Chapitre 4 — Physiologie respiratoire · Topic 1 · Leçon 1.4

⏱️ Durée : 13 min
🎓 Niveau : PASS / LAS / L1 Santé
📚 Topic : Structures et mécanique respiratoire
🔑 Prérequis : Leçons 1.1 à 1.3
🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

Contrairement à l’inspiration, l’expiration au repos est passive : elle ne consomme pas d’énergie musculaire. Elle est initiée par le réflexe d’Hering-Breuer, qui met fin à l’inspiration, puis pilotée par le retour élastique du poumon. À l’effort, une expiration active peut être recrutée.

🎯 Objectifs pédagogiques

  • Expliquer pourquoi l’expiration au repos est passive ;
  • Décrire le réflexe d’Hering-Breuer ;
  • Suivre l’évolution des pressions à l’expiration ;
  • Distinguer expiration passive et active ;
  • Comprendre le rapport I/E et son inversion dans l’asthme et la BPCO.

🧭 Plan de la leçon

  1. L’expiration passive : retour élastique
  2. Le réflexe d’Hering-Breuer
  3. L’expiration active et le rapport I/E

1. L’expiration passive : retour élastique

Au repos, l’expiration est un phénomène passif qui ne consomme pas d’énergie musculaire. Elle résulte de deux mécanismes combinés :

  • Relâchement des muscles inspiratoires (diaphragme, intercostaux externes) ;
  • Retour élastique du tissu pulmonaire — les poumons distendus reprennent spontanément leur volume de repos, comme un ressort étiré.

En se relâchant, le diaphragme remonte vers sa position basale (poussé par la pression abdominale), les intercostaux externes se relâchent et le sternum redescend. Le volume de la cage thoracique diminue.

Séquence des pressions à l’expiration

Quand le volume thoracique diminue, la pression alvéolaire augmente :

  • PA passe de −2 mmHg (fin d’inspiration) à +2 mmHg (expiration).
  • PPl passe de −8 mmHg (fin d’inspiration) à −4 mmHg (retour vers −5).

Puisque PA > PB, l’air s’écoule des alvéoles vers l’extérieur, jusqu’à équilibre (PA revient à 0 en fin d’expiration).

D’où vient le retour élastique ?

Deux origines :

  1. Fibres élastiques du tissu conjonctif interstitiel (élastine, collagène). Elles s’étirent à l’inspiration puis reprennent leur forme.
  2. Tension de surface du film liquidien qui tapisse la paroi alvéolaire. C’est le facteur dominant. Elle tend à collaber les alvéoles — et serait catastrophique sans le surfactant, qui l’atténue (voir Leçon 2.2).

C’est ce recul élastique qui, une fois les muscles inspiratoires relâchés, ramène spontanément le système à son volume de repos.

2. Le réflexe d’Hering-Breuer

Le réflexe d’Hering-Breuer est un arc réflexe qui met fin à l’inspiration et déclenche l’expiration passive. Il fait intervenir :

Élément Localisation / rôle
Récepteurs Mécanorécepteurs à l’étirement, dans la paroi bronchique et pulmonaire. Sensibles à l’inflation des poumons.
Afférences Fibres du nerf vague (X) vers le tronc cérébral.
Centre intégrateur Centres respiratoires bulbo-pontiques.
Efférences Arrêt de la décharge sur le phrénique et les nerfs intercostaux → relâchement des muscles inspiratoires.
Schéma du réflexe d'Hering-Breuer montrant la séquence INSPIRATION → activation des récepteurs à l'étirement → signal STOP → arrêt de la décharge des nerfs innervant les muscles inspiratoires → EXPIRATION PASSIVE.
Figure 1 — Réflexe d’Hering-Breuer. L’inflation pulmonaire active des récepteurs à l’étirement qui inhibent la commande inspiratoire.
Rôle physiologique

Ce réflexe empêche une inflation excessive et instaure la rythmicité du cycle respiratoire : dès que le poumon est suffisamment étiré, l’inspiration s’arrête, l’expiration passive commence. Il est plus marqué chez le nouveau-né et lors d’inspirations profondes.

3. L’expiration active et le rapport I/E

À l’effort, en cas d’obstruction bronchique (asthme, BPCO) ou lors d’une parole prolongée, l’expiration passive ne suffit plus : une expiration active est recrutée.

Expiration passive (repos) Expiration active (effort, pathologie)
Muscles Aucun (relâchement + retour élastique) Abdominaux (grand droit, obliques) + intercostaux internes
Effet Volume expiré = Vt Volume expiré ↑ (jusqu’à mobilisation du volume de réserve expiratoire)
Débit expiratoire Modéré Bien supérieur au repos
Graphiques comparatifs montrant les courbes pression-volume lors de l'inspiration spontanée (courbe 1), de l'expiration passive (courbe 2) et de l'expiration active avec muscles expiratoires (courbe 3).
Figure 2 — Expiration passive et active. Les muscles expiratoires accessoires permettent d’atteindre des débits bien supérieurs au repos.
Le rapport I/E

Le rapport I/E (durée inspiration / durée expiration) est normalement de 1/1,5 à 1/2 au repos : l’expiration dure ~1,5 à 2 fois plus longtemps que l’inspiration. À l’effort, ce rapport tend vers 1/1.

