Formation aide-soignant · Blocs 1 & 2 — Soins de la personne et appréciation clinique · C1, C2, C3, C4, C5

Objectifs pédagogiques

  • Identifier les principaux dispositifs médicaux rencontrés en soins
  • Décrire le rôle de surveillance de l’AS pour chaque dispositif
  • Reconnaître les signes d’alerte à signaler à l’IDE

Plan de la leçon

  1. Qu’est-ce qu’un dispositif médical ?
  2. Cathéters veineux périphériques (KT)
  3. Sondes urinaires
  4. Sondes nasogastriques
  5. Drains et redons
  6. Règles générales de surveillance par l’AS

1. Qu’est-ce qu’un dispositif médical ?

Un dispositif médical (DM) est tout instrument, appareil ou matériel utilisé à des fins médicales (diagnostic, prévention, surveillance ou traitement). En soins courants, l’AS est régulièrement au contact de dispositifs invasifs ou semi-invasifs. Son rôle n’est pas de les manipuler (sauf délégation IDE) mais de les surveiller, protéger et signaler toute anomalie.

Le saviez-vous ?

Les infections liées aux dispositifs intravasculaires sont l’une des premières causes d’infections nosocomiales. Une surveillance rigoureuse du site d’insertion par l’AS contribue directement à réduire ces infections.

2. Cathéters veineux périphériques (KT)

Le cathéter veineux périphérique (ou KT, perfusion) est posé dans une veine superficielle pour administrer des médicaments ou des solutés. C’est le dispositif médical le plus fréquent en service de soins.

Surveillance du cathéter veineux périphérique par l’AS
Ce que l’AS surveille Signes normaux Signes d’alerte → signaler IDE
Site d’insertion Peau intacte, légère rougeur initiale possible Rougeur étendue, gonflement, douleur, chaleur → phlébite / infection
Pansement Propre, sec, adhérent Décollé, souillé, humide
Tubulure / perfusion Débit correct, pas de coudure Débit arrêté, reflux de sang dans la tubulure, fuite
État général du patient Confort habituel Douleur au site, frissons (sepsis), malaise

Attention : l’AS ne manipule pas le KT

L’AS ne branche ni ne débranche une perfusion, ne règle pas le débit, ne passe rien par le KT. Il signale à l’IDE et protège le dispositif lors des soins de nursing (toilette, mobilisation) pour éviter une désinsertion accidentelle.

3. Sondes urinaires

La sonde urinaire à demeure (SAD) est un tube introduit dans la vessie pour drainer les urines. Elle est posée par l’IDE sur prescription médicale.

Surveillance de la sonde urinaire par l’AS
Élément Normal Alerte → signaler IDE
Urines Jaune clair à ambrées, sans odeur forte, flot régulier Hématurie (sang), urines très troubles ou malodorantes, absence de diurèse
Sac collecteur Sous le niveau de la vessie, non posé à terre Sac plein (vider si > ¾), posé au sol (risque contamination)
Sonde Non coudée, fixée sur cuisse, chambre de ballonnet visible Coudure, traction, obstruction, fuite autour de la sonde
Patient Confort habituel Douleur pelvienne, fièvre, brûlures uréthrales

4. Sondes nasogastriques

La sonde nasogastrique (SNG) passe par le nez jusqu’à l’estomac. Elle peut être utilisée pour l’alimentation entérale ou l’évacuation du contenu gastrique.

  • Vérifier que la sonde est bien fixée au nez (sparadrap non décollé)
  • Observer le positionnement : la sonde ne doit pas être coudée ou tirée
  • Signaler si le patient a vomi, si la sonde est sortie partiellement, ou si le patient se plaint de nausées importantes
  • Ne jamais réintroduire une sonde sortie — signaler à l’IDE
  • Lors de la toilette, protéger la sonde et ne pas tirer dessus

5. Drains et redons

Les drains évacuent des épanchements (sang, sérosités, pus) après chirurgie. Le redon est un drain aspiratif souple. L’AS surveille sans manipuler.

  • Quantité : noter le volume et l’aspect du liquide drainé à chaque tour de soin
  • Aspect : sérosités rosées normales → sang rouge vif = alerte immédiate
  • Fixation : le drain est-il bien fixé ? Pas de traction accidentelle
  • Site de sortie : rougeur, gonflement, suintement autour du drain → signaler
  • Ne jamais pincer, clamer ou retirer un drain — rôle IDE ou médecin exclusivement

6. Règles générales de surveillance par l’AS

Quel que soit le dispositif, les principes restent les mêmes :

  • Observer systématiquement lors de chaque soin de nursing
  • Protéger le dispositif lors des mobilisations, toilettes, transferts
  • Ne jamais manipuler sans délégation IDE explicite
  • Signaler immédiatement toute anomalie à l’IDE (verbalement + trace écrite)
  • Tracer les observations dans le dossier de soins (heure, description)

À retenir absolument

  • KT : surveiller rougeur, gonflement, pansement, débit → ne pas manipuler
  • SAD : urines claires en écoulement régulier, sac sous le niveau de la vessie
  • SNG : sonde fixée, ne jamais réintroduire si sortie
  • Drain : noter volume + aspect, sang rouge vif = alerte immédiate
  • Règle universelle : observer, protéger, signaler, tracer

Questions fréquentes

Peut-on vider le sac urinaire d’une SAD sans en informer l’IDE ?

Oui, selon les protocoles de l’établissement, l’AS peut vider le sac collecteur quand il est aux ¾ plein. Il note systématiquement la diurèse (volume urinaire) et l’aspect des urines dans la feuille de surveillance et le dossier de soins. Si les urines sont anormales (sang, troubles importants, absence de diurèse), il signale à l’IDE avant ou en même temps de vider.

Que faire si le patient retire lui-même sa perfusion ?

L’AS protège le site (compression légère si saignement), prévient immédiatement l’IDE, et note l’heure et les circonstances. Il ne replace pas le cathéter — c’est un geste IDE. Il rassure le patient et évalue s’il y a des signes de détresse (malaise, chute de tension) le cas échéant.

Quelle est la différence entre un drain et un redon ?

Un drain évacue passivement par gravité ou différence de pression des épanchements (liquide, sang, pus). Un redon est un drain aspiratif : il contient une ampoule ou un système en dépression qui aspire activement le liquide. Le redon est souvent utilisé après une chirurgie pour éviter l’hématome. L’AS surveille les deux de la même façon — volume, aspect, fixation — sans les manipuler.

Faut-il surveiller les dispositifs médicaux la nuit aussi ?

Oui, la surveillance des dispositifs s’intègre aux tournées nocturnes. La fréquence est définie par le protocole de service et la prescription médicale. En pratique, lors du tour de nuit, l’AS observe rapidement les dispositifs en même temps qu’il s’assure du confort du patient (position, douleur, couverture).

Un patient porte un pansement sur son KT décollé depuis la veille — que fait l’AS ?

Il signale à l’IDE immédiatement. Un pansement décollé sur un KT expose le site d’insertion à la contamination et augmente le risque d’infection. L’IDE évaluera le site, réfèra le pansement stérile ou retirera le KT si nécessaire. L’AS ne remplace pas lui-même le pansement sur le KT sans délégation explicite.

Pour aller plus loin

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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