Contenu du cours
Glycémie et histoire des découvertes
Glycémie normale à jeun : 0,7-1,1 g/L. Histoire jalonnée par Claude Bernard (foie glycogénique, 1850), Minkowski (rôle pancréas, 1889), Banting-Best (insuline 1921, Nobel 1923). Évolution : insuline animale → recombinante → pancréas artificiel (2020).
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Le pancréas endocrine
Pancréas = glande mixte. Îlots de Langerhans (~1 million) contiennent cellules β (70 %, insuline hypoglycémiante) et α (20 %, glucagon hyperglycémiant). Insuline (51 AA) agit sur foie/muscles/tissu adipeux. Glucagon (29 AA) agit principalement sur le foie.
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Régulation hormonale et organes cibles
Foie central : glycogénogenèse + glycogénolyse + néoglucogenèse. Muscles : GLUT4 insulino-dépendant, glycogène interne. Tissu adipeux : lipogenèse/lipolyse. Cerveau indépendant (GLUT1/3). Boucle rétrocontrôle négatif : hyperglycémie → insuline → stockage ; hypoglycémie → glucagon → libération.
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Diabètes et santé
DT1 : auto-immune (10 %), carence insuline, 3 P + amaigrissement, acidocétose. Insulinothérapie à vie. DT2 : insulinorésistance (90 %), épidémie mondiale, ~80 % évitables. Complications : glycation des protéines → rétinopathie, néphropathie, neuropathie, infarctus.
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La régulation de la glycémie
Durée estimée : 14 min Niveau : Terminale spé SVT Position : Topic 4 — Leçon 4.2

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Décrire l’insulinorésistance
  • Identifier les facteurs de risque du DT2
  • Comprendre la progression de la maladie
  • Mobiliser les traitements et la prévention

1. Définition du DT2

Le diabète de type 2 (DT2) est caractérisé par une insulinorésistance (les cellules cibles répondent mal à l\\\’insuline) associée à un déficit relatif de sécrétion d\\\’insuline. Les cellules β fonctionnent mais ne peuvent pas suivre la demande accrue.

Représente ~90 % des diabètes (vs 10 % pour le DT1). Maladie en pleine expansion : ~500 millions de cas dans le monde, prévision >700 millions en 2045. Épidémie mondiale.

2. Insulinorésistance : qu’est-ce que c’est ?

L’insulinorésistance est une diminution de la sensibilité des cellules cibles (foie, muscles, tissu adipeux) à l’insuline. Mécanismes :

  • Défaillance de la signalisation intracellulaire après fixation de l’insuline sur son récepteur (cascade IRS-PI3K-Akt altérée)
  • Translocation défaillante de GLUT4 dans muscles et tissu adipeux
  • Production hépatique de glucose non freinée par l’insuline
  • Inflammation chronique du tissu adipeux qui aggrave le tout

Conséquence : même avec une insuline normale ou élevée, la glycémie ne baisse pas correctement. Les cellules β compensent en sécrétant plus d’insuline → hyperinsulinémie, qui finit par épuiser les cellules β → déficit relatif.

3. Facteurs de risque

Facteurs modifiables (sur lesquels on peut agir) :

  • Surpoids et obésité (surtout abdominale) : facteur principal
  • Sédentarité : manque d\\\’activité physique
  • Alimentation déséquilibrée : excès de sucres rapides, graisses saturées, aliments ultra-transformés
  • Stress chronique (cortisol)
  • Sommeil insuffisant

Facteurs non modifiables :

  • Âge : >40 ans (mais de plus en plus de jeunes touchés)
  • Antécédents familiaux : forte composante génétique (héritabilité ~50 %)
  • Ethnicité : plus fréquent chez certaines populations
  • Antécédents de diabète gestationnel

4. Progression de la maladie

Le DT2 évolue en plusieurs phases sur des années, souvent silencieusement :

  1. Insulinorésistance sans diabète : glycémie normale grâce à l’hyperinsulinémie compensatrice. Pas de symptômes. Peut durer 5-15 ans.
  2. Prédiabète : glycémie à jeun entre 1,1 et 1,26 g/L ou HbA1c entre 5,7 et 6,4 %. Stade réversible avec hygiène de vie.
  3. Diabète installé : glycémie ≥ 1,26 g/L à jeun, HbA1c ≥ 6,5 %. Souvent diagnostiqué fortuitement (bilan).
  4. Diabète évolué : épuisement progressif des cellules β → besoin de plus en plus de médicaments, voire d’insuline.

