Chapitre 15 — Hormones et procréation humaine · Thème 3.A : Procréation
et sexualité humaine · Leçon 3.2

⏱️ Durée : 20 min
🎓 Niveau : Seconde générale
📚 Topic : Assistance médicale à la procréation et IST
🔑 Prérequis : Chapitres 1 (cellules) et 13 (appareils génitaux), notion
d’infection

Les infections sexuellement transmissibles (IST) touchent chaque année des
millions de personnes dans le monde et environ 1 personne sur 4 en aura une
au cours de sa vie. Beaucoup sont asymptomatiques — on peut être infecté(e)
sans le savoir et contaminer d’autres personnes — mais elles peuvent avoir des conséquences
graves : stérilité, cancers, transmission au bébé
pendant la grossesse. Bonne nouvelle : toutes se préviennent, et la
plupart se traitent efficacement quand elles sont détectées tôt.

🎯 Objectifs pédagogiques

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Définir une IST et identifier ses différentes origines (bactérienne, virale,
    parasitaire, fongique).
  • Citer les IST les plus fréquentes en France et leurs conséquences.
  • Expliquer pourquoi le préservatif est le seul moyen protégeant à la
    fois contre les IST et les grossesses non désirées.
  • Justifier l’intérêt de la vaccination anti-HPV et du dépistage régulier.
  • Analyser une étude épidémiologique (cohorte suédoise 2020) démontrant l’efficacité de
    la vaccination HPV.

🧭 Plan de la leçon

  1. Qu’est-ce qu’une IST ? Définition et diversité.
  2. Les principales IST en France.
  3. Le préservatif : la protection universelle.
  4. La vaccination : HPV et hépatite B.
  5. Dépistage, traitement et information.
  6. Argument scientifique : l’efficacité démontrée du vaccin HPV.

1. Qu’est-ce qu’une IST ?

Une Infection Sexuellement Transmissible (IST, autrefois appelée MST
— Maladie Sexuellement Transmissible) est une infection transmissible principalement lors
de rapports sexuels non protégés (vaginaux, anaux, oraux). Certaines peuvent
aussi se transmettre par le sang, par la mère à l’enfant pendant la grossesse ou
l’accouchement, plus rarement par contact cutané.

Les IST sont provoquées par des micro-organismes pathogènes variés
(revoir la notion de cellule et de micro-organisme, chapitre 1) :

Type d’agent Exemples d’IST
Bactérie Chlamydia, gonorrhée (blennorragie), syphilis
Virus VIH/SIDA, HPV (papillomavirus), herpès génital, hépatite B
Parasite Trichomonase, gale, morpions (poux du pubis)
Champignon Candidose (favorisée par certains rapports)

La particularité inquiétante des IST : beaucoup sont asymptomatiques
au début, en particulier chez les femmes. On peut donc être contagieux sans le savoir. C’est
pourquoi le dépistage régulier est essentiel dès qu’on a une vie sexuelle
active.

2. Les principales IST en France

IST Agent Conséquences si non traitée
Chlamydia (la plus fréquente) Bactérie Chlamydia trachomatis Stérilité par obstruction des trompes, grossesse extra-utérine
Gonorrhée Bactérie Neisseria gonorrhoeae Infections pelviennes, stérilité ; résistances aux antibiotiques croissantes
Syphilis Bactérie Treponema pallidum Atteintes cardiaques et neurologiques (démence) tardives
HPV (Papillomavirus) Virus (plus de 200 types) Cancers du col de l’utérus, de l’anus, ORL (bouche, gorge)
VIH / SIDA Rétrovirus Effondrement du système immunitaire ; maladies opportunistes
Hépatite B Virus Cirrhose et cancer du foie

Quelques chiffres : la chlamydia touche environ
250 000 personnes par an en France ; le HPV concerne
80 % des personnes sexuellement actives à un moment de leur vie ; environ
6 500 nouvelles séropositivités au VIH sont découvertes chaque année
(Santé Publique France, 2023). La syphilis et la gonorrhée sont en forte reprogression
depuis 2000.

⚠️ IST asymptomatiques : le piège

Plus de 70 % des infections à chlamydia chez la femme et la moitié chez
l’homme ne présentent aucun symptôme. On peut donc transmettre l’infection à son ou
sa partenaire sans le savoir, et découvrir des années plus tard une stérilité tubaire. Le
dépistage régulier est le seul moyen fiable.

3. Le préservatif : la protection universelle

Le préservatif (externe, dit « masculin », ou interne, dit
« féminin ») est un dispositif en latex ou en polyuréthane qui constitue une
barrière mécanique aux fluides corporels (sperme, sécrétions vaginales,
sang).

