Durée estimée : 13 min Niveau : Terminale spé SVT Position : Topic 3 — Leçon 3.1

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Définir le xylème et la sève brute
  • Identifier la structure du xylème (vaisseaux et trachéides)
  • Comprendre le mécanisme de la circulation ascendante (transpiration, cohésion-tension)
  • Mobiliser des chiffres : débit de la sève brute, hauteurs atteintes

1. Pourquoi un système conducteur ?

Une plante exploite simultanément deux milieux : le sol (par les racines) et l’atmosphère (par les feuilles). Or, l’eau et les sels minéraux sont captés en bas (racines) et utilisés en haut (feuilles). À l’inverse, les glucides issus de la photosynthèse sont produits en haut (feuilles) et utilisés partout, y compris dans les racines.

Sans un système de transport interne, la division spatiale du travail ne pourrait pas fonctionner. Les plantes ont donc développé deux tissus conducteurs distincts :

  • Le xylème qui transporte la sève brute (eau + sels minéraux) de bas en haut
  • Le phloème qui transporte la sève élaborée (glucides) en tous sens, principalement de haut en bas

Cette leçon est consacrée au xylème ; la leçon 3.2 traitera du phloème.

2. La sève brute : composition et caractéristiques

Sève brute : sève riche en eau et en sels minéraux dissous (nitrates, phosphates, potassium, calcium…) mais pauvre en matière organique. Elle circule des racines vers les feuilles dans les vaisseaux du xylème.

La sève brute est essentiellement de l’eau (99 % en masse) avec des solutés minéraux dissous. Sa concentration en sels est globalement plus faible que celle de l’eau du sol — ce qui paraît paradoxal, mais s’explique par le fait que les racines absorbent activement, puis l’eau et les ions circulent vers les feuilles où l’eau s’évapore et où les sels sont utilisés.

3. Structure du xylème

Le xylème est composé de cellules mortes à parois épaisses et lignifiées, formant des conduits creux. C’est une particularité importante : les cellules qui composent les vaisseaux conducteurs ne sont plus vivantes au moment où elles transportent la sève.

3.1 Vaisseaux et trachéides

On distingue deux types d’éléments conducteurs :

  • Vaisseaux : tubes formés par l’empilement de cellules dont les cloisons transversales ont disparu. Les vaisseaux peuvent être très longs (plusieurs mètres parfois) et de diamètre relativement important (jusqu’à 0,5 mm). Conduction très efficace. Caractéristiques des angiospermes (plantes à fleurs).
  • Trachéides : cellules allongées et fermées aux extrémités, communiquant entre elles par des ponctuations. Plus étroites que les vaisseaux. Caractéristiques des gymnospermes (conifères) mais présentes aussi chez les angiospermes.

3.2 La lignine

Les parois des cellules du xylème sont imprégnées de lignine, polymère organique qui leur confère :

  • Une grande résistance mécanique (le bois est essentiellement du xylème lignifié)
  • Une imperméabilité qui empêche les fuites latérales d’eau
  • Une résistance aux pressions négatives (cf. mécanisme de la cohésion-tension)

4. Le mécanisme de la circulation ascendante

Comment l’eau monte-t-elle dans une plante de plusieurs dizaines de mètres de haut, contre la gravité, sans pompe ? La question a longtemps intrigué les botanistes. La réponse moderne repose sur deux phénomènes complémentaires.

4.1 La transpiration foliaire (moteur principal)

Les stomates (cf. leçon 2.3) laissent sortir de la vapeur d’eau. Cette perte continue d’eau au niveau des feuilles crée une pression négative (tension) dans le xylème : l’eau qui s’évapore est « tirée » vers le haut, et son départ « tire » sur les molécules d’eau en dessous.

4.2 La cohésion-tension (Dixon, 1894)

L’eau possède de très fortes forces de cohésion (liaisons hydrogène entre molécules) et d’adhésion (entre molécules d’eau et parois des vaisseaux). Ces forces permettent à la colonne d’eau, depuis la racine jusqu’à la feuille, de rester continue et de résister à la pression négative générée par la transpiration. La sève brute monte ainsi en colonne ininterrompue, comme une corde tirée d’en haut.

Cette théorie a été proposée par Henry H. Dixon en 1894 et reste le modèle de référence. Elle explique comment des arbres comme les séquoias géants peuvent transporter de l’eau à plus de 100 m de hauteur sans pompe centrale.

4.3 La poussée racinaire (contribution mineure)

L’absorption active des sels minéraux par les racines crée une certaine pression dans le xylème racinaire (la « pression racinaire »), qui peut « pousser » la sève vers le haut. Cette contribution est notable dans les jeunes plantes et après la nuit (gouttes de guttation), mais reste mineure dans les grandes plantes en pleine journée.

5. Les chiffres impressionnants de la transpiration

Quelques chiffres pour saisir l’ampleur du phénomène :

  • Un maïs adulte transpire environ 1-2 litres d’eau par jour
  • Un chêne adulte transpire 200 à 400 litres d’eau par jour en été
  • Un séquoia géant peut transpirer plus de 1 000 litres par jour
  • Une forêt tempérée transpire environ 500 mm d’eau par an, soit l’équivalent de la moitié des précipitations annuelles

Cette transpiration considérable est le moteur de la circulation de la sève brute. Sans elle, ni la nutrition minérale, ni la régulation thermique des feuilles ne seraient assurées.

6. La transpiration : un coût justifié ?

La transpiration représente une perte d’eau considérable. Pourquoi la plante l’accepte-t-elle ? Trois raisons principales :

  • C’est le prix à payer pour l’entrée de CO₂ : impossible d’avoir l’un sans l’autre, car les deux passent par les mêmes stomates
  • Elle est le moteur de la circulation de la sève brute
  • Elle assure le refroidissement des feuilles exposées au soleil (évaporation = refroidissement)

La régulation de la transpiration par les stomates est donc un compromis fin : suffisamment ouverte pour assurer photosynthèse + circulation + refroidissement, suffisamment fermée pour éviter la dessiccation. La plante ajuste en permanence ce compromis selon les conditions (lumière, humidité, température, disponibilité en eau).

Ce qu’il faut retenir

  • Xylème : tissu conducteur qui transporte la sève brute (eau + sels minéraux) des racines vers les feuilles
  • Composé de cellules mortes lignifiées : vaisseaux (angiospermes) et trachéides (gymnospermes et angiospermes)
  • Moteur principal de la circulation : la transpiration foliaire qui crée une pression négative dans le xylème
  • Théorie de la cohésion-tension (Dixon 1894) : forces de cohésion et d\’adhésion de l\’eau permettent une colonne continue de la racine à la feuille (jusqu\’à 100 m)
  • Débits considérables : 200-400 L/jour pour un chêne, >1 000 L/jour pour un séquoia
  • La transpiration est le prix à payer pour l\’entrée du CO₂ ; elle est aussi le moteur de la circulation et le refroidisseur des feuilles

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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