Chapitre 17 — Les organes génitaux masculins · Topic 2 : Les testicules et les voies spermatiques · Leçon 2.3
Le trajet des spermatozoïdes s’achève dans la prostate, carrefour des voies urinaires et spermatiques. Cette leçon décrit la vésicule séminale, le conduit éjaculateur, puis la prostate — sa situation, ses quatre zones et sa vascularisation.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- décrire la vésicule séminale et son rôle ;
- expliquer la formation du conduit éjaculateur ;
- situer la prostate et décrire sa forme ;
- nommer ses quatre zones et leur intérêt clinique ;
- citer les deux artères des voies spermatiques.
🧭 Plan de la leçon
- La vésicule séminale et le conduit éjaculateur
- La prostate
- La vascularisation des voies spermatiques
1. La vésicule séminale et le conduit éjaculateur
La vésicule séminale est une glande génitale secondaire paire, annexée aux voies spermatiques. Elle sécrète le liquide séminal, qui représente une grande partie de l’éjaculat.
Situation : à la face postérieure de la vessie.
Morphologie : elle ne mesure que 2 cm, car elle est très enroulée sur elle-même, et elle est multilobulée. Elle contient un canal qui rejoint l’ampoule déférentielle, à la base de la prostate, pour former avec elle le conduit éjaculateur.

C’est un conduit spermatique intra-prostatique et pair. Il naît de l’union du conduit déférent et du canal de la vésicule séminale, au niveau de l’ampoule déférentielle, à la base de la prostate. Il se termine à la face postérieure de l’urètre prostatique, au niveau du colliculus seminalis.
2. La prostate
La prostate est une glande génitale secondaire exocrine impaire. Ses sécrétions donnent un certain volume à l’éjaculat, et elle constitue le carrefour des voies urinaires et spermatiques.
Situation : directement sous la vessie.
Morphologie : elle a une forme conique de châtaigne, à base supérieure et sommet (apex) inférieur. Son volume est de 15 à 20 cm³ chez un homme jeune, mais il augmente physiologiquement avec l’âge.
À partir de 70 ans, le volume prostatique peut atteindre 70 à 80 cm³. Comme la prostate entoure l’urètre, cette augmentation peut l’obstruer et provoquer des troubles mictionnels, nécessitant une chirurgie légère.
La prostate est divisée en quatre zones.
| Zone | Situation |
|---|---|
| ① De transition | Autour de l’urètre |
| ② Centrale | Autour des canaux éjaculateurs |
| ③ Périphérique | Autour des zones de transition et centrale |
| ④ Fibro-musculaire | Recouvre les autres zones et ferme la prostate ; dépourvue de glandes |
Ces zones ne sont pas des lobes et ne sont pas dissociables les unes des autres. Elles sont importantes cliniquement car elles représentent des sites privilégiés pour les adénomes (tumeurs bénignes) et les adénocarcinomes (tumeurs malignes) prostatiques.
La prostate contient :
- l’urètre prostatique ;
- les deux conduits éjaculateurs (droit et gauche).
L’urètre est le conduit terminal impair des voies urinaires et spermatiques.
3. La vascularisation des voies spermatiques
La vascularisation artérielle repose principalement sur deux artères :
| Artère | Origine et territoire |
|---|---|
| ① Du conduit déférent | Déjà vue avec les testicules : elle vascularise le conduit déférent et les vésicules séminales. |
| ② Prostatique | Naît de l’artère génitale accessoire, elle-même issue de l’artère iliaque interne. Elle vascularise la prostate et, accessoirement, la partie inférieure de la vessie. |

La vascularisation veineuse se fait sous forme d’un réseau anastomotique (ou plexus veineux) situé autour de la prostate et de la vessie. Ce plexus se différencie ensuite en veine vésicale supérieure et veine prostatique, bien distinctes, qui se jettent in fine dans la veine iliaque interne.

La richesse de ce plexus veineux péri-prostatique explique que les opérations de la prostate soient volontiers hémorragiques. Rappelle-toi également que les nerfs caverneux longent les faces latérales de la prostate : la chirurgie prostatique cumule donc un risque hémorragique et un risque d’impuissance érectile.
🧠 À retenir absolument
- Vésicule séminale : glande secondaire paire, face postérieure de la vessie, 2 cm (très enroulée), multilobulée ; sécrète le liquide séminal (grande partie de l’éjaculat).
- Conduit éjaculateur : pair, intra-prostatique ; naît de l’union conduit déférent + canal de la vésicule séminale à l’ampoule déférentielle ; se termine sur la face postérieure de l’urètre prostatique, au colliculus seminalis.
- Prostate : glande exocrine impaire, sous la vessie, en châtaigne (base supérieure, apex inférieur), 15-20 cm³ chez le sujet jeune ; carrefour urinaire/spermatique.
- 4 zones : transition (autour de l’urètre), centrale (autour des canaux éjaculateurs), périphérique, fibro-musculaire (sans glandes, ferme la prostate). Pas des lobes, non dissociables ; sites des adénomes et adénocarcinomes.
- Contenu de la prostate : urètre prostatique + 2 conduits éjaculateurs.
- Artères : du conduit déférent et prostatique (génitale accessoire ← iliaque interne). Veines : plexus péri-prostatique → veine vésicale supérieure + veine prostatique → iliaque interne.
❓ Questions fréquentes
Comment se forme le conduit éjaculateur ?
Par l’union du conduit déférent (au niveau de son ampoule déférentielle) et du canal de la vésicule séminale, à la base de la prostate. Il est pair et intra-prostatique, et se termine au colliculus seminalis sur la face postérieure de l’urètre prostatique.
Quelles sont les quatre zones de la prostate ?
La zone de transition (autour de l’urètre), la zone centrale (autour des canaux éjaculateurs), la zone périphérique (autour des deux précédentes) et la zone fibro-musculaire, qui recouvre les autres, ferme la prostate et ne contient pas de glandes.
Pourquoi parle-t-on de zones et non de lobes prostatiques ?
Parce que ces zones ne sont pas dissociables les unes des autres, contrairement à des lobes. Leur intérêt est clinique : ce sont des sites privilégiés d’adénomes (tumeurs bénignes) et d’adénocarcinomes (tumeurs malignes).
Pourquoi la prostate provoque-t-elle des troubles urinaires avec l’âge ?
Parce que son volume augmente physiologiquement : de 15-20 cm³ chez le sujet jeune, il peut atteindre 70 à 80 cm³ après 70 ans. Comme la prostate entoure l’urètre, cette hypertrophie peut l’obstruer et gêner la miction.
Quel est le drainage veineux de la prostate ?
Un plexus veineux anastomotique entoure la prostate et la vessie ; il se différencie en veine vésicale supérieure et veine prostatique, qui se jettent finalement dans la veine iliaque interne. Sa richesse explique le caractère hémorragique de la chirurgie prostatique.
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