Il présente deux propriétés uniques :

  • C’est la seule contraception qui protège aussi contre les IST.
  • Il est efficace contre la plupart des IST (VIH, chlamydia, gonorrhée,
    hépatite B, syphilis). Il ne protège que partiellement contre les IST à transmission
    cutanée (HPV, herpès), d’où l’importance de compléter par la vaccination et le dépistage.
💡 Le savais-tu ?

Depuis le 1er janvier 2023, les préservatifs externes sont
gratuits en pharmacie pour toutes les personnes de moins de 26 ans en
France, sans ordonnance. Cette mesure de santé publique vise à améliorer la prévention chez
les jeunes, qui sont la population la plus touchée par les IST.

4. La vaccination : HPV et hépatite B

La vaccination permet de prévenir efficacement plusieurs IST virales pour
lesquelles il n’existe pas de traitement curatif direct.

Vaccin anti-HPV (Gardasil 9) :

  • Recommandé dès 11 ans pour les filles ET les garçons
    (schéma 2 doses avant 15 ans, 3 doses après), rattrapage possible jusqu’à 19 ans.
  • Protège contre les 9 souches d’HPV les plus dangereuses, dont les types 16 et 18
    responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus.
  • Couverture vaccinale en France : seulement ~50 % — très en retard
    par rapport au Royaume-Uni (~85 %) ou à l’Australie (>80 %).
  • Depuis 2023, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la vaccination en milieu scolaire
    (5e) pour améliorer la couverture.

Vaccin contre l’hépatite B : obligatoire chez le nourrisson en France
depuis 2018. Grâce à cette obligation vaccinale, la France a quasi éliminé les
nouvelles contaminations chez l’enfant.

5. Dépistage, traitement et information

Une prévention efficace repose aussi sur trois autres piliers :

  • Dépistage régulier : gratuit et anonyme dans les
    CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic).
    Tests sanguins (VIH, syphilis, hépatites), tests urinaires ou prélèvements locaux (chlamydia,
    gonorrhée). Depuis 2022, le dépistage du VIH est gratuit sans ordonnance en
    laboratoire pour tous.
  • Traitement précoce : antibiothérapie pour les IST bactériennes
    (chlamydia, gonorrhée, syphilis) ; antiviraux pour les IST virales (VIH, hépatite B, herpès).
    La trithérapie a transformé le VIH en maladie chronique : une personne
    séropositive sous traitement efficace ne transmet plus le virus (concept « U=U »,
    Undetectable = Untransmittable).
  • PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) : traitement préventif contre le
    VIH pris avant un rapport à risque. Remboursé à 100 % en France depuis 2016.
  • Information et éducation : les séances d’Éducation à la
    Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle
    (EVARS, ex-« éducation à la sexualité »)
    sont obligatoires dans les écoles françaises depuis 2001 (loi Aubry).

6. Argument scientifique : l’efficacité démontrée de la vaccination HPV

Comment sait-on que le vaccin anti-HPV réduit réellement le nombre de cancers du col de
l’utérus dans la population, et pas seulement le nombre d’infections ?

🔬 L’argument scientifique en trois temps

Question de départ : La vaccination anti-HPV réduit-elle réellement
l’incidence du cancer invasif du col de l’utérus dans une population vaccinée par rapport à
une population non vaccinée ?

Protocole : L’équipe de Jiayao Lei (Institut
Karolinska, Suède) publie en 2020 dans le New England Journal of Medicine les
résultats d’une étude de cohorte portant sur 1 672 983 femmes suédoises
âgées de 10 à 30 ans, suivies entre 2006 et 2017. Les chercheurs comparent l’incidence du
cancer invasif du col utérin chez les femmes vaccinées vs. non vaccinées, avec ajustement
statistique pour tous les facteurs confondants (âge, antécédents familiaux, éducation,
dépistage). Des études nationales complémentaires sont menées en Australie (vaccination
massive dès 2007), au Royaume-Uni, au Danemark et aux États-Unis.

Résultats observés : Réduction de 63 % du risque
de cancer invasif du col utérin chez les femmes vaccinées entre 17 et 30 ans, et jusqu’à
88 % chez celles vaccinées avant 17 ans. L’effet est
dose-dépendant (plus tôt et plus complètement on vaccine, plus la protection
est forte). L’Australie, qui vaccine massivement depuis 2007 (couverture >80 %), est en voie
d’éliminer le cancer du col d’ici 2035.

