Formation IFSI · Module B — Sciences biologiques et médicales
Formation aide-soignant · Blocs 1 & 2 — Soins de la personne et appréciation clinique · C1, C2, C3, C4, C5

⏱️ Durée : 12 min
🎓 Niveau : IFSI 2e–3e année
📚 Topic : Gériatrie, plaies et vaccination
🔑 Prérequis : Anatomie cutanée, cicatrisation (Module B ch. 5), leçon 1-2 ch. 16

Plus d’un million de Français vivent avec une plaie chronique. Ulcère veineux, escarre, plaie du pied diabétique, cicatrice chirurgicale : chacune nécessite un soin adapté à son stade évolutif. Le bon pansement au bon moment peut réduire de moitié le temps de cicatrisation — le mauvais peut aggraver la plaie.

🎯 Objectifs pédagogiques

  • Classifier une plaie selon sa nature, son stade et son degré de contamination.
  • Décrire les 3 phases de la cicatrisation (inflammation, prolifération, remodelage).
  • Choisir et réaliser un pansement adapté au stade de la plaie.
  • Réaliser une détersion mécanique et chimique.
  • Identifier les signes d’infection locale d’une plaie (NERDS, STONEES).

🧭 Plan de la leçon

  1. Classification des plaies
  2. Phases de cicatrisation
  3. Évaluation d’une plaie : l’outil TIME
  4. Choix des pansements selon le stade
  5. Détersion et signes d’infection

1. Classification des plaies

Critère Catégories
Durée Aiguë (<4–6 semaines) / Chronique (≥4–6 semaines sans cicatrisation)
Profondeur Superficielle (épiderme) / Partielle (derme) / Totale (hypoderme) / Profonde (fascias, muscle, os)
Cause Traumatique, chirurgicale, pression (escarre), vasculaire (ulcère), neuropathique (pied diabétique), tumorale
Contamination Propre / Contaminée / Infectée / Septique
Aspect du lit de plaie Nécrotique (noir) / Fibrineux (jaune) / Bourgeonnant (rouge) / Épidermisant (rosé)
Notion-clé

Plaies chroniques les plus fréquentes :
Ulcère veineux : insuffisance veineuse chronique, localisation malléolaire interne, fond fibrineux, bords irréguliers.
Escarre : pression sur proéminence osseuse, 4 stades NPUAP/EPUAP (cf. leçon 1-2 ch. 16).
Plaie du pied diabétique : neuropathie + artériopathie, risque d’ostéite, amputation.

2. Phases de cicatrisation

Phase Durée Processus biologiques Aspect clinique
1. Inflammation J0–J5 Hémostase, afflux de leucocytes, débridement naturel, production de cytokines Rougeur, chaleur, œdème, douleur ; fond exsudatif
2. Prolifération J5–J21 Angiogenèse, synthèse de collagène, formation du tissu de granulation, contraction des berges Tissu rouge vif et irrégulier (bourgeonnement), exsudat décroissant
3. Remodelage J21–18 mois Remodelage du collagène, maturation de la cicatrice, régression vasculaire Cicatrice blanchâtre, résistance progressive (max 80 % de la résistance initiale)

3. Évaluation d’une plaie : l’outil TIME

L’outil TIME est le cadre d’évaluation de référence pour les plaies chroniques (HAS, EWMA) :

  • T — Tissue (tissu) : caractériser le lit de plaie (nécrose, fibrine, granulation, épidermisation).
  • I — Infection/Inflammation : signes locaux d’infection (NERDS) ou systémiques (STONEES).
  • M — Moisture (humidité) : équilibre hydrique de la plaie (trop sèche → nécrose ; trop humide → macération).
  • E — Edge (berges) : progression des berges vers le centre (bonne cicatrisation) ou stagnation/rétraction (facteur bloquant).

