Chapitre 21 — Stress et psychotraumatisme · Topic 1 : Le stress · Leçon 1.2
Cette leçon détaille les mécanismes biologiques du stress — axe HPA, cortisol, adrénaline — puis examine ses conséquences physiques, psychologiques et sociales, ainsi que les personnalités à risque et les stratégies d’intervention.
🎯 Objectifs pédagogiques
- Décrire les deux contre-réactions biologiques au stress (rapide et lente) ;
- Expliquer l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) ;
- Détailler les effets du stress chronique sur l’hippocampe ;
- Distinguer les conséquences du stress directes vs psychosomatiques ;
- Caractériser les personnalités de type A et type B ;
- Connaître les principales interventions thérapeutiques.
🧭 Plan de la leçon
- Réaction rapide : axe sympatho-adrénergique
- Réaction lente : axe HPA (CRH-ACTH-cortisol)
- Effets du stress chronique sur le cerveau
- Conséquences physiques et psychologiques
- Personnalités type A et type B
- Interventions thérapeutiques
1. Réaction rapide : axe sympatho-adrénergique
- Activation du système nerveux sympathique
- Stimulation des glandes médullo-surrénales
- Libération d’adrénaline et de noradrénaline dans le sang
- Effets immédiats (secondes) : augmentation FC, TA, vasodilatation musculaire, bronchodilatation
2. Réaction lente : axe HPA


L’axe HPA (Hypothalamo-Pituitary-Adrenal) fait le lien entre le cerveau et les glandes surrénales :
- Hypothalamus → libère la CRH (Corticotropin-Releasing Hormone)
- Hypophyse → libère l’ACTH (hormone corticotrope)
- Glandes cortico-surrénales → libèrent le cortisol (glucocorticoïde)
Le cortisol exerce un rétrocontrôle négatif sur l’hypothalamus et l’hypophyse pour limiter la réponse.
Stresseurs environnementaux activant l’axe HPA : perte d’emploi, difficultés maritales, abus dans l’enfance, divorce.
3. Effets du stress chronique sur le cerveau

La répétition du stress entraîne :
- Réduction du tonus inhibiteur de l’hypothalamus
- Hyperactivité de l’axe HPA → hypercortisolémie
- Effet excitotoxique du cortisol sur le champ CA3 de l’hippocampe :
- Atrophie dendritique
- Réduction de la spinogenèse
- Apoptose neuronale
- Diminution de la neurogenèse hippocampique
→ Conséquence : altération de la mémoire, vulnérabilité à la dépression et à l’ESPT.
4. Conséquences physiques et psychologiques
Les conséquences du stress s’analysent selon le modèle bio-psycho-social :
| Type | Conséquences |
|---|---|
| Directes | Atrophie hippocampique (CA3), altération immunité, augmentation cortisol chronique |
| Psychosomatiques / indirectes | Ulcères gastriques, maladies cardiovasculaires, dermatoses, troubles digestifs, troubles neurologiques, ORL |
| Psychologiques | Épuisement professionnel (burn-out), dépression, ESPT (voir Leçon 1.3) |
5. Personnalités type A et type B


| Caractéristique | Type A | Type B |
|---|---|---|
| Comportement | Course contre le temps, hyperactivité, compétition, agressivité | Nonchalance, désinvolture, calme |
| Risque CV | Risque cardiovasculaire ×2 ; insuffisance coronarienne | Pas de risque CV accru |
| Réaction au stress | Réponse physiologique exagérée et prolongée | Réponse modérée, récupération rapide |
6. Interventions thérapeutiques
| Catégorie | Exemples |
|---|---|
| Réduire les facteurs | Supprimer les toxiques (alcool, tabac), repos, hospitalisation si nécessaire |
| Thérapies de gestion du stress | Affirmation de soi, résolution de problèmes, gestion du temps |
| Approches corporelles | Relaxation, yoga, sport (libération d’endorphines) |
| Psychothérapies | TCC (thérapies cognitivo-comportementales), pleine conscience (mindfulness) |
| Médicaments | Anxiolytiques = faux amis (benzodiazépines : dépendance, court terme seulement) ; Antidépresseurs = bénéfiques au long terme, sans dépendance |
Les benzodiazépines sont efficaces à court terme mais créent une dépendance et une tolérance — le cours les qualifie de « faux amis ». Pour le traitement du stress chronique et des troubles associés, les antidépresseurs (ISRS, IRSN) sont préférables au long terme, sans dépendance.
🧠 À retenir absolument
- Réaction rapide : adrénaline + noradrénaline (système sympathique, médullosurrénales).
- Réaction lente : axe HPA → CRH (hypothalamus) → ACTH (hypophyse) → cortisol (corticosurrénales).
- Stress chronique → hypercortisolémie → atrophie CA3 hippocampe (dendrites, spinogenèse, apoptose) → altération mémoire.
- Conséquences : directes (hippocampe, immunité) + psychosomatiques (ulcères, maladies CV) + psychologiques (burn-out, ESPT).
- Type A : risque CV ×2, insuffisance coronarienne. Type B : nonchalant, pas de risque accru.
- Anxiolytiques = faux amis (dépendance) ; antidépresseurs = OK à long terme.
❓ Questions fréquentes
Quelle est la cascade de l’axe HPA ?
Hypothalamus → CRH → Hypophyse → ACTH → Glandes corticosurrénales → Cortisol. Le cortisol exerce ensuite un rétrocontrôle négatif sur l’hypothalamus et l’hypophyse pour limiter la réponse. C’est le mécanisme central de la réponse hormonale lente au stress.
Pourquoi le stress chronique atrophie-t-il l’hippocampe ?
Le stress chronique maintient une hypercortisolémie. Le cortisol est excitotoxique pour les neurones de CA3 (hippocampe) : il provoque une atrophie dendritique, réduit la spinogenèse et entraîne l’apoptose de neurones. Il réduit aussi la neurogenèse. Résultat : altération de la mémoire et vulnérabilité à la dépression et à l’ESPT.
Quelle est la différence entre les personnalités type A et type B ?
Type A : course contre le temps, hyperactivité, compétition, agressivité → risque cardiovasculaire ×2, insuffisance coronarienne. Type B : nonchalance, désinvolture → pas de risque CV accru. Le cours précise que le type A répond au stress de façon plus intense et plus prolongée.
Pourquoi les anxiolytiques sont-ils des « faux amis » ?
Les benzodiazépines soulagent l’anxiété à court terme mais créent une dépendance physique et psychologique, et une tolérance (nécessité d’augmenter les doses). Le cours les qualifie de « faux amis » du stress. Pour le stress chronique, les antidépresseurs (ISRS) sont préférables : efficaces à long terme, sans dépendance.
Quelles sont les conséquences psychosomatiques du stress ?
Ulcères gastriques (hypersécrétion acide), maladies cardiovasculaires, dermatoses (eczéma, psoriasis), troubles digestifs (côlon irritable), troubles neurologiques (céphalées de tension), troubles ORL (rhinites récidivantes). Elles résultent de l’activation prolongée de l’axe HPA et du système sympathique.
🚀 Pour aller plus loin
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.