Formation IFSI · Module B — Sciences biologiques et médicales
Formation aide-soignant · Bloc 3 — Information et accompagnement des personnes et de leur entourage · C6, C7
Topic 1 · Leçon 1-2
Pourquoi un patient diabétique ne suit-il pas son régime alimentaire alors qu’il sait que c’est nécessaire ? Pourquoi quelqu’un fume-t-il malgré les avertissements ? La psychologie de la santé répond à ces questions en étudiant les liens entre comportement, cognition et santé, et elle fournit aux soignants des outils pour accompagner le changement.
🎯 Objectifs pédagogiques
- Définir la psychologie de la santé et ses domaines d’application.
- Connaître les modèles de croyances et comportements de santé (HBM, locus de contrôle, auto-efficacité).
- Décrire les mécanismes du stress et les stratégies de coping.
- Appliquer ces concepts à l’éducation thérapeutique du patient (ETP).
🧭 Plan
- Psychologie de la santé — définition et champs
- Modèles des comportements de santé
- Stress et coping
- Éducation thérapeutique du patient (ETP)
1. Psychologie de la santé — définition et champs
La psychologie de la santé (Matarazzo, 1980) étudie l’influence des facteurs psychologiques (cognitions, émotions, comportements) sur la santé, la maladie et le recours aux soins. Elle comprend :
- Prévention des maladies : comprendre pourquoi les gens adoptent ou non des comportements sains (tabac, alimentation, activité physique, dépistage).
- Adaptation à la maladie : étudier comment les individus s’adaptent psychologiquement à la maladie chronique ou aiguë.
- Observance thérapeutique : comprendre et améliorer l’adhésion au traitement.
- Relation soignant-soigné : impact de la communication et des représentations sur les soins.
2. Modèles des comportements de santé
Health Belief Model (HBM — Rosenstock, 1966)
Ce modèle explique l’adoption d’un comportement de santé par 4 perceptions :
- Susceptibilité perçue : « Est-ce que je risque d’attraper cette maladie ? »
- Gravité perçue : « Est-ce que ce serait grave pour moi ? »
- Bénéfices perçus : « Est-ce que ce comportement va vraiment m’aider ? »
- Barrières perçues : « Qu’est-ce qui m’en empêche (coût, peur, contrainte) ? »
+ un déclencheur (cue to action) : un symptôme, un message de santé, l’avis du médecin.
Selon le HBM, pour qu’un patient adopte un comportement préventif, il faut augmenter la susceptibilité perçue et la gravité perçue (conscience du risque), augmenter les bénéfices perçus et réduire les barrières perçues. L’infirmier en ETP travaille sur ces 4 dimensions.
Locus de contrôle (Rotter, 1966)
Le locus de contrôle désigne la croyance d’un individu quant à la source du contrôle sur sa vie.
- Locus interne : « Ma santé dépend de ce que je fais. » → meilleure observance, engagement actif dans les soins.
- Locus externe : « Ma santé dépend du hasard ou des médecins. » → passivité, fatalisme.
En ETP, l’objectif est de renforcer le sentiment de contrôle interne (« vous avez le pouvoir d’agir sur votre maladie »).
Auto-efficacité / Self-efficacy (Bandura, 1977)
La croyance en sa capacité à réaliser un comportement donné. Un patient qui croit qu’il peut réduire sa consommation de sel le fera plus probablement qu’un patient qui pense que c’est impossible pour lui.
Sources d’auto-efficacité : expériences passées de succès, observation de modèles similaires (autres patients), persuasion verbale du soignant (« vous êtes capable »), états physiologiques (anxiété, fatigue).
3. Stress et coping
Modèle transactionnel du stress (Lazarus et Folkman, 1984) : le stress naît de l’évaluation cognitive de la situation. Le sujet évalue si la situation est une menace (évaluation primaire) puis s’il a les ressources pour y faire face (évaluation secondaire). Si les ressources sont insuffisantes → stress.
| Type de coping | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Coping centré sur le problème | Action directe sur la source du stress | Chercher des informations sur sa maladie, changer d’alimentation |
| Coping centré sur les émotions | Régulation de la détresse émotionnelle | Parler à un proche, relaxation, expression émotionnelle |
| Coping évitant | Évitement de la situation stressante | Ne pas lire les résultats d’examens, nier la maladie |
Le coping évitant peut être adaptatif à court terme (réduction immédiate de l’anxiété) mais délétère à long terme (retard de soins).
4. Éducation thérapeutique du patient (ETP)
Selon l’OMS (1998), l’ETP vise à aider les patients à acquérir et maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. Elle comprend :
- Compétences d’auto-soins : gestes techniques (injection insuline, surveillance glycémique, prise de médicaments).
- Compétences d’adaptation : gestion du stress, ajustement de la maladie à la vie quotidienne, relations avec l’entourage.
Étapes d’une démarche d’ETP :
- Diagnostic éducatif (bilan des connaissances, croyances, ressources du patient).
- Définition des objectifs avec le patient (approche centrée patient).
- Mise en œuvre des séances (individuelles ou en groupe).
- Évaluation des compétences acquises (et réajustement).
🧠 À retenir absolument
- HBM : susceptibilité + gravité + bénéfices − barrières = probabilité d’adopter le comportement.
- Locus de contrôle interne → meilleure observance. Objectif ETP : renforcer le sentiment de contrôle interne.
- Auto-efficacité (Bandura) : croyance en sa capacité = prédicteur majeur du changement de comportement.
- Coping (Lazarus) : centré problème / centré émotions / évitant. Pas de coping universellement bon.
- ETP : diagnostic éducatif → objectifs → séances → évaluation.
Sources : Rosenstock I. — Health Belief Model (1966) · Lazarus R., Folkman S. — Stress, appraisal and coping (1984) · Bandura A. — Self-efficacy (1977) · OMS — ETP définition (1998) · HAS — Éducation thérapeutique (2007) · Arrêté 20 février 2026.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT · reussir-svt.com · Module IFSI B.2