Chapitre 7 — Protéines motrices et contraction musculaire · Topic 1 : Du muscle aux filaments · Leçon 1.1
Avant de comprendre comment un muscle se contracte, il faut voir comment il est bâti. En zoomant dans une fibre musculaire, on découvre une architecture répétitive d’une grande régularité, dont l’unité de base est le sarcomère. Et c’est l’observation de cette architecture qui a livré la grande idée du chapitre : la théorie du glissement.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- décrire l’organisation muscle → myofibrille → sarcomère ;
- situer les lignes Z et les filaments fins et épais ;
- comparer un sarcomère au repos et contracté ;
- énoncer la théorie du glissement ;
- citer le rôle des tubules T.
🧭 Plan de la leçon
- L’organisation du muscle
- Le sarcomère : lignes Z et filaments
- Repos et contraction
- La théorie du glissement
1. L’organisation du muscle
Le muscle est constitué de fibres musculaires, organisées longitudinalement en myofibrilles. Chaque myofibrille est elle-même faite d’unités répétées : les sarcomères. C’est la juxtaposition des sarcomères qui constitue la myofibrille.
Deux structures accompagnent cet édifice et serviront plus tard :
- le réticulum sarcoplasmique, organisé en réseau (réserve de calcium, on le verra en leçon 2.2) ;
- les tubules T : des invaginations de la membrane qui pénètrent entre les myofibrilles pour transmettre les signaux de contraction.

2. Le sarcomère : lignes Z et filaments

Chaque sarcomère est délimité par deux extrémités très denses : les lignes Z (ce sont les zones de confrontation de deux sarcomères voisins). Entre elles, l’observation au microscope électronique révèle des zones de densités variables, formées :
- de filaments fins (l’actine) ;
- de filaments épais (la myosine) ;
- de zones de chevauchement entre filaments fins et épais.
La description fine des bandes (zones H, I, A) est seulement illustrative et n’est pas à connaître pour le concours. Concentre-toi sur : lignes Z, filaments fins/épais, et zones de chevauchement.
3. Repos et contraction
Comparer un sarcomère au repos et contracté est la clé pour comprendre la suite :
| Myofibrille au repos | Myofibrille contractée |
|---|---|
| Zones de filaments fins et épais assez étendues | Rapprochement des 2 lignes Z du sarcomère |
| Zones de chevauchement assez étroites | Rétrécissement des zones de filaments fins et épais |
| Allongement des zones de chevauchement fins-épais |
Lors de la contraction : les lignes Z se rapprochent, les zones de chevauchement s’allongent. Le sarcomère (donc la myofibrille) raccourcit.
4. La théorie du glissement
Voici l’idée centrale, qui découle directement de ces observations. Modélisons le sarcomère :
- chaque ligne Z est un disque (en 3D) sur lequel s’accroche l’une des extrémités d’un filament fin d’actine (plusieurs filaments fins y sont accrochés) ;
- les filaments épais de myosine interagissent, par leurs « ponts », avec les filaments fins d’actine.

Le point capital : au cours d’une contraction, la longueur des filaments fins et épais ne change pas. Ce sont les filaments fins d’actine qui « coulissent » sur les filaments épais de myosine. Ce glissement rapproche les lignes (disques) Z.
Comme de très nombreux sarcomères sont juxtaposés, l’ensemble de la myofibrille — et donc le muscle — se réduit en taille.
« Les filaments se raccourcissent pendant la contraction » est faux. Les filaments gardent leur longueur : ils glissent simplement les uns sur les autres. C’est le chevauchement qui augmente, pas la taille des filaments.
La théorie du glissement est née en 1954 de deux articles publiés le même jour dans la revue Nature, par deux équipes indépendantes : Andrew Huxley et Rolf Niedergerke d’un côté, Hugh Huxley et Jean Hanson de l’autre. En observant que la largeur des bandes de myosine restait constante pendant la contraction, ils en déduisirent que les filaments ne se raccourcissaient pas, mais glissaient — une idée qui a fondé toute la biologie du muscle.
Théorie du glissement : les filaments fins (actine) coulissent sur les filaments épais (myosine), à longueur constante, ce qui rapproche les lignes Z et raccourcit le sarcomère.
🧠 À retenir absolument
- Muscle → fibres → myofibrilles → sarcomères (unités répétées).
- Sarcomère délimité par les lignes Z ; contient des filaments fins (actine), épais (myosine) et des zones de chevauchement.
- Contraction : rapprochement des lignes Z + allongement du chevauchement ; les filaments fins s’accrochent aux lignes Z.
- Théorie du glissement : longueur des filaments inchangée ; l’actine coulisse sur la myosine.
- Tubules T = invaginations de la membrane qui transmettent le signal de contraction.
❓ Questions fréquentes
Comment le muscle est-il organisé ?
Le muscle est formé de fibres musculaires, elles-mêmes constituées de myofibrilles disposées longitudinalement. Chaque myofibrille est une succession d’unités répétées, les sarcomères : c’est la juxtaposition des sarcomères qui forme la myofibrille.
Qu’est-ce qu’une ligne Z ?
C’est l’extrémité très dense qui délimite un sarcomère, à la zone de confrontation de deux sarcomères voisins. En 3D, c’est un disque sur lequel s’accroche une extrémité des filaments fins d’actine.
Que dit la théorie du glissement ?
Que pendant la contraction, la longueur des filaments fins et épais ne change pas : ce sont les filaments fins d’actine qui glissent (coulissent) sur les filaments épais de myosine. Ce glissement rapproche les lignes Z, ce qui raccourcit le sarcomère, la myofibrille et finalement le muscle.
Qu’observe-t-on dans un sarcomère contracté ?
Un rapprochement des deux lignes Z, un rétrécissement des zones de filaments fins et épais, et un allongement des zones de chevauchement entre filaments fins et épais. Les filaments eux-mêmes gardent leur longueur.
À quoi servent les tubules T ?
Ce sont des invaginations de la membrane plasmique qui pénètrent entre les myofibrilles. Ils transmettent les signaux (la dépolarisation) au cœur de la fibre, ce qui permettra, comme on le verra, de déclencher la libération du calcium nécessaire à la contraction.
🚀 Pour aller plus loin
Le décor est planté ; regardons de près les deux acteurs du glissement.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.