Formation IFSI · Module B — Sciences biologiques et médicales
Formation aide-soignant · Blocs 1 & 2 — Soins de la personne et appréciation clinique · C1, C2, C3, C4, C5

⏱️ Durée : 12 min
🎓 Niveau : IFSI 2e–3e année
📚 Topic : Gériatrie, plaies et vaccination
🔑 Prérequis : Vieillissement physiologique (Module A, ch. 8), pharmacologie gériatrique

Chaque année en France, 2 millions de chutes chez les personnes âgées de plus de 65 ans, dont 12 000 décès. La chute est rarement « bête » : elle est le symptôme d’une ou plusieurs vulnérabilités que l’infirmier peut identifier et réduire. L’évaluation gériatrique standardisée est l’outil qui permet de voir le patient vieillissant dans toute sa complexité.

🎯 Objectifs pédagogiques

  • Décrire les principaux syndromes gériatriques (fragilité, dénutrition, confusion, chute).
  • Utiliser les outils d’évaluation gériatrique standardisée (MMS, GDS, ADL, IADL, TUG).
  • Identifier les facteurs de risque de chute (intrinsèques et extrinsèques).
  • Élaborer un plan de prévention des chutes personnalisé.
  • Prendre en charge une chute et ses complications.

🧭 Plan de la leçon

  1. Le vieillissement pathologique et les syndromes gériatriques
  2. Outils d’évaluation gériatrique standardisée
  3. Facteurs de risque de chute
  4. Prévention des chutes : stratégies multimodales
  5. Prise en charge d’une chute

1. Le vieillissement pathologique et les syndromes gériatriques

Le vieillissement physiologique réduit les réserves fonctionnelles mais n’entraîne pas de maladie par lui-même. C’est l’accumulation de déficits qui crée les syndromes gériatriques, ensemble de manifestations cliniques complexes à causes multiples :

Syndrome gériatrique Définition simplifiée Outils de dépistage
Fragilité État de vulnérabilité augmentée aux agressions (maladie, stress), réversible Phénotype de Fried (5 critères)
Dénutrition Déficit nutritionnel chronique avec perte de masse musculaire MNA®, IMC, périmètre mollet
Confusion aiguë (delirium) Trouble aigu et fluctuant de la conscience et de l’attention CAM (Confusion Assessment Method)
Démence Déclin cognitif chronique et progressif affectant l’autonomie MMSE, MoCA, ADL/IADL
Chute Contact involontaire du corps avec le sol, récurrent ou non Timed Up and Go, échelle de Berg
Dépression Trouble de l’humeur souvent masqué derrière des plaintes somatiques GDS-15 (Geriatric Depression Scale)
Notion-clé

Phénotype de Fried (fragilité) : perte de poids involontaire, asthénie, faiblesse musculaire, lenteur de marche, faible activité physique. 3 critères = fragile ; 1–2 = pré-fragile ; 0 = robuste. La fragilité est réversible par l’exercice physique, la nutrition et la révision médicamenteuse.

2. Outils d’évaluation gériatrique standardisée

Outil Domaine évalué Score seuil
MMSE (Mini Mental State Examination) Fonctions cognitives globales <24/30 = déficit ; <20 = sévère
MoCA (Montreal Cognitive Assessment) Fonctions exécutives, mémoire visuospatiale <26/30 = déficit cognitif léger
GDS-15 (Geriatric Depression Scale) Dépression >5/15 = dépression probable
ADL (Activities of Daily Living) Autonomie pour les AVQ de base (6 items) 6/6 = autonomie complète
IADL (Instrumental ADL) Autonomie instrumentale (téléphone, finances, médicaments) 8/8 = autonomie complète (femmes) ; 5/5 (hommes)
MNA® (Mini Nutritional Assessment) État nutritionnel <17 = dénutrition ; 17–23,5 = risque
Timed Up and Go (TUG) Mobilité et risque de chute >12 s = risque de chute élevé

3. Facteurs de risque de chute

Facteurs intrinsèques (liés au patient) :

  • Troubles de l’équilibre et de la marche (sarcopénie, pathologie neurologique).
  • Hypotension orthostatique.
  • Troubles de la vision (cataracte, DMLA).
  • Confusion, démence.
  • Médicaments à risque (psychotropes, anticoagulants, antihypertenseurs, diurétiques).
  • Douleur chronique, déconditionnement physique.
  • Peur de tomber (restriction d’activité paradoxalement source de déconditionnement).

