Chapitre 1 — L’appareil génital masculin · Topic 1 : Organisation et structure du testicule · Leçon 1.3
Ouvrons le testicule. Derrière son apparente simplicité se cache une organisation remarquable : une capsule résistante, des centaines de lobules, et surtout près d’un kilomètre de tubes séminifères où naîtront les spermatozoïdes. Cette leçon d’histologie décrit cette architecture, de l’enveloppe au tube.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- décrire les enveloppes du testicule (albuginée, vaginale…) ;
- expliquer le rôle de l’albuginée et du corps de Highmore ;
- décrire un tube séminifère et son épithélium ;
- caractériser la gaine péritubulaire ;
- situer le tissu interstitiel et les cellules de Leydig.
🧭 Plan de la leçon
- Généralités et enveloppes
- L’albuginée et les lobules
- Les tubes séminifères
- La gaine péritubulaire
- Le tissu interstitiel
1. Généralités et enveloppes
Le testicule est de forme ovoïde (environ 4 cm de grand axe, 10 à 15 g), de couleur blanchâtre (due à son enveloppe conjonctive). Rappel fonctionnel : il doit rester à une température inférieure à 37 °C pour permettre la spermatogenèse.
De dedans en dehors, il est entouré de quatre éléments :

| Enveloppe | Caractéristique |
|---|---|
| Albuginée | Capsule conjonctive (la plus interne). |
| Tunique vaginale | Repli du péritoine (cavité virtuelle) ; un épanchement y constitue une hydrocèle. |
| Tissu sous-cutané | Contient des cellules musculaires lisses. |
| Peau | Pigmentée, riche en follicules pileux et glandes. |
2. L’albuginée et les lobules
L’albuginée est une capsule conjonctive épaisse, résistante et inextensible : une véritable charpente interne, de couleur blanche. Sa surface est parcourue par des vaisseaux (branches de l’artère spermatique).
En regard de l’épididyme, l’albuginée s’épaissit et forme en profondeur le corps de Highmore : un réseau de cavités conjonctives largement anastomosées. De là partent des cloisons interlobulaires qui délimitent 200 à 300 lobules par testicule. Ces cloisons étant discontinues, les lobules peuvent communiquer entre eux.
Le testicule mal vascularisé se nécrose. Lors d’un choc (même modéré), il peut se vriller sur lui-même — la torsion testiculaire — et tordre ses propres vaisseaux. C’est une urgence chirurgicale. Côté veineux, une dilatation anormale du plexus (le varicocèle) peut nuire à la fertilité.
3. Les tubes séminifères
C’est le cœur fonctionnel du testicule. Chaque lobule contient 2 à 3 tubes séminifères, soit 700 à 900 tubes par testicule. Chacun mesure 80 cm à 1 m (d’où un trajet très contourné : plusieurs sections d’un même tube apparaissent sur une coupe), pour un diamètre de 150 à 300 μm.

Anatomiquement, chaque tube a une extrémité périphérique borgne, puis rejoint le corps de Highmore par de courts segments rectilignes (les tubes droits) qui s’abouchent dans un réseau canalaire, le rete testis (réseau testiculaire).
Les tubes séminifères forment le compartiment tubulaire et assurent la fonction exocrine (production de spermatozoïdes). Leur paroi est un épithélium séminal contenant deux types de cellules : les cellules germinales (à tous les stades de maturation) et les cellules de Sertoli (cellules de soutien, non germinales).

4. La gaine péritubulaire
Chaque tube est entouré sur toute sa longueur par une gaine péritubulaire (sa paroi propre). En microscope photonique, c’est une lame homogène de 3 à 5 μm. En microscope électronique, sa structure est hétérogène :
- une lame basale bien définie, du côté de l’épithélium séminal ;
- plusieurs couches de cellules péritubulaires (de type musculaire lisse), entourées de fibrilles de collagène ;
- des fibroblastes (Co-Cells) vers l’extérieur, qui produisent le collagène et guident les vaisseaux.
Comme tout épithélium, l’intérieur du tube séminifère n’est pas vascularisé. L’oxygène et les nutriments parviennent donc aux cellules germinales à travers la gaine péritubulaire, depuis les vaisseaux du tissu interstitiel.
5. Le tissu interstitiel
Entre les tubes séminifères se trouve le tissu interstitiel, de nature conjonctive. Il assure une régulation paracrine de la spermatogenèse (régulation intra-gonadique) et contient :
- des vaisseaux sanguins et lymphatiques et des nerfs ;
- des fibroblastes (Co-Cells), des lymphocytes et des macrophages ;
- les cellules de Leydig (isolées ou en petits amas), responsables de la synthèse des androgènes testiculaires (la testostérone).
Le testicule s’organise en deux compartiments : le compartiment tubulaire (les tubes séminifères, fonction exocrine = produire les SPZ) et le compartiment interstitiel (entre les tubes, fonction endocrine = produire la testostérone via les cellules de Leydig). La cytologie détaillée de ces cellules fait l’objet du topic suivant.
🧠 À retenir absolument
- Testicule : ovoïde, ~4 cm, 10-15 g, blanchâtre, < 37 °C. Enveloppes (de dedans en dehors) : albuginée, vaginale, tissu sous-cutané, peau.
- L’albuginée (capsule inextensible) forme le corps de Highmore et des cloisons délimitant 200-300 lobules (cloisons discontinues).
- Tubes séminifères : 2-3 par lobule (700-900/testicule), 80 cm-1 m ; épithélium séminal = cellules germinales + cellules de Sertoli ; convergent vers le rete testis.
- Gaine péritubulaire (lame basale + cellules péritubulaires + fibroblastes) : les tubes n’étant pas vascularisés, nutriments/O₂ passent à travers elle.
- Tissu interstitiel (conjonctif, entre les tubes) : vaisseaux, nerfs, macrophages et cellules de Leydig (→ testostérone). Compartiment endocrine.
❓ Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’albuginée et le corps de Highmore ?
L’albuginée est la capsule conjonctive épaisse, blanche et inextensible qui entoure le testicule. En regard de l’épididyme, elle s’épaissit pour former le corps de Highmore, d’où partent les cloisons interlobulaires délimitant 200 à 300 lobules.
Combien y a-t-il de tubes séminifères et que contiennent-ils ?
Chaque lobule contient 2 à 3 tubes séminifères, soit 700 à 900 par testicule, chacun long de 80 cm à 1 m. Leur épithélium séminal contient les cellules germinales (à tous les stades) et les cellules de Sertoli, cellules de soutien.
À quoi sert la gaine péritubulaire ?
Elle entoure chaque tube séminifère (lame basale, cellules péritubulaires de type musculaire lisse, fibroblastes). Comme l’intérieur du tube n’est pas vascularisé, c’est à travers cette gaine que l’oxygène et les nutriments parviennent aux cellules germinales.
Quelle est la différence entre compartiment tubulaire et interstitiel ?
Le compartiment tubulaire (les tubes séminifères) assure la fonction exocrine : la production des spermatozoïdes. Le compartiment interstitiel (le tissu entre les tubes) assure la fonction endocrine : la production de testostérone par les cellules de Leydig.
Que sont les cellules de Leydig ?
Ce sont des cellules du tissu interstitiel, isolées ou en petits amas, responsables de la synthèse des androgènes testiculaires (la testostérone). Leur cytologie est détaillée dans le topic suivant.
🚀 Pour aller plus loin
Tu connais l’architecture du testicule. Zoomons sur ses deux cellules-clés : Sertoli et Leydig.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.