Formation aide-soignant · Bloc 1 — Accompagnement et soins de la personne dans les activités de vie quotidienne · C1, C2, C3
Objectifs pédagogiques
- Réaliser un transfert lit-fauteuil en sécurité selon les étapes définies
- Adapter la technique au niveau d’autonomie du patient
- Appliquer les spécificités du transfert chez le patient hémiplégique
- Identifier quand utiliser le lève-malade pour le transfert
Plan de la leçon
- Préparation du transfert
- Transfert lit-fauteuil par pivot debout
- Spécificités du patient hémiplégique
- Transfert avec lève-malade
- Surveillance après le transfert
1. Préparation du transfert
Une bonne préparation conditionne la sécurité de tout le transfert :
- Informer le patient et recueillir son accord
- Évaluer son niveau d’autonomie (peut-il se lever partiellement ? mettre en charge ses membres inférieurs ?)
- Régler le lit à une hauteur permettant au patient d’avoir les pieds à plat au sol lorsqu’il est assis au bord
- Positionner le fauteuil roulant du côté du patient, le plus proche possible du lit, à 30–45° d’angle
- Bloquer les freins du fauteuil et enlever les repose-pieds
- Mettre les chaussures au patient (antidérapantes, fermées)
- Préparer la ceinture de transfert si disponible
2. Transfert lit-fauteuil par pivot debout
Étapes :
- Asseoir le patient au bord du lit — amener les jambes hors du lit, relever le patient en le faisant pivoter sur les fesses, laisser un temps d’adaptation à la position assise (risque d’hypotension orthostatique)
- Vérifier l’équilibre — s’assurer que le patient est stable avant de continuer
- Lever debout — se placer face au patient, pieds de part et d’autre des siens, genoux légèrement fléchis ; tenir la ceinture de transfert ou encercler la taille ; au signal, patient pousse sur ses bras et ses jambes pendant que l’AS accompagne le mouvement
- Pivot — guider le patient pour qu’il pivote sur ses pieds (petits pas) jusqu’à se retrouver dos au fauteuil
- Asseoir dans le fauteuil — faire fléchir les genoux du patient, l’accompagner vers le bas jusqu’à être assis
- Installer — repositionner les repose-pieds, vérifier la position assise, ceinture de sécurité si nécessaire
Hypotension orthostatique
Lors du passage de la position allongée à la position assise, certains patients présentent une hypotension orthostatique (chute de la pression artérielle) qui peut provoquer un malaise ou une syncope. Toujours laisser le patient assis au bord du lit 1 à 2 minutes avant de le lever. En cas de pâleur, sueurs, sensation de malaise — rallonger immédiatement et alerter l’IDE.
3. Spécificités du patient hémiplégique
| Étape | Règle spécifique |
|---|---|
| Positionnement du fauteuil | Toujours du côté valide — le patient pivote vers son côté fort |
| Appui au lever | Le patient prend appui sur le côté valide — l’AS soutient le côté atteint |
| Position de l’AS | Du côté atteint pour sécuriser le membre déficitaire et prévenir la chute de ce côté |
| Membre supérieur atteint | Vérifier que le bras hémiplégique ne pend pas vers l’avant (risque de luxation d’épaule) — le soutenir si besoin |
Règle mnémotechnique hémipl égie
Fauteuil du côté valide, AS du côté atteint. Le patient fait sa force, l’AS compense la faiblesse.
4. Transfert avec lève-malade
Le lève-malade est indiqué lorsque le patient ne peut pas du tout mettre en charge ses membres inférieurs, ou que la manutention manuelle présente un risque pour le soignant ou le patient. Les étapes sont les mêmes qu’en leçon 1-3 (installation de la sangle, vérifications, soulèvement, déplacement, dépôt dans le fauteuil).
Points spécifiques au transfert en fauteuil :
- Régler la hauteur du lève-malade pour que le patient soit légèrement au-dessus du fauteuil avant de descendre
- Guider le patient vers le centre du fauteuil pendant la descente
- Ne pas lâcher avant que le patient soit bien installé et stable
5. Surveillance après le transfert
- Vérifier le confort et la stabilité dans le fauteuil (patient bien calé, pas en déséquilibre)
- S’assurer que le membre atteint (hémiplégie) est bien soutenu sur l’accoudoir
- Poser la sonnette à portée de main
- Inspecter la peau des zones de pression du fauteuil lors des soins suivants
- Limiter le temps en fauteuil selon la tolérance du patient (risque d’escarre ischiatique)
À retenir absolument
- Freins bloqués, repose-pieds enlevés, chaussures mises — avant tout transfert
- Temps d’adaptation assis au bord du lit (hypotension orthostatique)
- Hémiplégique : fauteuil côté valide, AS côté atteint
- Pivot avec les pieds — ne jamais soulever le patient en le tirant
- Lève-malade si le patient ne peut pas mettre en charge ses membres inférieurs
Questions fréquentes
À quel angle positionner le fauteuil par rapport au lit ?
Entre 30 et 45 degrés. Cet angle réduit l’amplitude du pivot nécessaire (moins de rotation = moins de risque de chute), tout en permettant au patient de s’asseoir dans le fauteuil sans devoir reculer trop loin. Un fauteuil placé perpendiculaire au lit (90°) allonge le pivot et augmente le risque de déséquilibre.
Que faire si le patient se plaint de vertiges lorsqu’on le lève ?
Le faire rasseoir immédiatement au bord du lit, garder un contact ferme, surveiller la coloration (pâleur) et alerter l’IDE. Il s’agit probablement d’une hypotension orthostatique. Attendre que les vertiges disparaissent avant une nouvelle tentative. Si les vertiges persistent ou sont importants, reporter le lever et en informer l’IDE pour une évaluation médicale.
Faut-il mettre la ceinture de sécurité au fauteuil roulant ?
Oui, si le patient présente un risque de chute en avant (faiblesse du tronc, tendance à glisser, troubles cognitifs). La ceinture de maintien ventrale est alors prescrite médicalement — l’AS l’installe sur indication. Elle ne doit pas être utilisée comme contention systématique sans évaluation.
Combien de temps un patient peut-il rester en fauteuil sans risque d’escarre ?
La durée dépend de l’état cutané et des coussins de positionnement utilisés. En général, une durée de 2 à 3 heures maximum est recommandée avant un retour au lit ou un soulagement de pression. Les coussins anti-escarre pour fauteuil (en mousse ou à air) réduisent les risques mais ne les éliminent pas.
Peut-on réaliser le transfert seul pour un patient partiellement autonome ?
Oui, si le patient peut participer activement (se lever avec appui, pivoter) et que le soignant maîtrise la technique. La ceinture de transfert améliore la sécurité dans ce cas. Pour un patient plus lourd ou moins stable, un second soignant ou le lève-malade est préférable. L’évaluation clinique guide la décision — la sécurité prime.
Pour aller plus loin
- Aides techniques à la manutention — lève-malade et ceinture de transfert pour les situations complexes.
- Aide à la marche et prévention des chutes — après le lever, accompagner le patient en sécurité.
- Mobilisation du patient alité — étape préalable au lever : remontée et retournements.