Formation IFSI · Module C — Prévention et promotion de la santé
En France, plusieurs milliers de programmes d’ETP sont autorisés par les ARS. L’infirmier y occupe une place centrale — parfois comme coordinateur du programme, parfois comme éducateur principal, toujours comme pivot de la relation patient-équipe. Cette leçon détaille les principaux programmes par pathologie et précise le rôle infirmier concret en ETP.
🎯 Objectifs pédagogiques
- Citer les principales pathologies ayant des programmes d’ETP validés en France.
- Décrire les compétences spécifiques travaillées en ETP diabète, insuffisance cardiaque et asthme.
- Identifier le rôle spécifique de l’infirmier dans un programme d’ETP.
- Expliquer les enjeux de la coordination en ETP.
- Distinguer les formats individuels et collectifs en ETP.
🧭 Plan de la leçon
- Les programmes d’ETP par pathologie
- ETP diabète — compétences clés
- ETP insuffisance cardiaque — compétences clés
- ETP asthme et BPCO — compétences clés
- Rôle infirmier en ETP — coordonnateur et éducateur
1. Les programmes d’ETP par pathologie
En France, les programmes d’ETP les plus développés concernent :
- Diabète (type 1 et 2) — programmes les plus nombreux et les mieux évalués.
- Insuffisance cardiaque — programmes hospitaliers et ambulatoires.
- Asthme et BPCO — école de l’asthme, école de la BPCO.
- Obésité — programmes pluridisciplinaires incluant diététicien, psychologue, kiné.
- Maladies rénales chroniques — préparation à l’épuration extra-rénale.
- VIH/SIDA — observance thérapeutique, prévention de la transmission.
- Maladies inflammatoires chroniques (PR, MICI, lupus).
- Troubles psychiatriques chroniques — schizophrénie, bipolarité, dépression récurrente.
- Maladies rares — coordonnés par les centres de référence maladies rares (CRMR).
2. ETP diabète — compétences clés
L’ETP diabète est la plus développée en France. Les compétences prioritaires travaillées :
- Auto-surveillance glycémique : réaliser une glycémie capillaire, interpréter, décider.
- Hypoglycémie : reconnaître les signes, resucrer correctement, prévenir la récidive.
- Alimentation : glucides, index glycémique, portion, étiquetage alimentaire.
- Activité physique : adapter son activité, gérer la glycémie avant/pendant/après.
- Traitement : technique d’injection d’insuline, sites, rotation, conservation.
- Pied diabétique : inspection quotidienne, chaussage, signalement des plaies.
- Urgences : hyperglycémie, cétose — signes d’alerte et conduite à tenir.
3. ETP insuffisance cardiaque — compétences clés
- Surveillance du poids : pesée quotidienne à heure fixe, seuil d’alerte (+2 kg en 2 jours).
- Régime hyposodé : éviter les aliments salés, lire les étiquettes.
- Observance médicamenteuse : IEC, bêta-bloquants, diurétiques — ne jamais arrêter seul.
- Activité physique adaptée : reconnaître la dyspnée d’effort, le seuil d’alerte.
- Signes d’alerte : œdèmes, orthopnée, dyspnée, prise de poids — conduite à tenir.
- Gestion émotionnelle : dépression fréquente dans l’IC — repérage, ressources.
4. ETP asthme et BPCO — compétences clés
- Technique d’inhalation : maîtrise du dispositif (chambre d’inhalation, turbuhaler, autohaler).
- Plan d’action personnalisé : niveaux de symptômes → conduite à tenir.
- Facteurs déclenchants : identifier et éviter les allergènes, irritants, infections.
- DEP (Débit expiratoire de pointe) : mesure, interprétation, seuils d’alerte (asthme).
- BPCO : réhabilitation respiratoire, sevrage tabagique, gestion de la dyspnée.
5. Rôle infirmier en ETP
L’infirmier peut occuper deux positions complémentaires dans un programme d’ETP :
| Rôle | Missions |
|---|---|
| Coordonnateur du programme | Organiser les séances, coordonner l’équipe, assurer le suivi du patient dans le programme, rédiger les bilans pour l’ARS, assurer la communication avec le médecin traitant. |
| Éducateur (intervenant) | Réaliser les diagnostics éducatifs partagés, animer les séances individuelles et collectives, évaluer les compétences, réajuster les objectifs, soutenir la motivation. |
L’infirmier est souvent le professionnel le plus disponible pour le patient en dehors des consultations médicales — ce qui en fait un acteur clé de la continuité de l’ETP.
- Formation spécifique en ETP (minimum 40h — arrêté 2010).
- Maîtrise des techniques d’entretien motivationnel et d’écoute active.
- Capacité à formuler des objectifs pédagogiques et à évaluer les compétences.
- Connaissances cliniques sur la pathologie concernée.
- Capacité à travailler en équipe pluridisciplinaire.
📌 À retenir absolument
- ETP diabète : auto-surveillance glycémique, hypoglycémie, pied diabétique, technique d’injection.
- ETP insuffisance cardiaque : pesée quotidienne, régime hyposodé, signes d’alerte.
- ETP asthme/BPCO : technique d’inhalation, plan d’action personnalisé, DEP.
- L’infirmier peut être coordonnateur ou éducateur dans un programme d’ETP.
- Formation minimale requise : 40 heures.
Sources
- HAS. Guide méthodologique ETP. 2007 (mis à jour 2014).
- Société Francophone du Diabète (SFD). Recommandations ETP diabète. 2023.
- Société Française de Cardiologie. Guide ETP insuffisance cardiaque. 2022.
- Référentiel IFSI 2026 — Arrêté du 20 février 2026, UE C.1