Chapitre 11 — La face · Topic 2 : Les grands os de la face : maxillaire et mandibule · Leçon 2.2
La mandibule est un os impair et médian qui compose la totalité de la mâchoire inférieure. Elle comprend un corps en fer à cheval et deux branches montantes, et s’articule au crâne par l’articulation temporo-mandibulaire. Cette leçon décrit sa morphologie, ses muscles et son articulation.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- décrire le corps de la mandibule ;
- situer la symphyse mentonnière et le foramen mentonnier ;
- décrire les branches montantes et leurs processus ;
- relier la mandibule à ses muscles ;
- expliquer l’articulation temporo-mandibulaire.
🧭 Plan de la leçon
- Le corps de la mandibule
- Les branches montantes
- L’articulation temporo-mandibulaire
1. Le corps de la mandibule
La mandibule présente trois portions : un corps (médian, incurvé en fer à cheval) et deux branches montantes (latérales et ascendantes). Le corps a deux faces et deux bords.

La face latérale du corps est convexe et porte sur la ligne médiane une crête verticale : la symphyse mentonnière, site de fusion des deux hémi-mandibules embryonnaires, terminée en bas par l’éminence mentonnière (le menton). En dehors du menton, le foramen mentonnier est l’orifice de sortie du canal dentaire inférieur, laissant passer les nerfs alvéolaires inférieurs (branches du nerf mandibulaire V3).

La face médiale du corps, concave, porte au centre quatre épines mentonnières (insertion des muscles génio-glosses et génio-hyoïdiens) puis la ligne mylo-hyoïdienne (insertion du muscle mylo-hyoïdien, principal muscle du plancher buccal). Cette ligne divise la face médiale en deux : en avant la fossette sublinguale (glande sublinguale), en arrière la fossette submandibulaire (glande submandibulaire). Le bord supérieur (alvéolaire) loge les racines des dents inférieures ; le bord inférieur porte la fossette du digastrique (insertion du muscle digastrique : ventre antérieur, ventre postérieur, tendon intermédiaire).

2. Les branches montantes

Les branches montantes se détachent de l’extrémité postérieure du corps. Chacune a deux faces, quatre bords et deux processus. La face latérale porte une crête d’insertion du muscle masséter (le plus volumineux des masticateurs, de l’arcade zygomatique à l’angle de la mâchoire). La face médiale présente l’orifice d’entrée du canal dentaire inférieur et l’insertion du muscle ptérygoïdien médial.

La contraction pathologique du masséter peut provoquer un trismus (limitation de l’ouverture buccale) ou un bruxisme (grincement des dents). Ces deux troubles peuvent être traités par injection de toxine botulique.

Le bord supérieur de la branche présente deux saillies séparées par l’échancrure sigmoïde : en avant le processus coronoïde (insertion du muscle temporal, non articulaire), en arrière le processus condylien. Le bord inférieur rejoint le bord postérieur en formant l’angle de la mâchoire (ou gonion).

3. L’articulation temporo-mandibulaire
Le versant antérieur (tête) du processus condylien s’articule avec le condyle de l’os temporal, via un ménisque, pour former l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) ; son versant postérieur est non articulaire. L’ATM n’est pas congruente car elle met en liaison deux surfaces condyliennes de même forme : d’où la nécessité d’un ménisque intra-articulaire « en double forme inversée » qui s’intercale et rétablit la congruence.
Articulation de la mandibule : en haut, avec l’os temporal. Fonctions : la mandibule porte la dentition inférieure et contribue à la mastication par les mouvements de l’ATM.
🧠 À retenir absolument
- Mandibule : os impair et médian, seule mâchoire inférieure ; 3 portions = corps (fer à cheval) + 2 branches montantes.
- Corps : symphyse mentonnière (fusion des hémi-mandibules) → menton ; foramen mentonnier (canal dentaire inférieur, nerfs alvéolaires inférieurs du V3) ; ligne mylo-hyoïdienne ; fossettes sublinguale et submandibulaire.
- Branches montantes : masséter (face latérale), ptérygoïdien médial (face médiale) ; échancrure sigmoïde entre processus coronoïde (temporal, non articulaire) et processus condylien ; angle = gonion.
- ATM : tête du condyle + condyle du temporal via un ménisque ; articulation non congruente → ménisque en double forme inversée.
- Fonctions : porte les dents inférieures, assure la mastication. Masséter pathologique → trismus / bruxisme.
❓ Questions fréquentes
Qu’est-ce que la symphyse mentonnière ?
Une crête verticale médiane de la face latérale du corps, site de fusion des deux hémi-mandibules embryonnaires. Elle se termine en bas par l’éminence mentonnière (le menton).
Que laisse passer le foramen mentonnier ?
Il est l’orifice de sortie du canal dentaire inférieur et laisse passer les nerfs alvéolaires inférieurs, branches du nerf mandibulaire (V3). Il se trouve en dehors du menton.
Quelle différence entre processus coronoïde et condylien ?
Le processus coronoïde (en avant) reçoit le muscle temporal et n’est pas articulaire. Le processus condylien (en arrière) porte une tête articulaire qui forme, avec le temporal, l’articulation temporo-mandibulaire. Ils sont séparés par l’échancrure sigmoïde.
Pourquoi l’ATM a-t-elle besoin d’un ménisque ?
Parce qu’elle met en contact deux surfaces condyliennes de même forme : elle n’est donc pas congruente. Un ménisque intra-articulaire en double forme inversée s’intercale entre les deux surfaces pour rétablir la congruence et permettre les mouvements de mastication.
🚀 Pour aller plus loin
Tu as terminé le chapitre sur la face. La suite explore les cavités de la face.
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