Chapitre 1 — L’appareil génital masculin · Topic 3 : Voies excrétrices et glandes annexes · Leçon 3.1
À la sortie du tube séminifère, le spermatozoïde est… immobile et incapable de féconder ! Surprenant ? C’est tout l’enjeu des voies excrétrices : les transporter, mais surtout les faire mûrir. Suivons le trajet, du rete testis jusqu’à l’épididyme — le grand atelier de maturation.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- énumérer les segments des voies excrétrices ;
- décrire les voies intra-testiculaires (tubes droits, rete testis) ;
- caractériser les cônes efférents ;
- décrire le canal épididymaire et son épithélium ;
- expliquer la maturation épididymaire des spermatozoïdes.
🧭 Plan de la leçon
- Rôle et segments des voies excrétrices
- Les voies intra-testiculaires
- Les cônes efférents
- Le canal épididymaire
- La maturation épididymaire
1. Rôle et segments des voies excrétrices
Les voies génitales excrétrices transportent les spermatozoïdes depuis leur site de fabrication (les tubes séminifères) jusqu’à la jonction avec le tractus urinaire ; ils chemineront ensuite par l’urètre jusqu’au méat lors de l’éjaculation. Elles comprennent, dans l’ordre :
- les voies spermatiques intra-testiculaires (tubes droits, rete testis) ;
- les canaux (cônes) efférents ;
- le canal épididymaire ;
- le canal déférent (leçon 3.2).
2. Les voies intra-testiculaires
Situées à l’intérieur de l’albuginée, elles comprennent :
| Structure | Caractéristiques |
|---|---|
| Les tubes droits | Courts segments rectilignes (≈ 25 μm) faisant directement suite aux tubes séminifères. Paroi d’une seule assise de cellules cubiques (des cellules de Sertoli transformées). Ils relient tubes séminifères et rete testis. |
| Le rete testis (réseau de Haller) | Réseau de canalicules anastomosés dans le corps de Highmore, de diamètre irrégulier. Paroi d’épithélium aplati sur une membrane basale. |
3. Les cônes efférents
Faisant suite au rete testis, les canaux efférents sortent du testicule en traversant l’albuginée. On les appelle aussi cônes efférents car chacun décrit une spirale de plus en plus large (base externe, sommet testiculaire).
Leur épithélium est prismatique, à trois types cellulaires : des cellules prismatiques ciliées, des cellules prismatiques glandulaires et des cellules basales. Le tout est entouré d’un manchon de cellules musculaires lisses.
L’expulsion du fluide séminal hors du testicule résulte de trois forces : la pression intra-testiculaire, le mouvement des cils et le péristaltisme (contractions des cellules musculaires lisses). À ce stade, les spermatozoïdes sont encore immobiles : il faut les pousser. Les cellules glandulaires modifient déjà la composition du fluide.
4. Le canal épididymaire
L’épididyme, situé au pôle postérieur du testicule, renferme le canal épididymaire : un tube très long (3 à 6 m !) et très contourné, organisé en trois segments — la tête (pôle supérieur), le corps et la queue (pôle inférieur).

Son épithélium est prismatique pseudo-stratifié, à deux types cellulaires : les cellules principales (avec des stéréocils apicaux, riches en vésicules d’endo/pinocytose, lysosomes et corps multi-vésiculaires ; leur hauteur diminue de la tête vers la queue) et les cellules basales (cellules de renouvellement).
L’épithélium repose sur un chorion conjonctif riche en capillaires, entouré de cellules musculaires lisses dont l’épaisseur augmente de la tête vers la queue (péristaltisme).
5. La maturation épididymaire
L’épididyme a deux fonctions principales :
| Fonction | Détails |
|---|---|
| Transport | Sous l’effet de la pression intraluminale et des contractions musculaires. Temps de transit : ≈ 1 jour dans la tête, 5 jours dans le corps et la queue. |
| Maturation | Acquisition du pouvoir fécondant et de la mobilité. Modifications membranaires : mobilité unidirectionnelle, capacité à se fixer à la zone pellucide de l’ovocyte, protection contre le stress oxydatif, condensation de l’ADN, blocage des réactions qui ne doivent survenir qu’au contact de l’ovocyte. |
Un spermatozoïde qui sort directement du tube séminifère n’est ni mobile, ni fécondant. C’est dans l’épididyme qu’il acquiert ces propriétés. D’où une conséquence clinique : un spermatozoïde testiculaire ne peut servir en FIV qu’en l’injectant directement dans l’ovocyte (micro-injection, ou ICSI), puisqu’il ne bouge pas et ne reconnaît pas l’ovocyte.
Le long du canal, la composition du fluide change sous le contrôle des androgènes. La tête réabsorbe ≈ 90 % du fluide testiculaire (eau), ce qui concentre les spermatozoïdes. Globalement, le liquide s’acidifie de la tête vers la queue (le pH passe d’environ 7,3 à 6,5), ce qui maintient les spermatozoïdes au repos pendant le stockage.
🧠 À retenir absolument
- Voies excrétrices : tubes droits → rete testis (intra-testiculaires) → cônes efférents → canal épididymaire → canal déférent.
- Tubes droits : cellules de Sertoli transformées ; rete testis (réseau de Haller) : canalicules anastomosés du corps de Highmore.
- Cônes efférents : épithélium prismatique (ciliées, glandulaires, basales) ; propulsion = pression + cils + péristaltisme.
- Canal épididymaire (3-6 m, tête/corps/queue) : épithélium prismatique pseudo-stratifié à stéréocils.
- L’épididyme : transport (1 j tête, 5 j corps+queue) + maturation (mobilité + pouvoir fécondant). Un SPZ sortant du tube n’est ni mobile ni fécondant.
❓ Questions fréquentes
Quel est le trajet des spermatozoïdes dans les voies excrétrices ?
Des tubes séminifères, ils passent par les tubes droits, le rete testis (intra-testiculaires), puis les cônes efférents qui sortent du testicule, le canal épididymaire et enfin le canal déférent.
Qu’est-ce que le rete testis ?
C’est le réseau de Haller : un réseau de canalicules anastomosés situé dans le corps de Highmore, faisant suite aux tubes droits. Sa paroi est un épithélium aplati reposant sur une membrane basale.
À quoi sert l’épididyme ?
À deux choses : transporter les spermatozoïdes (transit d’environ 1 jour dans la tête, 5 jours dans le corps et la queue) et surtout les faire mûrir. C’est là qu’ils acquièrent leur mobilité et leur pouvoir fécondant.
Pourquoi un spermatozoïde testiculaire n’est-il pas fécondant ?
Parce qu’il n’a pas encore subi la maturation épididymaire : il est immobile et ne reconnaît pas l’ovocyte. Pour l’utiliser en FIV, il faut l’injecter directement dans l’ovocyte (micro-injection / ICSI).
Comment le fluide change-t-il le long de l’épididyme ?
Sous le contrôle des androgènes, la tête réabsorbe environ 90 % de l’eau, ce qui concentre les spermatozoïdes, et le liquide s’acidifie progressivement (pH d’environ 7,3 à 6,5), ce qui maintient les spermatozoïdes au repos.
🚀 Pour aller plus loin
Les spermatozoïdes sont mûrs. Suivons-les dans le canal déférent, puis l’urètre et le pénis :
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.