Chapitre 3 — L’appareil génital féminin · Topic 2 : Les voies génitales internes · Leçon 2.3
Le col de l’utérus est une zone-charnière fascinante : deux épithéliums s’y rencontrent brutalement, et c’est là que se sécrète la glaire cervicale, gardienne de l’entrée utérine. Le vagin, lui, illustre joliment le lien entre glycogène, flore et protection. Cette leçon clôt l’étude des voies génitales internes.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- distinguer endocol et exocol ;
- expliquer le rôle de la glaire cervicale ;
- situer la zone de jonction (frottis, HPV) ;
- décrire la muqueuse vaginale (4 couches) ;
- expliquer le rôle des bacilles de Döderlein.
🧭 Plan de la leçon
- L’endocol et la glaire cervicale
- L’exocol et la zone de jonction
- Les pathologies du col (HPV, frottis)
- Le vagin
1. L’endocol et la glaire cervicale
Le col de l’utérus comporte deux régions histologiquement différentes : l’endocol (canal cervical) et l’exocol.

L’endocol est revêtu d’un épithélium cylindrique simple (cellules sécrétrices et ciliées) ; son chorion contient des glandes tubulo-alvéolaires ramifiées qui produisent la glaire cervicale (mucus cervical).
La glaire détermine la pénétration des spermatozoïdes en période ovulatoire : sa quantité, son pH et sa viscosité dépendent du cycle. Elle a aussi une fonction de protection (un « bouchon »). À l’ovulation, elle est abondante, filante, translucide et cristallise en feuille de fougère sur lame.
2. L’exocol et la zone de jonction
| Région | Caractéristiques |
|---|---|
| Exocol (museau de tanche) | Segment intra-vaginal de l’utérus, en contact avec la lumière vaginale. Non modifié par le cycle. Épithélium malpighien (pavimenteux stratifié) non kératinisé, riche en glycogène — comme le vagin. |
| Zone de jonction | Frontière brutale entre endocol (cylindrique) et exocol (malpighien). Zone très touchée par les cancers du col, à privilégier pour les frottis. |
Deux épithéliums, deux comportements : l’endocol (cylindrique, glandulaire) varie avec le cycle (glaire) ; l’exocol (malpighien non kératinisé) n’est pas modifié par le cycle. Leur rencontre, la zone de jonction, est le point critique pour le dépistage.
3. Les pathologies du col (HPV, frottis)
Les lésions du col sont secondaires à une infection persistante par un virus, le HPV (Human Papilloma Virus) : une pathologie fréquente. Le frottis (au niveau de la zone de jonction) permet le diagnostic et le suivi : on vérifie l’absence d’évolution vers des cellules cancéreuses. Il existe un vaccin, fortement recommandé chez les filles et les garçons.
4. Le vagin
Le vagin est un conduit musculo-membraneux impair et médian, creux, aux parois très extensibles, reliant le col de l’utérus à la vulve. Sa paroi comporte trois couches : une muqueuse, une musculeuse et une adventice.

La muqueuse a un épithélium malpighien non kératinisé, organisé de la profondeur à la surface en quatre couches : basale (mitoses), para-basale, moyenne (cellules riches en glycogène) et superficielle (cellules aplaties à noyaux pycnotiques). Le chorion est un tissu conjonctif lâche, riche en fibres élastiques et bien vascularisé, mais sans glandes.
En phase de prolifération (œstrogénique), l’épithélium vaginal synthétise du glycogène. Les bacilles de Döderlein (la flore vaginale normale) le métabolisent en acide lactique, ce qui rend le vagin acide (pH bas) : c’est un mécanisme naturel de protection contre les infections.
La musculeuse comprend deux plans de fibres musculaires lisses (externe longitudinal, interne circulaire) ; l’adventice est un tissu conjonctif fibreux riche en fibres élastiques. Enfin, le frottis vaginal (recueil des cellules desquamées) renseignait autrefois sur le plan hormonal ; aujourd’hui, il sert surtout au dépistage de certains cancers du tractus génital.
🧠 À retenir absolument
- Endocol (canal cervical) : épithélium cylindrique simple, glandes à glaire cervicale (pénétration des SPZ à l’ovulation, protection, cristallise en feuille de fougère) ; varie avec le cycle.
- Exocol (museau de tanche) : épithélium malpighien non kératinisé, non modifié par le cycle.
- Zone de jonction endocol/exocol : brutale ; cible des cancers (HPV) et des frottis ; vaccin recommandé (filles et garçons).
- Vagin : muqueuse à épithélium malpighien non kératinisé (4 couches), chorion sans glandes ; musculeuse + adventice.
- Glycogène → métabolisé par les bacilles de Döderlein → acide lactique → pH acide protecteur.
❓ Questions fréquentes
Quelle est la différence entre endocol et exocol ?
L’endocol (canal cervical) a un épithélium cylindrique simple avec des glandes produisant la glaire cervicale, et varie avec le cycle. L’exocol (museau de tanche), en contact avec le vagin, a un épithélium malpighien non kératinisé et n’est pas modifié par le cycle.
À quoi sert la glaire cervicale ?
Elle détermine la pénétration des spermatozoïdes dans l’utérus en période ovulatoire et joue un rôle de protection (un « bouchon »). Sa quantité, son pH et sa viscosité dépendent du cycle ; à l’ovulation, elle est abondante, filante et cristallise en feuille de fougère.
Pourquoi la zone de jonction est-elle importante ?
Parce que c’est la frontière brutale entre l’endocol et l’exocol, très touchée par les cancers du col (liés au HPV). C’est la zone à privilégier pour le frottis de dépistage.
Comment est organisée la muqueuse vaginale ?
Son épithélium malpighien non kératinisé comporte quatre couches (basale, para-basale, moyenne riche en glycogène, superficielle à noyaux pycnotiques). Le chorion est un tissu conjonctif lâche, vascularisé, mais sans glandes.
Quel est le rôle des bacilles de Döderlein ?
Ces bactéries de la flore vaginale métabolisent le glycogène de l’épithélium en acide lactique, ce qui acidifie le vagin (pH bas). Cet environnement acide protège contre les infections.
🚀 Pour aller plus loin
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