Un rapport inversé (I/E > 1, expiration plus courte que l’inspiration) témoigne d’un obstacle expiratoire : le patient a du mal à faire sortir l’air (asthme, BPCO, bronchite chronique). C’est un signe clinique précieux, retrouvé à l’auscultation par un temps expiratoire prolongé et un frein expiratoire (sifflement).

Courbe du débit respiratoire en fonction du temps montrant les phases inspiration (montée) et expiration (descente) avec le volume courant (VT) et les temps inspiratoire et expiratoire.
Figure 3 — Courbe débit-temps du cycle respiratoire. Le rapport I/E s’inverse en cas d’obstruction expiratoire.
Le « trapping » aérien

En cas d’obstruction bronchique sévère (crise d’asthme), l’expiration est incomplète : une partie de l’air reste piégée dans les alvéoles (air trapping). Le poumon se distend progressivement (distension thoracique), le diaphragme s’aplatit anormalement, sa mécanique devient inefficace. C’est la spirale péjorative de l’insuffisance respiratoire obstructive.

Schéma du réflexe d'Hering-Breuer montrant la séquence INSPIRATION (poumons gonflés) → activation des récepteurs à l'étirement → signal STOP → arrêt de la décharge des nerfs innervant les muscles inspiratoires → EXPIRATION PASSIVE (poumons dégonflés).
Réflexe d’Hering-Breuer. Le réflexe d’Hering-Breuer est la clé de l’expiration passive : l’étirement pulmonaire en fin d’inspiration inhibe automatiquement les muscles inspiratoires et déclenche le retour élastique passif.
Courbe du débit respiratoire en fonction du temps montrant les phases inspiration (montée) et expiration (descente) avec le volume courant (VT) et les temps inspiratoire et expiratoire.
Courbe débit-temps du cycle respiratoire. Le rapport I/E (inspiratoire/expiratoire) est normalement de 1/1,5 à 1/2 au repos ; un rapport inversé (I/E > 1) signe une obstruction à l’expiration (asthme, BPCO).
Graphiques comparatifs montrant les courbes pression-volume lors de l'inspiration spontanée (courbe 1), de l'expiration passive (courbe 2) et de l'expiration active avec muscles expiratoires (courbe 3).
Expiration passive et active. L’expiration active (muscles abdominaux et intercostaux internes) est recrutée lors de l’exercice physique intense ou en cas d’obstruction bronchique, permettant d’atteindre des débits expiratoires bien supérieurs au repos.

🧠 À retenir absolument

  • Expiration au repos = passive (relâchement musculaire + retour élastique du poumon).
  • Origine du retour élastique : fibres élastiques + tension de surface alvéolaire.
  • Réflexe d’Hering-Breuer : récepteurs à l’étirement pulmonaire → vague (X) → tronc cérébral → arrêt de l’inspiration → expiration passive.
  • Expiration active = muscles abdominaux + intercostaux internes (effort, obstruction).
  • Rapport I/E normal ≈ 1/1,5 à 1/2. Inversion (I/E > 1) = obstacle expiratoire (asthme, BPCO).
  • À l’expiration : PA devient positive (~ +2 mmHg) → l’air sort.

❓ Questions fréquentes

Pourquoi l’expiration au repos ne consomme-t-elle pas d’énergie ?

Parce qu’elle est portée par le retour élastique du poumon et du thorax : les tissus étirés à l’inspiration reprennent spontanément leur forme, comme un ressort. Il suffit de relâcher les muscles inspiratoires : la mécanique fait le reste. À l’effort en revanche, il faut activement pousser l’air dehors pour maintenir un rythme respiratoire élevé.

Que se passerait-il sans réflexe d’Hering-Breuer ?

Les inspirations pourraient devenir excessivement profondes, jusqu’à la distension pulmonaire pathologique. Ce réflexe assure la rythmicité et limite chaque inspiration à un volume raisonnable. Il est particulièrement actif chez le nouveau-né, où il contribue à établir un rythme respiratoire stable dans les premiers jours de vie.

Pourquoi l’expiration est-elle prolongée dans l’asthme ?

Parce que la bronchoconstriction augmente la résistance des voies aériennes. La loi de Poiseuille (R ∝ 1/r⁴) prédit qu’une réduction du rayon bronchique multiplie considérablement la résistance. L’air met plus de temps à sortir, l’expiration se prolonge, et le rapport I/E s’inverse (l’inspiration devient plus courte que l’expiration).

Le nerf vague est-il uniquement afférent dans le réflexe d’Hering-Breuer ?

Dans cet arc réflexe, oui : ses fibres sensitives conduisent le signal des récepteurs à l’étirement vers le tronc cérébral. Mais le nerf vague est aussi porteur de fibres motrices (parasympathiques) qui vont vers les bronches et provoquent la bronchoconstriction. Il joue donc plusieurs rôles distincts dans la physiologie respiratoire.

Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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