Chapitre 6 — Le tissu nerveux · Topic 3 : Le système nerveux central · Leçon 3.2
Après les astrocytes, voici les trois autres cellules gliales du SNC : les oligodendrocytes (qui fabriquent la myéline centrale), les cellules microgliales (les macrophages du cerveau) et les épendymocytes (qui tapissent les cavités). Cette leçon détaille leur structure et leurs rôles.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- distinguer oligodendrocytes périneuronal et interfasciculaire ;
- décrire la myéline du SNC (PLP, MBP, MAG) ;
- expliquer l’intérêt de la myélinisation ;
- caractériser la microglie ;
- décrire les épendymocytes.
🧭 Plan de la leçon
- Les oligodendrocytes
- La myéline du SNC
- Microglie et épendymocytes
1. Les oligodendrocytes



L’oligodendrocyte a un corps cellulaire de petit volume d’où partent quelques prolongements (une quarantaine), plus fins et moins nombreux que ceux des astrocytes. On distingue deux types selon la fonction :
| Type | Localisation | Myéline |
|---|---|---|
| Périneuronal (satellite) | Substance grise uniquement, au contact du corps cellulaire du neurone | NON myélinisant — rôle neurotrophique et neuroprotecteur |
| Interfasciculaire | Surtout substance blanche (un peu en substance grise) | MYÉLINISANT — forme la myéline des axones |
Piège central : l’oligodendrocyte interfasciculaire envoie en moyenne une quarantaine de prolongements qui myélinisent plusieurs axones à la fois. C’est l’inverse de la cellule de Schwann (SNP), qui ne myélinise qu’un seul axone. Chaque segment myélinisé est un internode, séparé du suivant par un nœud de Ranvier dépourvu de myéline.
2. La myéline du SNC


La myéline résulte de l’enroulement spiralé des prolongements oligodendrocytaires autour de l’axone, en couches successives accolées. En microscopie électronique, elle apparaît lamellaire et périodique :
L’alternance régulière comprend :
- les lignes denses majeures (périodiques) = fusion des faces internes des membranes ;
- les bandes claires (intrapériodiques), divisées par les lignes denses mineures = fusion des faces externes des membranes.
La composition chimique de la myéline est particulière, à l’inverse des autres membranes : 70 % de lipides (cholestérol, phospholipides, glycolipides) et 30 % de protéines. Cette richesse en lipides exclut l’eau et les ions : c’est un excellent isolant électrique.
| Protéine | Rôle |
|---|---|
| PLP (ProteoLipid Protein) | La plus abondante : cohésion des lignes denses mineures (face externe) |
| MBP (Myelin Basic Protein) | Compaction de la ligne dense majeure (face interne) |
| MAG (Myelin Associated Glycoprotein) | Interaction axone–oligodendrocyte (myéline non compacte) |
Vitesse : la conduction est saltatoire (de nœud en nœud, où sont concentrés les canaux Na⁺), donc bien plus rapide. Économie d’énergie : l’excitation active n’a lieu qu’aux petits nœuds de Ranvier. Économie d’espace : à vitesse égale, une fibre myélinisée est plus fine qu’une fibre nue. La vitesse augmente avec le diamètre de l’axone, l’épaisseur de la gaine et la longueur des internodes.
La sclérose en plaques est une maladie démyélinisante : la perte de myéline crée des plages de démyélinisation qui ralentissent ou bloquent la conduction. Plus rarement, une mutation de la PLP (principale protéine de la myéline) atteint la gaine.
3. Microglie et épendymocytes



a. Les cellules microgliales
Elles représentent 5 à 20 % des cellules du SNC, présentes partout mais surtout dans la substance grise. Elles appartiennent au système des monocytes/macrophages : ce sont les cellules immunocompétentes du SNC.
Contrairement aux trois autres glies, la microglie dérive de la lignée monocyte/macrophage. Elle a des propriétés de phagocytose et présente des antigènes. Une fois activée, elle se transforme en macrophage et sécrète de nombreuses molécules.
b. Les épendymocytes
Les épendymocytes tapissent les cavités ventriculaires du SNC : ils forment un pseudo-épithélium cubique ou prismatique simple cilié.
Leur morphologie : un pôle apical cilié avec des microvillosités entre les cils ; un pôle basal émettant un prolongement qui s’enchevêtre avec les prolongements astrocytaires sous-épendymaires, sans lame basale. Les faces latérales sont reliées par des zonula adhaerens et de nombreuses jonctions communicantes.
Les épendymocytes n’ont pas de zonula occludens (jonctions serrées), sauf dans quelques régions comme l’hypothalamus. Ils règlent les mouvements d’eau entre le LCR (liquide céphalo-rachidien) et le compartiment extracellulaire du SNC. Ils sont au contact des cellules souches neurales (couche sous-épendymaire).
🧠 À retenir absolument
- Oligodendrocyte périneuronal : substance grise, NON myélinisant (neurotrophique). Interfasciculaire : substance blanche, MYÉLINISANT.
- Un oligodendrocyte myélinise plusieurs axones (≈40 prolongements) ≠ cellule de Schwann (1 seul axone, SNP).
- Myéline SNC : 70 % lipides / 30 % protéines (PLP ligne dense mineure, MBP ligne dense majeure, MAG) ; isolant électrique.
- Myélinisation = vitesse (saltatoire), économie d’énergie, économie d’espace. Sclérose en plaques = démyélinisation.
- Microglie : 5-20 %, origine monocyte/macrophage, immunocompétente. Épendymocytes : pseudo-épithélium cilié, pas de zonula occludens, contact LCR et cellules souches.
❓ Questions fréquentes
Quelle différence entre oligodendrocyte et cellule de Schwann ?
Les deux fabriquent la myéline, mais l’oligodendrocyte est dans le SNC et myélinise plusieurs axones à la fois (une quarantaine de prolongements) ; la cellule de Schwann est dans le SNP et ne myélinise qu’un seul axone. C’est un piège fréquent au concours.
À quoi servent PLP, MBP et MAG ?
Ce sont les principales protéines de la myéline centrale (30 % de protéines). La PLP, la plus abondante, assure la cohésion des lignes denses mineures (face externe) ; la MBP compacte la ligne dense majeure (face interne) ; la MAG intervient dans l’interaction axone-oligodendrocyte.
La microglie est-elle une vraie cellule gliale ?
On la classe parmi les quatre cellules gliales, mais elle a une origine particulière : elle dérive de la lignée monocyte/macrophage, pas du tissu nerveux. C’est la cellule immunocompétente du SNC, capable de phagocytose et de présentation d’antigènes.
Les épendymocytes ont-ils des jonctions serrées ?
En règle générale non : ils sont reliés par des zonula adhaerens et des jonctions communicantes, mais pas par des zonula occludens (sauf quelques régions comme l’hypothalamus). C’est pourquoi ils règlent les mouvements d’eau entre le LCR et le SNC.
🚀 Pour aller plus loin
Il reste à voir les capillaires, la matrice et l’organisation du parenchyme en substance grise et blanche.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.