Chapitre 3 — La traduction et méthodes d’étude · Topic 3 : Les méthodes d’étude de l’ADN · Leçon 3.3
Tu as extrait et amplifié ton ADN. Reste une question simple : qu’as-tu obtenu, exactement ? La bonne taille de fragment ? Combien de fragments différents ? Pour le savoir, on utilise une technique élégante qui trie l’ADN par taille, à l’aide d’un simple courant électrique : l’électrophorèse. C’est la dernière brique de ta boîte à outils.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- expliquer le principe de l’électrophorèse ;
- justifier la migration de l’ADN vers l’anode ;
- expliquer le rôle du gel (tamis moléculaire) ;
- relier taille et distance de migration ;
- lire un gel à l’aide d’un marqueur de taille.
🧭 Plan de la leçon
- L’électrophorèse : séparer selon la taille
- Pourquoi l’ADN migre-t-il ?
- Le gel, un tamis moléculaire
- Révéler et interpréter un gel
1. L’électrophorèse : séparer selon la taille
L’électrophorèse est une technique qui sépare des molécules (acides nucléiques, protéines) selon leur taille, sous l’effet d’un champ électrique. Appliquée à l’ADN, elle permet de distinguer des fragments de longueurs différentes — par exemple pour vérifier le produit d’une PCR.
2. Pourquoi l’ADN migre-t-il ?

L’ADN est déposé dans les puits d’un gel, puis soumis à un champ électrique. Comme il est chargé négativement (à cause de ses groupements phosphate), il migre vers le pôle positif, l’anode.
3. Le gel, un tamis moléculaire
Le gel — le plus souvent un gel d’agarose — agit comme un tamis moléculaire. Il freine d’autant plus les fragments qu’ils sont gros :
- les petits fragments migrent plus vite et plus loin ;
- les gros fragments migrent plus lentement et restent près des puits.
La séparation se fait donc bien selon la taille (le nombre de paires de bases).
| Fragment | Vitesse | Position sur le gel |
|---|---|---|
| Petit | migre vite | loin des puits (en bas) |
| Gros | migre lentement | près des puits (en haut) |
L’ADN migre vers l’anode (+) parce qu’il est chargé négativement — pas l’inverse. Et ce sont les petits fragments qui migrent le plus loin (ils se faufilent plus facilement dans le gel).
4. Révéler et interpréter un gel
Une fois la migration terminée, les fragments d’ADN — incolores — sont révélés par un colorant fluorescent qui s’intercale dans l’ADN (historiquement le BET, bromure d’éthidium, aujourd’hui souvent remplacé par des agents moins toxiques). Les bandes deviennent visibles sous lumière UV.
Pour estimer la taille des fragments, on dépose en parallèle un marqueur de taille (une « échelle » de fragments de tailles connues) : il suffit de comparer la position des bandes de l’échantillon à celles de l’échelle.
Trois réflexes : l’ADN (chargé −) migre vers l’anode (+) ; les petits fragments vont le plus loin ; on lit les tailles grâce au marqueur de taille.
L’électrophorèse est l’étape qui permet de « lire » le résultat de nombreuses techniques : vérifier qu’une PCR a produit le bon fragment, comparer des profils d’ADN en médecine légale (empreintes génétiques), ou détecter une anomalie. Une technique simple, mais omniprésente au laboratoire.
🧠 À retenir absolument
- Électrophorèse = séparation des molécules selon leur taille, sous l’effet d’un champ électrique.
- L’ADN est chargé négativement (phosphates) → il migre vers l’anode (+).
- Le gel (agarose) = tamis : petits fragments → loin, gros fragments → près des puits.
- Visualisation par un colorant fluorescent (ex. BET) sous UV.
- Le marqueur de taille (échelle) permet d’estimer la taille des fragments.
❓ Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’électrophorèse ?
C’est une technique qui sépare des molécules (acides nucléiques ou protéines) selon leur taille, sous l’effet d’un champ électrique. Pour l’ADN, on l’utilise par exemple pour vérifier la taille du produit d’une PCR ou pour analyser des fragments.
Pourquoi l’ADN migre-t-il vers le pôle positif ?
Parce qu’il est chargé négativement, du fait de ses groupements phosphate. Sous l’effet du champ électrique, les charges négatives sont attirées par le pôle positif : l’ADN migre donc vers l’anode.
Quels fragments migrent le plus loin ?
Les petits fragments. Le gel agit comme un tamis : les petits fragments le traversent plus facilement et migrent donc plus vite et plus loin, tandis que les gros fragments, freinés, restent près des puits de dépôt.
Comment visualise-t-on les fragments d’ADN ?
Avec un colorant fluorescent qui s’intercale dans l’ADN (historiquement le bromure d’éthidium, le BET, aujourd’hui souvent remplacé par des agents moins toxiques). Les bandes apparaissent alors sous lumière ultraviolette (UV).
À quoi sert le marqueur de taille ?
C’est une « échelle » de fragments de tailles connues, déposée en parallèle des échantillons. En comparant la position des bandes de l’échantillon à celles du marqueur, on estime la taille des fragments d’ADN analysés.
🚀 Pour aller plus loin
Tu as bouclé le Topic 3 — et tout le chapitre de biologie moléculaire ! Bravo.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.