, suivi infirmier des maladies chroniques, coordination du parcours, prévention des complications (escarre, chute, infection).

4. Prévention quaternaire (P4)

La prévention quaternaire est le niveau le plus récent, formalisé par Marc Jamoulle (1986). Elle vise à protéger le patient des excès médicaux : surdiagnostic, surtraitement, iatrogénie inutile.

Contexte : la médecine moderne peut générer des soins inutiles ou nuisibles — dépistages trop larges, médicalisations de phénomènes normaux (tristesse, vieillissement), poly-médications.

Exemples : ne pas prescrire d’antibiotiques pour une rhinopharyngite virale, déprescription chez le sujet âgé polypathologique, éviter les bilans sanguins répétés sans indication, refuser un scanner injustifié (irradiation).

Rôle infirmier : questionner l’utilité d’un soin avant de l’exécuter, signaler une prescription potentiellement inutile ou nocive, informer le patient de ses droits (consentement, refus de soins), respecter le principe de non-malfaisance.

Notion-clé

La prévention quaternaire est un acte éthique autant que clinique. Elle découle du principe de non-malfaisance (primum non nocere) et s’inscrit dans le mouvement « Choosing wisely » (Choisir avec soin), promu par la HAS en France.

5. Synthèse et rôle infirmier

Niveau Moment d’intervention Objectif Exemple infirmier
Primaire Avant la maladie Réduire l’incidence Vaccination, éducation alimentaire
Secondaire Stade précoce / asymptomatique Réduire la prévalence par dépistage Information sur la mammographie, réalisation de TROD
Tertiaire Maladie installée Réduire complications et séquelles ETP diabète, réhabilitation cardiaque
Quaternaire (P4) Risque de surmédicali­sation Protéger le patient des excès médicaux Questionnement éthique, déprescription

📌 À retenir absolument

  • Primaire : avant la maladie — vaccination, alimentation, tabac → réduire l’incidence.
  • Secondaire : dépistage précoce — mammographie, frottis, dépistage colorectal → réduire la prévalence.
  • Tertiaire : maladie installée — ETP, réhabilitation → réduire complications et séquelles.
  • Quaternaire (P4) : protection contre la surmédicalisation — déprescription, consentement éclairé → principe de non-malfaisance.
  • Dépistage ≠ diagnostic : un test positif ouvre la voie au diagnostic, il ne le constitue pas.

FAQ

L’ETP (éducation thérapeutique du patient) est-elle de la prévention tertiaire ?
Oui, principalement. L’ETP vise à développer les compétences d’auto-soins chez des patients atteints de maladies chroniques — elle réduit les complications et améliore la qualité de vie (prévention tertiaire). Elle a aussi une composante de prévention secondaire quand elle permet un dépistage précoce des complications.

Que signifie ‘Choisir avec soin’ (Choosing wisely) ?
C’est un mouvement international promu en France par la HAS, qui recommande d’éviter les actes médicaux dont la balance bénéfice-risque est négative ou nulle. Il est directement lié à la prévention quaternaire. Les infirmiers peuvent y contribuer en questionnant l’utilité d’un soin avant de l’exécuter.

Sources

  • Jamoulle M. Quaternary Prevention. WONCA, 1986.
  • HAS. Pertinence des soins — Choisir avec soin. has-sante.fr
  • INCa. Dépistage organisé des cancers. e-cancer.fr
  • Référentiel IFSI 2026 — Arrêté du 20 février 2026, UE C.1

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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