5. Symptômes (souvent absents)

Contrairement au DT1, le DT2 est souvent silencieux pendant des années. Quand symptômes apparaissent :

  • 3 P modérés (polyurie, polydipsie, polyphagie)
  • Fatigue chronique
  • Infections récurrentes (mycoses, infections urinaires)
  • Cicatrisation lente
  • Pas d’amaigrissement (souvent surpoids)

D’où l’importance du dépistage : prise de sang régulière chez les sujets à risque (>40 ans, surpoids, antécédents familiaux).

6. Traitements du DT2

Le traitement repose sur une cascade :

  1. Hygiène de vie (toujours premier) : alimentation équilibrée, activité physique régulière, perte de poids si surpoids, arrêt du tabac
  2. Antidiabétiques oraux : metformine (1ʳᵉ ligne, diminue la production hépatique de glucose), gliclazide (stimule cellules β), inhibiteurs SGLT2 (perte urinaire de glucose)
  3. Agonistes du GLP-1 (Ozempic, Trulicity) : médicaments révolutionnaires, perte de poids associée. Injection hebdomadaire.
  4. Insulinothérapie : en dernier recours, quand les autres traitements ne suffisent plus

7. Les médicaments révolutionnaires : agonistes GLP-1

Les agonistes du GLP-1 (Ozempic, Trulicity, Mounjaro) sont une révolution récente :

  • Imitent l’effet du GLP-1 (incrétine intestinale)
  • Stimulent la sécrétion d’insuline en réponse au glucose (sans risque d’hypoglycémie)
  • Diminuent la sécrétion de glucagon
  • Ralentissent la vidange gastrique → satiété
  • Effet sur le cerveau (réduction de l’appétit)
  • Perte de poids significative (5-20 % du poids corporel)
  • Effets cardiovasculaires bénéfiques démontrés

Initialement développés pour le DT2, ils sont aujourd’hui aussi utilisés pour l’obésité (Wegovy). Source de polémique : popularité auprès des célébrités, pénurie pour les diabétiques.

8. Prévention

~80 % des DT2 seraient évitables par une bonne hygiène de vie :

  • Alimentation équilibrée : éviter les sucres rapides en excès, privilégier les fibres, légumes, protéines, bons gras
  • Activité physique régulière : ≥ 30 min/jour, ou 150 min/semaine. Augmente la sensibilité à l\\\’insuline.
  • Perte de poids modeste : -5 % du poids → -30 % du risque de DT2
  • Sommeil suffisant : 7-9 h/nuit
  • Gestion du stress : éviter le cortisol chronique

Enjeu de santé publique majeur dans un contexte d\\\’épidémie mondiale d\\\’obésité et de sédentarité.

9. Indice / cause / exemple — DT2

  • Indice : adulte de 55 ans, surpoids, sédentaire, glycémie à jeun à 1,4 g/L lors d’un bilan de routine
  • Cause : insulinorésistance (surpoids, sédentarité) + déficit relatif d’insuline (épuisement des cellules β au fil des années)
  • Exemple : prévention démontrée du programme Diabetes Prevention Program (DPP) : perte de poids + activité physique → -58 % de risque de DT2 chez les sujets prédiabétiques

Ce qu’il faut retenir

  • DT2 = insulinorésistance + déficit relatif d’insuline. ~90 % des diabètes. ~500 millions dans le monde, épidémie.
  • Facteurs : surpoids, sédentarité, alimentation, génétique, âge. Cause souvent multifactorielle.
  • Évolution lente sur années (souvent silencieuse) : insulinorésistance → prédiabète → diabète installé → diabète évolué
  • Traitements en cascade : hygiène de vie → metformine → autres oraux → agonistes GLP-1 (Ozempic) → insulinothérapie
  • Agonistes GLP-1 : révolution récente. Effet glycémique + perte de poids + bénéfices cardiovasculaires
  • ~80 % évitables par hygiène de vie. Enjeu majeur de santé publique.
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