À la fin de cette leçon, tu sauras :
- Décrire l’insulinorésistance
- Identifier les facteurs de risque du DT2
- Comprendre la progression de la maladie
- Mobiliser les traitements et la prévention
1. Définition du DT2
Le diabète de type 2 (DT2) est caractérisé par une insulinorésistance (les cellules cibles répondent mal à l\\\’insuline) associée à un déficit relatif de sécrétion d\\\’insuline. Les cellules β fonctionnent mais ne peuvent pas suivre la demande accrue.
Représente ~90 % des diabètes (vs 10 % pour le DT1). Maladie en pleine expansion : ~500 millions de cas dans le monde, prévision >700 millions en 2045. Épidémie mondiale.
2. Insulinorésistance : qu’est-ce que c’est ?
L’insulinorésistance est une diminution de la sensibilité des cellules cibles (foie, muscles, tissu adipeux) à l’insuline. Mécanismes :
- Défaillance de la signalisation intracellulaire après fixation de l’insuline sur son récepteur (cascade IRS-PI3K-Akt altérée)
- Translocation défaillante de GLUT4 dans muscles et tissu adipeux
- Production hépatique de glucose non freinée par l’insuline
- Inflammation chronique du tissu adipeux qui aggrave le tout
Conséquence : même avec une insuline normale ou élevée, la glycémie ne baisse pas correctement. Les cellules β compensent en sécrétant plus d’insuline → hyperinsulinémie, qui finit par épuiser les cellules β → déficit relatif.
3. Facteurs de risque
Facteurs modifiables (sur lesquels on peut agir) :
- Surpoids et obésité (surtout abdominale) : facteur principal
- Sédentarité : manque d\\\’activité physique
- Alimentation déséquilibrée : excès de sucres rapides, graisses saturées, aliments ultra-transformés
- Stress chronique (cortisol)
- Sommeil insuffisant
Facteurs non modifiables :
- Âge : >40 ans (mais de plus en plus de jeunes touchés)
- Antécédents familiaux : forte composante génétique (héritabilité ~50 %)
- Ethnicité : plus fréquent chez certaines populations
- Antécédents de diabète gestationnel
4. Progression de la maladie
Le DT2 évolue en plusieurs phases sur des années, souvent silencieusement :
- Insulinorésistance sans diabète : glycémie normale grâce à l’hyperinsulinémie compensatrice. Pas de symptômes. Peut durer 5-15 ans.
- Prédiabète : glycémie à jeun entre 1,1 et 1,26 g/L ou HbA1c entre 5,7 et 6,4 %. Stade réversible avec hygiène de vie.
- Diabète installé : glycémie ≥ 1,26 g/L à jeun, HbA1c ≥ 6,5 %. Souvent diagnostiqué fortuitement (bilan).
- Diabète évolué : épuisement progressif des cellules β → besoin de plus en plus de médicaments, voire d’insuline.
5. Symptômes (souvent absents)
Contrairement au DT1, le DT2 est souvent silencieux pendant des années. Quand symptômes apparaissent :
- 3 P modérés (polyurie, polydipsie, polyphagie)
- Fatigue chronique
- Infections récurrentes (mycoses, infections urinaires)
- Cicatrisation lente
- Pas d’amaigrissement (souvent surpoids)
D’où l’importance du dépistage : prise de sang régulière chez les sujets à risque (>40 ans, surpoids, antécédents familiaux).
6. Traitements du DT2
Le traitement repose sur une cascade :
- Hygiène de vie (toujours premier) : alimentation équilibrée, activité physique régulière, perte de poids si surpoids, arrêt du tabac
- Antidiabétiques oraux : metformine (1ʳᵉ ligne, diminue la production hépatique de glucose), gliclazide (stimule cellules β), inhibiteurs SGLT2 (perte urinaire de glucose)
- Agonistes du GLP-1 (Ozempic, Trulicity) : médicaments révolutionnaires, perte de poids associée. Injection hebdomadaire.
- Insulinothérapie : en dernier recours, quand les autres traitements ne suffisent plus
7. Les médicaments révolutionnaires : agonistes GLP-1
Les agonistes du GLP-1 (Ozempic, Trulicity, Mounjaro) sont une révolution récente :
- Imitent l’effet du GLP-1 (incrétine intestinale)
- Stimulent la sécrétion d’insuline en réponse au glucose (sans risque d’hypoglycémie)
- Diminuent la sécrétion de glucagon
- Ralentissent la vidange gastrique → satiété
- Effet sur le cerveau (réduction de l’appétit)
- Perte de poids significative (5-20 % du poids corporel)
- Effets cardiovasculaires bénéfiques démontrés
Initialement développés pour le DT2, ils sont aujourd’hui aussi utilisés pour l’obésité (Wegovy). Source de polémique : popularité auprès des célébrités, pénurie pour les diabétiques.
8. Prévention
~80 % des DT2 seraient évitables par une bonne hygiène de vie :
- Alimentation équilibrée : éviter les sucres rapides en excès, privilégier les fibres, légumes, protéines, bons gras
- Activité physique régulière : ≥ 30 min/jour, ou 150 min/semaine. Augmente la sensibilité à l\\\’insuline.
- Perte de poids modeste : -5 % du poids → -30 % du risque de DT2
- Sommeil suffisant : 7-9 h/nuit
- Gestion du stress : éviter le cortisol chronique
Enjeu de santé publique majeur dans un contexte d\\\’épidémie mondiale d\\\’obésité et de sédentarité.
9. Indice / cause / exemple — DT2
- Indice : adulte de 55 ans, surpoids, sédentaire, glycémie à jeun à 1,4 g/L lors d’un bilan de routine
- Cause : insulinorésistance (surpoids, sédentarité) + déficit relatif d’insuline (épuisement des cellules β au fil des années)
- Exemple : prévention démontrée du programme Diabetes Prevention Program (DPP) : perte de poids + activité physique → -58 % de risque de DT2 chez les sujets prédiabétiques
Ce qu’il faut retenir
- DT2 = insulinorésistance + déficit relatif d’insuline. ~90 % des diabètes. ~500 millions dans le monde, épidémie.
- Facteurs : surpoids, sédentarité, alimentation, génétique, âge. Cause souvent multifactorielle.
- Évolution lente sur années (souvent silencieuse) : insulinorésistance → prédiabète → diabète installé → diabète évolué
- Traitements en cascade : hygiène de vie → metformine → autres oraux → agonistes GLP-1 (Ozempic) → insulinothérapie
- Agonistes GLP-1 : révolution récente. Effet glycémique + perte de poids + bénéfices cardiovasculaires
- ~80 % évitables par hygiène de vie. Enjeu majeur de santé publique.