Conclusion : Cette étude à très grande échelle démontre l’efficacité
populationnelle de la vaccination HPV, au-delà de la seule protection individuelle
contre l’infection. En France, la couverture vaccinale insuffisante
(~50 %) coûte, selon l’Institut National du Cancer, environ 1 000 décès
évitables par an
. Améliorer cette couverture est un enjeu majeur de santé publique,
de recherche et d’éducation à la sexualité.

✍️ Ça donne quoi dans un contrôle ?

Version courte, réutilisable en devoir surveillé (moins de 100 mots) :

« Une IST est une infection transmise principalement lors de rapports sexuels
non protégés, causée par des bactéries (chlamydia, syphilis), virus (VIH, HPV, hépatite B),
parasites ou champignons. La prévention repose sur : le préservatif
(seule protection efficace contre la plupart des IST et seule contraception protégeant des
IST), la vaccination (HPV, hépatite B), le dépistage
régulier en CeGIDD et l’information. Le vaccin anti-HPV réduit de 63 % le
risque de cancer du col de l’utérus. »

🧠 À retenir absolument

  • IST = infection transmise lors de rapports sexuels non protégés
    (bactérie, virus, parasite, champignon).
  • Les plus fréquentes en France : chlamydia, HPV,
    gonorrhée, syphilis, VIH, hépatite B.
  • Le préservatif est la seule protection contre la plupart des
    IST et la seule contraception protectrice.
  • La vaccination anti-HPV (dès 11 ans, filles et garçons) réduit le
    cancer du col de l’utérus de 63 à 88 % selon l’âge (Lei et al. NEJM 2020).
  • Le dépistage est gratuit et anonyme en CeGIDD ; la trithérapie fait du
    VIH une maladie chronique non transmissible sous traitement.

❓ Questions fréquentes

La pilule protège-t-elle des IST ?

Non. La pilule contraceptive (leçon 2.1) bloque uniquement l’ovulation
pour éviter une grossesse. Elle n’a aucun effet sur la transmission des
micro-organismes responsables des IST. Seul le préservatif combine
contraception et prévention des IST. C’est pourquoi la double protection (pilule
+ préservatif) est souvent recommandée en début de relation.

Pourquoi vacciner aussi les garçons contre le HPV ?

Le HPV n’attaque pas que les femmes ! Il provoque aussi des cancers de l’anus,
du pénis et surtout des cancers ORL (bouche, gorge,
amygdales) en forte progression chez l’homme. Vacciner les garçons les protège
individuellement et renforce l’immunité collective (les garçons ne transmettent
plus le virus à leurs partenaires), un principe déjà utilisé pour la rubéole.

Peut-on guérir d’une IST ?

Cela dépend de l’agent en cause. Les IST bactériennes (chlamydia,
gonorrhée, syphilis) se guérissent totalement avec des antibiotiques si
elles sont traitées à temps. Les IST virales (VIH, HPV, herpès, hépatite B)
ne se guérissent pas complètement, mais des traitements antiviraux
permettent de contrôler l’infection (VIH avec trithérapie), voire de la faire disparaître
(hépatite B chez la majorité des adultes).

Où se faire dépister quand on est mineur ?

Les CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de
diagnostic), les Centres de Planification et certaines infirmières
scolaires proposent des dépistages gratuits, anonymes, sans autorisation
parentale
. Depuis 2022, tout le monde peut aussi faire un test VIH en laboratoire
d’analyse médicale, gratuitement, sans ordonnance et sans avance de frais.

Qu’est-ce que la PrEP ?

La PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) est un traitement médicamenteux
anti-VIH pris avant une exposition à risque, principalement par des personnes
très exposées (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, travailleurs du sexe,
partenaires de personnes séropositives). Elle réduit le risque de contamination par le
VIH de plus de 90 %. Elle est remboursée à 100 % en France depuis 2016 et
contribue à faire baisser les nouvelles contaminations.

🚀 Pour aller plus loin

Reviens sur les autres leçons du chapitre pour comprendre le fonctionnement hormonal
de la reproduction et les autres méthodes médicales agissant sur la sexualité.

Sources scientifiques : Santé Publique France,
Bulletin de santé publique IST (2023) ; Haute Autorité de Santé (HAS),
Recommandations vaccinales HPV (2023) ; Institut Pasteur, dossier
IST ; Lei J. et al., HPV Vaccination and the Risk of Invasive Cervical Cancer,
New England Journal of Medicine (2020) ; Organisation Mondiale de la Santé (OMS),
Global strategy to eliminate cervical cancer (2020).

Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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