Chapitre 7 — Cellules souches, reprogrammation et thérapies · Topic 2 : Reprogrammation nucléaire et pluripotence induite · Leçon 2.1

⏱️ Durée : 14 min
🎓 Niveau : PASS / LAS / L1 SV (UE2)
📚 Topic : Reprogrammation nucléaire et pluripotence induite
🔑 Prérequis : Épigénétique (chapitre 6), cellules ES (leçon 1.2)

Une cellule différenciée a-t-elle perdu pour toujours sa polyvalence ? Ou peut-on la remettre à zéro ? Cette question, l’une des plus profondes de la biologie, a une réponse expérimentale spectaculaire : oui, on peut reprogrammer un noyau. Cette leçon raconte comment, du têtard à la célèbre brebis clonée.

🎯 Objectifs pédagogiques

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • rappeler que les marques épigénétiques varient (ADN identique) ;
  • décrire l’expérience de transfert de noyau ;
  • expliquer ce que prouve cette expérience (réversibilité) ;
  • décrire les étapes du clonage par transfert nucléaire ;
  • définir la reprogrammation et le clonage thérapeutique.

🧭 Plan de la leçon

  1. Le point de départ : ADN identique, épigénétique variable
  2. L’expérience de transfert de noyau
  3. Le clonage par transfert nucléaire (la brebis)
  4. Reprogrammation et clonage thérapeutique

1. Le point de départ : ADN identique, épigénétique variable

Rappel essentiel du chapitre 6 : toutes les cellules d’un organisme ont le même ADN. Ce qui varie au cours de la différenciation, ce sont les marques épigénétiques. D’où la grande question : ces marques sont-elles réversibles si l’on replace le noyau dans un environnement vierge ?

2. L’expérience de transfert de noyau

Pour répondre, on réalise une expérience de transfert de noyau chez le Xénope (un amphibien) :

Le transfert de noyau (clonage)
Figure 1 — Le transfert de noyau (clonage)
  1. on prélève un ovocyte de Xénope et on retire son noyau : on obtient un cytoplasme « environnement vierge » ;
  2. on prélève le noyau d’une cellule intestinale d’un têtard (donc une cellule différenciée), que l’on greffe dans l’ovocyte énucléé.

Résultat : ce n’est pas systématique, mais il arrive que la cellule intestinale soit déprogrammée et se développe en un clone entier. Il faut répéter l’expérience de nombreuses fois pour obtenir un taux de réussite important.

Notion-clé — ce que prouve l’expérience

La conclusion est révolutionnaire : le noyau d’une cellule différenciée contient encore toute l’information nécessaire pour reconstruire un organisme entier. Les marques épigénétiques de la différenciation sont donc réversibles. Cette découverte ouvre la voie au clonage des vertébrés (strictement interdit chez l’humain).

3. Le clonage par transfert nucléaire (la brebis)

Réalisé d’abord chez le Xénope, le clonage a ensuite été recréé chez les mammifères — l’exemple le plus célèbre étant une brebis clonée à la fin des années 1990. Le principe :

Le clonage thérapeutique
Figure 2 — Le clonage thérapeutique
  1. on récupère le noyau d’une cellule (de glande mammaire) de la brebis donneuse ;
  2. on prélève des ovocytes d’une autre brebis et on les énuclée ;
  3. on injecte le noyau de la donneuse dans l’ovocyte énucléé ;
  4. l’embryon obtenu est implanté dans une mère porteuse.

La brebis obtenue est identique (génétiquement) à la brebis donneuse de noyau.

Le saviez-vous ? — l’âge des télomères

Le clone hérite de l’âge chromosomique de la cellule donneuse : ses télomères (les extrémités des chromosomes) sont déjà raccourcis. Le clone « naît vieux » et vit peu de temps. Certains laboratoires cherchent à cloner des animaux (chevaux, chats, chiens) avec des télomères plus longs, pour une durée de vie supérieure.

4. Reprogrammation et clonage thérapeutique

Toutes ces expériences reposent sur un même mécanisme : la reprogrammation.

Définition

La reprogrammation est une dédifférenciation : elle consiste en l’élimination de toutes les empreintes épigénétiques du noyau. Le noyau « remis à zéro » redevient capable de tout donner.

De là découlent deux applications, à bien distinguer :

  • replacé dans un ovocyte, le noyau reprogrammé permet de réaliser du clonage ;
  • à partir de cellules souches embryonnaires nouvellement obtenues, on peut produire tous les types cellulaires d’intérêt — c’est le principe du clonage thérapeutique par transfert nucléaire de cellule somatique (TNCS).
Cadre légal

Chez l’humain, le clonage reproductif (créer un individu) et le clonage thérapeutique (créer des cellules pour soigner) sont tous les deux interdits. C’est l’une des grandes limites éthiques de ces techniques.

🧠 À retenir absolument

  • ADN identique dans toutes les cellules ; ce sont les marques épigénétiques qui varient — et elles sont réversibles.
  • Transfert de noyau : noyau d’une cellule différenciée (intestin de têtard) → ovocyte énucléé (« vierge ») → parfois, un clone se développe.
  • Cela prouve que le noyau différencié garde toute l’information pour reconstruire un organisme.
  • Clonage de mammifère : noyau de la donneuse → ovocyte énucléé d’une autre → mère porteuse → clone identique (mais télomères courts, « naît vieux »).
  • Reprogrammation = dédifférenciation = effacement des empreintes épigénétiques. Clonage reproductif et thérapeutique humain interdits.

❓ Questions fréquentes

Que cherche à montrer l’expérience de transfert de noyau ?

Que les marques épigénétiques acquises lors de la différenciation sont réversibles. En plaçant le noyau d’une cellule différenciée dans un ovocyte énucléé (environnement vierge), on peut parfois obtenir le développement d’un clone : le noyau gardait toute l’information.

Comment réalise-t-on le clonage d’un mammifère ?

On récupère le noyau d’une cellule de la donneuse, on l’injecte dans un ovocyte énucléé d’une autre femelle, et l’embryon obtenu est implanté dans une mère porteuse. L’individu obtenu est génétiquement identique à la donneuse du noyau.

Pourquoi dit-on qu’un clone « naît vieux » ?

Parce qu’il hérite de l’âge chromosomique de la cellule donneuse : ses télomères sont déjà raccourcis. Sa durée de vie peut donc être réduite. D’où des recherches pour cloner avec des télomères plus longs.

Qu’est-ce que la reprogrammation ?

C’est une dédifférenciation : l’élimination de toutes les empreintes épigénétiques du noyau, qui redevient alors capable de donner tous les types cellulaires. Replacé dans un ovocyte, il permet le clonage ; il peut aussi servir à produire des cellules souches embryonnaires.

Le clonage humain est-il autorisé ?

Non. Chez l’humain, le clonage reproductif (créer un individu) et le clonage thérapeutique (créer des cellules pour soigner) sont tous deux interdits.

🚀 Pour aller plus loin

Reprogrammer sans passer par l’embryon ni l’ovocyte : c’est l’exploit des cellules iPS.

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Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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