Chapitre 16 — Le périnée féminin · Topic 2 : Sphincters, innervation et statique pelvienne · Leçon 2.3
Comment les viscères pelviens tiennent-ils en place ? Cette leçon décrit les zones de faiblesse et les prolapsus, la suspension et le soutènement des viscères, l’évolution de la statique avec l’âge, et la technique de l’épisiotomie.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- localiser les zones de faiblesse du périnée ;
- nommer les prolapsus (cystocèle, rectocèle…) ;
- distinguer suspension et soutènement ;
- citer les angles de la statique pelvienne ;
- expliquer l’épisiotomie médio-latérale.
🧭 Plan de la leçon
- Zones de faiblesse et prolapsus
- Suspension et soutènement des viscères
- L’épisiotomie médio-latérale
1. Zones de faiblesse et prolapsus
Les hernies latérales sont rares malgré deux zones de faiblesse : le point faible latéro-antérieur (entre les chefs pubo-rectal et ilio-coccygien de l’élévateur de l’anus) et le point faible latéro-postérieur (entre le chef ilio-coccygien et le muscle coccygien).

Les prolapsus (descentes d’organes) à travers la fente uro-génitale sont relativement fréquents chez la femme après l’accouchement ou chez la personne âgée (distension des tissus). Ils portent des noms différents selon l’organe :
- vessie → cystocèle ;
- utérus → hystérocèle ;
- cul-de-sac recto-utérin (de Douglas) → élytrocèle ;
- rectum → rectocèle.

Les viscères pelviens subissent deux forces : la gravité (G, verticale vers le bas) et une pression abdominale (A, transversale vers l’arrière). Il en résulte une poussée oblique vers le bas et l’arrière (P, ~45°) qui dirige les organes vers des structures solides (CTP, ligament ano-coccygien, sacrum, coccyx). Avec l’âge, cette poussée se verticalise (relâchement des muscles abdominaux, accentuation de la lordose lombaire) : les organes poussent alors vers les zones de faiblesse antérieures (orifice vaginal), d’où des prolapsus plus fréquents.

2. Suspension et soutènement des viscères

Pour ne pas peser sur les muscles et ligaments du périnée, les viscères sont suspendus par des structures disposées en croix : les ligaments longitudinaux (pubo-vésicaux, vésico-utérins, utéro-sacrés), les ligaments transversaux (latéraux de la vessie, latéraux du vagin = anc. cardinaux, latéraux du rectum) et les lames porte-vaisseaux (autour des branches de l’artère iliaque interne, suspendant les organes vers le haut).
Les viscères pelviens se superposent en respectant des angulations précises pour un soutènement optimal vers l’arrière : l’angle d’antéversion de l’utérus = 20°, le cap vaginal = 140°, le cap anal = 80°.

3. L’épisiotomie médio-latérale
L’épisiotomie médio-latérale (ampliation obstétricale du périnée) est souvent pratiquée pendant les accouchements par voie basse pour anticiper les déchirures périnéales. En effet, une déchirure naturelle tend à se prolonger en arrière vers le centre tendineux du périnée et l’anus, avec un risque de descente d’organes, de déchirure du canal anal et d’incontinence fécale.

Les obstétriciens préfèrent une incision maîtrisée et oblique vers le dehors, afin d’épargner le centre tendineux du périnée. L’incision part de la fourchette vulvaire en direction de la tubérosité ischiatique, à 45° par rapport à l’horizontale : elle sectionne la peau, la paroi du vagin, les muscles transverses du périnée et le faisceau pubo-rectal de l’élévateur de l’anus. Elle peut être prolongée vers la fosse ischio-rectale si besoin, toujours pour protéger le CTP et éviter les déchirures sévères (notamment du sphincter externe de l’anus).
🧠 À retenir absolument
- Points faibles latéraux (hernies rares) : latéro-antérieur (entre pubo-rectal et ilio-coccygien) et latéro-postérieur (entre ilio-coccygien et coccygien).
- Prolapsus (fente uro-génitale) : cystocèle (vessie), hystérocèle (utérus), élytrocèle (cul-de-sac de Douglas), rectocèle (rectum).
- Statique : poussée oblique 45° vers structures solides ; avec l’âge → verticalisation → prolapsus antérieurs.
- Suspension : ligaments longitudinaux + transversaux (cardinaux) + lames porte-vaisseaux. Soutènement : antéversion utérus 20°, cap vaginal 140°, cap anal 80°.
- Épisiotomie médio-latérale : fourchette vulvaire → tubérosité ischiatique à 45°, pour épargner le CTP et éviter la déchirure du sphincter anal.
❓ Questions fréquentes
Comment nomme-t-on les prolapsus selon l’organe ?
Cystocèle pour la vessie, hystérocèle pour l’utérus, élytrocèle pour le cul-de-sac recto-utérin (de Douglas) et rectocèle pour le rectum. Ils surviennent à travers la fente uro-génitale.
Pourquoi les prolapsus deviennent-ils plus fréquents avec l’âge ?
Parce que la poussée oblique (vers les structures solides) se verticalise, du fait du relâchement des muscles abdominaux et de l’accentuation de la lordose lombaire. Les organes poussent alors vers les zones de faiblesse antérieures, comme l’orifice vaginal.
Quelle différence entre suspension et soutènement ?
La suspension repose sur des ligaments (longitudinaux, transversaux, lames porte-vaisseaux) qui accrochent les organes vers le haut. Le soutènement repose sur la superposition des viscères selon des angles précis (antéversion utérine 20°, cap vaginal 140°, cap anal 80°).
Pourquoi l’épisiotomie est-elle médio-latérale ?
Pour épargner le centre tendineux du périnée. Une incision oblique (de la fourchette vulvaire vers la tubérosité ischiatique à 45°) évite que la déchirure ne s’étende vers l’anus et ne lèse le sphincter externe, ce qui causerait une incontinence fécale.
🚀 Pour aller plus loin
Tu as terminé le périnée féminin. La suite du module aborde l’appareil génital.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.