Facteurs extrinsèques (liés à l’environnement) :

  • Sol glissant, obstacles, mauvais éclairage.
  • Chaussures inadaptées (talons, savates trop larges).
  • Lit trop haut, absence de barres d’appui.
  • Téléphone ou télécommande inaccessibles (patient se lève précipitamment).
Attention

Médicaments à risque de chute : les psychotropes (benzodiazépines, antidépresseurs, neuroleptiques), les antihypertenseurs et les diurétiques sont responsables de 40 % des chutes médicamenteuses chez la personne âgée. La révision médicamenteuse (déprescription des médicaments inutiles ou dangereux) est une mesure de prévention majeure mais souvent négligée.

4. Prévention des chutes : stratégies multimodales

La prévention des chutes est d’autant plus efficace qu’elle est multimodale (agissant sur plusieurs facteurs simultanément) :

  • Exercice physique : renforcement musculaire et travail de l’équilibre (Tai Chi, programme Otago) — réduction des chutes de 25–35 %.
  • Révision médicamenteuse : réduire ou arrêter les médicaments à risque en collaboration avec le médecin.
  • Correction des déficits sensoriels : lunettes adaptées, audition, éclairage.
  • Aménagement du domicile : tapis antidérapants, barres d’appui, éclairage nocturne, barre de lit.
  • Chaussage adapté : semelles antidérapantes, fermetures velcro, talon bas et large.
  • Éducation du patient et de l’entourage : reconnaître les situations à risque, utiliser les aides à la mobilité.
  • Alarme ou détecteur de chute : pour les patients vivant seuls à domicile.

5. Prise en charge d’une chute

Protocole de prise en charge :

  1. Bilan immédiat : évaluer les lésions (fracture, hématome, plaie), constantes vitales, Glasgow, douleur.
  2. Syndrome de la « longue station au sol » : si le patient est resté au sol plus de 1 heure, risque de rhabdomyolyse, hypothermie, déshydratation — bilan biologique urgent.
  3. Relevé du patient : utiliser la technique de relever progressive (de la position au sol vers une position debout en 4 temps) en sécurité, ou le lève-malade si incapable.
  4. Traçabilité : déclaration EIAS (événement indésirable), fiche de chute, analyse des circonstances.
  5. Bilan étiologique : identifier la cause de la chute pour prévenir la récidive.
  6. Plan de prévention : révision médicamenteuse, kiné, aménagement du domicile.

🧠 À retenir absolument

  • 2 millions de chutes/an chez les >65 ans, 12 000 décès.
  • Syndromes gériatriques : fragilité (Fried), dénutrition (MNA), confusion (CAM), démence (MMSE), chute (TUG), dépression (GDS-15).
  • TUG >12 s = risque élevé de chute.
  • Médicaments à risque : psychotropes, antihypertenseurs, diurétiques (40 % des chutes).
  • Prévention multimodale : exercice, révision médicamenteuse, correction sensorielle, aménagement, chaussage.
  • Syndrome de longue station au sol : rhabdomyolyse, hypothermie, déshydratation — bilan urgent.

❓ Questions fréquentes

Quelle est la différence entre confusion aiguë et démence ?

La confusion aiguë (delirium) est un trouble aigu et fluctuant (heures à jours), réversible, de l’attention et de la conscience, souvent lié à une cause médicale aiguë (infection, médicament, déshydratation). Elle peut se greffer sur une démence préexistante. La démence est un syndrome chronique et progressif (mois à années) de déclin cognitif global affectant l’autonomie, non réversible. Distinguer les deux est crucial car la confusion aiguë impose une recherche urgente de cause traitée.

Contenu pédagogique original — Réussir SVT · reussir-svt.com · Module IFSI B, Ch. 19

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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