4. Choix des pansements selon le stade

Type de pansement Indication principale Mécanisme/Avantage
Hydrocolloïde Plaie superficielle, exsudative modérée, phase de prolifération Gel protecteur, milieu humide, autolytique, changer tous les 3–5 j
Hydrogel (en plaque ou gel) Nécrose sèche à réhydrater, fibrine Apport d’eau, favorise la détersion autolytique ; ne pas utiliser sur plaie infectée
Alginate de calcium Plaie très exsudative, saignante Absorbe jusqu’à 20× son poids en exsudat ; hémostatique ; se gélifie au contact
Hydrofibres (Aquacel®) Plaie très exsudative, cavitaire Très haute absorption, gel cohésif, moins traumatique au retrait
Interfaces (Urgotul®) Plaie en cours de bourgeonnement/épidermisation Non adhérent, protège le tissu de granulation, change tous les 2–3 j
Mousse (Mepilex®, Biatain®) Plaie modérément à fortement exsudative Haute absorption, confort, maintien du milieu humide
Tulle gras Plaie propre peu exsudative, brûlure superficielle Évite l’adhérence, bon glissement ; changer tous les 1–2 j
Pansement argent Plaie infectée ou à haut risque infectieux Action antimicrobienne locale (bactériostatique) ; limiter dans le temps

5. Détersion et signes d’infection

Détersion : élimination des tissus nécrotiques, fibrineux et des débris qui freinent la cicatrisation.

  • Autolytique : maintien du milieu humide (hydrogel, hydrocolloïde) pour activer les enzymes naturelles du patient. Lente mais atraumatique.
  • Mécanique : curetage au bistouri ou curette, ou irrigation à la seringue/pression. Rapide mais douloureuse — prémédication antalgique nécessaire.
  • Enzymatique : application de collagénase (Santyl®) ou papaïne. Sélective, moins traumatique que la mécanique.
  • Biologique (asticots) : Lucilia sericata stériles dans des cas sélectionnés de nécrose résistante.

Infection locale — critères NERDS (superficiels) : Non-healing (pas de cicatrisation), Exudate increase, Red and bleeding (tissu rouge qui saigne), Debris, Smell (odeur). 3/5 ou plus = infection locale probable.

Infection profonde — critères STONEES : Size increase, Temperature increase, Os/probe to bone, New satellite lesions, Erythema/Edema, Exudate, Smell. Indique une infection profonde nécessitant antibiothérapie systémique.

Attention

L’antisepsie systématique d’une plaie chronique est contre-indiquée. L’eau de Javel, la Bétadine® forte et l’eau oxygénée sont cytotoxiques pour les fibroblastes et les cellules épithéliales, et retardent la cicatrisation. Le nettoyage au sérum physiologique (NaCl 0,9 %) est la règle. Les antiseptiques ne sont utilisés qu’en cas d’infection avérée et selon prescription.

🧠 À retenir absolument

  • 3 phases de cicatrisation : inflammation (J0–J5), prolifération (J5–J21), remodelage (J21–18 mois).
  • Outil TIME : Tissue, Infection, Moisture, Edge — cadre d’évaluation des plaies chroniques.
  • Lit de plaie : noir (nécrose) → jaune (fibrine) → rouge (granulation) → rosé (épidermisation).
  • Choix du pansement selon l’humidité de la plaie : absorber si trop humide (alginate, mousse), hydrater si trop sèche (hydrogel).
  • NERDS = infection superficielle ; STONEES = infection profonde.
  • Nettoyage au sérum phy 0,9 % ; antiseptiques forts contre-indiqués sur les plaies chroniques.

❓ Questions fréquentes

Peut-on utiliser de la Bétadine® pour nettoyer une plaie chronique ?

Non. La povidone iodée (Bétadine®) concentrée est cytotoxique pour les fibroblastes et les cellules épithéliales et retarde la cicatrisation des plaies chroniques. Le rinçage doit être réalisé au sérum physiologique (NaCl 0,9 %) sous pression douce. La Bétadine® ne peut être utilisée que sur des plaies aiguës pour la décontamination initiale ou sur prescription médicale en cas d’infection avérée.

Contenu pédagogique original — Réussir SVT · reussir-svt.com · Module IFSI B, Ch. 19

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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