Chapitre 9 — Les lipides · Topic 3 : Les lipides membranaires · Leçon 3.3
Les lipides ne font pas que constituer la membrane : ils y ancrent des protéines et ils en règlent les propriétés physiques. Cette leçon clôt le topic membranes avec deux points que le professeur juge importants : l’acylation des protéines et la physicochimie des membranes (perméabilité, fluidité, courbure).
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- définir l’acylation des protéines et son but ;
- citer les types de chaînes grasses ajoutées (myristoylation, palmitoylation…) ;
- expliquer ce qui contrôle la perméabilité et la fluidité ;
- relier la composition lipidique à la courbure membranaire.
🧭 Plan de la leçon
- L’acylation des protéines
- La perméabilité et la fluidité
- La variabilité et la courbure
1. L’acylation des protéines
L’acylation des protéines consiste à ajouter une chaîne grasse à une protéine pour permettre son ancrage dans les membranes. Plusieurs types de chaînes peuvent être ajoutées :
| Type de greffe | Détail |
|---|---|
| Acides gras | Acide myristique (C14) → myristoylation ; acide palmitique (C16) → palmitoylation |
| Isoprènes et dérivés | Farnésyl-pyrophosphate et géranylgéranyl-pyrophosphate (ex. protéines Rab) |
| Ancres GPI | GlycosylPhosphatidylInositol (Cf. UE2) |
| Stérols | Ancrage par un stérol |
Les protéines acylées sont distribuées de manière asymétrique dans la bicouche lipidique.

2. La perméabilité et la fluidité
Une membrane biologique sépare deux compartiments aqueux. Les lipides y jouent un rôle majeur pour le contrôle de la perméabilité et de la fluidité :
- la perméabilité dépend de la nature des molécules qui doivent traverser (hydrophobes / hydrophiles) ;
- la fluidité (liée à la température de fusion) dépend de la composition lipidique de la membrane.


Perméabilité ⟵ nature (hydrophobe/hydrophile) des molécules qui traversent. Fluidité ⟵ composition lipidique (AG saturés/insaturés, longueur, cholestérol, sphingomyéline). C’est tout l’enjeu souligné par le prof : les propriétés physico-chimiques des lipides façonnent la membrane.
3. La variabilité et la courbure

Il existe une immense variabilité :
- des conformations lipidiques (AG saturés / insaturés, chaînes plus ou moins longues…) ;
- de la fluidité membranaire (lipides plus ou moins rigides) ;
- de la courbure : certaines combinaisons de lipides sont privilégiées dans l’endocytose et l’exocytose.

Tu retrouves ici tout le Topic 1 : un AG insaturé (coudé) fluidifie la membrane ; un AG saturé ou la sphingomyéline la rigidifient ; le cholestérol (solide, point de fusion élevé) module sa rigidité. La structure de chaque lipide se traduit directement en propriété membranaire.
L’image moderne de la membrane — une bicouche lipidique fluide dans laquelle les protéines « flottent » comme des icebergs — a été proposée en 1972 par Singer et Nicolson : c’est le célèbre modèle de la mosaïque fluide. Plus de 50 ans après, il reste le cadre de référence pour comprendre les membranes.
Acylation : ajout d’une chaîne grasse (AG → myristoylation/palmitoylation, isoprènes, GPI, stérols) pour ancrer les protéines (répartition asymétrique). Perméabilité ← nature des molécules ; fluidité et courbure ← composition lipidique.
🧠 À retenir absolument
- Acylation des protéines = ajout d’une chaîne grasse pour ancrer la protéine dans la membrane (répartition asymétrique).
- Types : myristoylation (C14), palmitoylation (C16) ; isoprènes (farnésyl, géranylgéranyl ; ex. Rab) ; ancres GPI ; stérols.
- Perméabilité ← nature (hydrophobe/hydrophile) des molécules à traverser.
- Fluidité ← composition lipidique (saturés/insaturés, longueur, cholestérol, sphingomyéline).
- La composition lipidique module aussi la courbure (endocytose, exocytose). Modèle de la mosaïque fluide (1972).
❓ Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’acylation des protéines ?
C’est l’ajout d’une chaîne grasse à une protéine, qui permet son ancrage dans la membrane. Les protéines acylées sont réparties de façon asymétrique dans la bicouche.
Quels types de chaînes peut-on greffer sur une protéine ?
Des acides gras (acide myristique en C14 : myristoylation ; acide palmitique en C16 : palmitoylation), des isoprènes et leurs dérivés (farnésyl-pyrophosphate, géranylgéranyl-pyrophosphate, par exemple sur les protéines Rab), des ancres GPI (glycosylphosphatidylinositol) ou des stérols.
De quoi dépend la perméabilité d’une membrane ?
De la nature des molécules qui doivent la traverser : les molécules hydrophobes passent facilement la bicouche, les molécules hydrophiles beaucoup moins. C’est le caractère hydrophobe/hydrophile qui gouverne la perméabilité.
De quoi dépend la fluidité d’une membrane ?
De sa composition lipidique. Les acides gras insaturés (coudés) la fluidifient, tandis que les acides gras saturés, la sphingomyéline et le cholestérol la rigidifient. La température de fusion de l’ensemble dépend donc des lipides présents.
Qu’est-ce que le modèle de la mosaïque fluide ?
C’est le modèle proposé par Singer et Nicolson en 1972 : la membrane est une bicouche lipidique fluide dans laquelle les protéines sont insérées et peuvent se déplacer. La composition lipidique en règle la fluidité et la courbure (utile à l’endocytose et à l’exocytose).
🚀 Pour aller plus loin
Réserve, membranes… et la troisième fonction des lipides : la signalisation.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.