Chapitre 1 — Introduction au monde du vivant · Topic 2 : Origine du vivant et des eucaryotes · Leçon 2.5
Te voilà au bout du chemin de ce topic : tu as vu apparaître les molécules, l’ARN, la cellule, puis l’arbre du vivant. Le moment est venu de trancher : qu’est-ce qui est vivant, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Deux objets vont mettre ta définition à l’épreuve — les virus et les prions. Tous deux sont infectieux, parfois mortels… et pourtant aucun n’est considéré comme vivant. Cette leçon de synthèse t’explique pourquoi, et te donne une définition que tu pourras réutiliser toute l’année.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- récapituler les critères qui définissent le vivant ;
- appliquer ces critères pour classer eucaryotes, procaryotes, virus et prions ;
- expliquer pourquoi un virus n’est pas considéré comme vivant ;
- définir un prion et expliquer pourquoi il n’est pas vivant ;
- formuler une définition opérationnelle du vivant.
🧭 Plan de la leçon
- Récapitulons : qu’est-ce qui définit le vivant ?
- Le tableau de référence : quatre cas
- Les virus : à la frontière du vivant
- Les prions : une protéine infectieuse
- Synthèse : une définition opérationnelle
1. Récapitulons : qu’est-ce qui définit le vivant ?
Depuis la leçon 1.1, tu connais les trois grands caractères du vivant : les échanges avec le milieu, le métabolisme et la croissance, et la reproduction à l’identique. Tout le Topic 2 a précisé ce que cela suppose concrètement, au niveau le plus fondamental. On peut retenir trois critères décisifs :
- être constitué d’une ou plusieurs cellules (organisation cellulaire — leçon 2.3) ;
- posséder une information génétique portée par un acide nucléique (ADN ou ARN — leçon 2.2) ;
- être capable de se reproduire de façon autonome, en entretenant un métabolisme.
Le critère le plus discriminant, on va le voir, est l’autonomie de reproduction.
2. Le tableau de référence : quatre cas
Appliquons ces critères à quatre objets biologiques. Ce tableau est à connaître par cœur :
| Information génétique | Autoreproduction autonome | Vivant ? | |
|---|---|---|---|
| Eucaryotes | ADN | OUI | OUI |
| Procaryotes | ADN | OUI | OUI |
| Virus | ADN ou ARN | NON | NON |
| Prions | Aucune (protéine) | NON | NON |
Deux cas ne posent pas de problème : eucaryotes et procaryotes sont cellulaires, possèdent un génome à ADN et se reproduisent seuls → ils sont vivants. Les deux cas instructifs sont les virus et les prions.
3. Les virus : à la frontière du vivant
Un virus possède bien une information génétique (ADN ou ARN, selon le virus). Mais il lui manque l’essentiel : il est acellulaire (ce n’est pas une cellule) et il n’a pas de métabolisme propre.
Surtout, il est incapable de se reproduire seul : pour se multiplier, il doit détourner la machinerie d’une cellule hôte. C’est un parasite intracellulaire obligatoire.
Faute d’autonomie de reproduction, le virus n’est pas considéré comme vivant — même s’il se situe « à la frontière » du vivant et qu’il évolue. (Tu avais déjà croisé les virus à ARN en leçon 2.2.)
4. Les prions : une protéine infectieuse

Le prion est encore plus déroutant : c’est une simple protéine, sans aucun acide nucléique, donc sans information génétique. Le terme, forgé par Stanley Prusiner en 1982, signifie « particule protéique infectieuse ».
Comment se « propage »-t-il alors ? La protéine adopte une conformation anormale et force les protéines normales voisines à se replier de la même façon, de proche en proche.
Ce mécanisme provoque des maladies neurodégénératives (encéphalopathies spongiformes) comme la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le kuru, la tremblante du mouton ou l’ESB (« maladie de la vache folle »). Mais comme le prion ne possède ni acide nucléique ni reproduction au sens biologique, il n’est pas vivant.
L’idée qu’un agent infectieux puisse être dépourvu d’acide nucléique était si révolutionnaire qu’elle a longtemps été contestée. Elle a finalement valu à Stanley Prusiner le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1997, « pour sa découverte des prions, un nouveau principe biologique d’infection ».
- « Les virus sont des micro-organismes vivants » — Non : ils sont acellulaires et ne se reproduisent pas seuls.
- « Un prion contient un peu d’ADN ou d’ARN » — Non : c’est une protéine, strictement sans acide nucléique. C’est ce qui le distingue du virus.
- « Non vivant = inoffensif » — Faux : virus et prions provoquent des maladies graves, sans pour autant être vivants.
5. Synthèse : une définition opérationnelle
On peut maintenant énoncer une définition claire, utilisable au concours comme en cours :
Est vivant tout système constitué d’une ou plusieurs cellules, possédant une information génétique sous forme d’acide nucléique (ADN ou ARN) et capable de se reproduire de façon autonome tout en entretenant un métabolisme. Les virus (pas d’autonomie de reproduction, acellulaires) et les prions (protéines sans information génétique) ne remplissent pas ces critères : ils ne sont pas vivants.
🧠 À retenir absolument
- Critères du vivant : organisation cellulaire + information génétique (acide nucléique) + autoreproduction autonome et métabolisme.
- Eucaryotes & procaryotes : ADN, autoreproduction → VIVANTS.
- Virus : ADN ou ARN, mais acellulaire et parasite obligatoire (pas d’autoreproduction) → NON vivant.
- Prions : protéine sans acide nucléique, propagation par changement de conformation → NON vivant (Prusiner, Nobel 1997).
- Non vivant ≠ inoffensif : virus et prions sont pathogènes (ex. Creutzfeldt-Jakob, ESB).
❓ Questions fréquentes
Quels critères permettent de dire qu’un objet biologique est vivant ?
Trois critères décisifs : être constitué d’une ou plusieurs cellules, posséder une information génétique sous forme d’acide nucléique (ADN ou ARN), et être capable de se reproduire de façon autonome tout en entretenant un métabolisme. Le critère le plus discriminant est l’autonomie de reproduction : c’est lui qui exclut les virus et les prions.
Pourquoi un virus n’est-il pas considéré comme vivant ?
Un virus possède bien une information génétique (ADN ou ARN), mais il est acellulaire, dépourvu de métabolisme propre, et surtout incapable de se reproduire seul : il doit détourner la machinerie d’une cellule hôte. Ce parasitisme obligatoire, donc l’absence d’autonomie de reproduction, le place hors du vivant — à sa frontière.
Qu’est-ce qu’un prion ?
Un prion est une particule protéique infectieuse, dépourvue d’acide nucléique, donc sans information génétique. Le terme a été créé par Stanley Prusiner en 1982. Un prion est une protéine qui a adopté une conformation anormale et qui propage cette anomalie en forçant les protéines normales voisines à se replier de la même façon.
Pourquoi un prion n’est-il pas vivant alors qu’il est infectieux ?
Parce qu’il ne remplit aucun des critères du vivant : ce n’est pas une cellule, il ne possède pas d’information génétique (c’est une protéine, sans ADN ni ARN) et il ne se reproduit pas au sens biologique — il se contente de convertir des protéines existantes. Infectieux ne signifie donc pas vivant. Cette découverte a valu le prix Nobel 1997 à Prusiner.
Quelle est la différence entre un virus et un prion ?
Le virus possède une information génétique (ADN ou ARN) enfermée dans une capside protéique ; le prion est une simple protéine, sans aucun acide nucléique. Tous deux sont infectieux et non vivants, mais le virus détourne une cellule hôte pour se répliquer, tandis que le prion se propage en modifiant la conformation d’autres protéines.
🚀 Pour aller plus loin
Tu sais désormais définir le vivant. Place à l’étude concrète des cellules et aux outils du biologiste (Topic 3) :
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.