Chapitre 8 — Les interactions cellulaires · Topic 1 : Les jonctions intercellulaires · Leçon 1.1
Dans un organisme, les cellules doivent coopérer pour former des tissus. Cette leçon pose le décor : les deux grands types de tissus (épithélial, conjonctif), puis le tableau récapitulatif des jonctions — l’un des plus testés au concours.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- justifier la coopération cellulaire ;
- opposer tissu épithélial et conjonctif ;
- citer les rôles des jonctions ;
- classer les 4 types de jonctions ;
- associer chaque jonction à sa fonction.
🧭 Plan de la leçon
- La nécessité de coopération
- Tissus épithélial et conjonctif
- Le tableau des jonctions
1. La nécessité de coopération
Dans les organismes multicellulaires, les cellules ne vivent pas seules : elles s’organisent en tissus, eux-mêmes en organes puis en systèmes. Pour former ces tissus, les cellules doivent interagir entre elles et avec la matrice extracellulaire. Ces interactions assurent :
- la cohésion et l’organisation des cellules ;
- le maintien des cellules à un endroit précis ;
- l’architecture du corps, sa forme et sa résistance aux forces.
2. Tissus épithélial et conjonctif
| Tissu | Caractéristiques |
|---|---|
| Épithélial | Tapisse l’organisme et les cavités ; forme une barrière entre intérieur et extérieur. Cellules étroitement liées (feuillets), interactions fortes. Matrice fine (lame basale). Ex. : épithélium intestinal. |
| Conjonctif | Tissu lâche et souple, cellules éparses (peu de contacts), dans un environnement matriciel riche. Ex. : os, tendons. La matrice extracellulaire y supporte directement les contraintes mécaniques (tension, compression). |

Dans un épithélium, la cellule est polarisée : un pôle apical (vers la lumière) et un pôle baso-latéral, avec des équipements moléculaires différents. Cette polarité est essentielle pour les fonctions de barrière et de transport (ex. : absorption des nutriments dans l’intestin).
3. Le tableau des jonctions
Les jonctions (faites de protéines transmembranaires et intracytoplasmiques) sont des structures d’adhésion et d’ancrage cruciales pour la stabilité, la résistance mécanique et le contrôle de la perméabilité. On en distingue plusieurs grands types.


| Catégorie | Type | Ancrage / rôle |
|---|---|---|
| Jonctions d’ancrage intercellulaires | Jonctions adhérentes | Cytosquelette d’actine (assez hautes) |
| Desmosomes | Filaments intermédiaires | |
| Jonctions d’ancrage cellule-matrice | Complexe d’adhésion focale | Cytosquelette d’actine |
| Hémidesmosome | Filaments intermédiaires | |
| Jonctions serrées (étanches) | Tight junctions | Imperméabilité, barrière ; les plus hautes (apicales) |
| Jonctions communicantes | Jonctions GAP | Canaux de communication (petites molécules) |
Ce tableau tombe régulièrement au concours. Repère la logique : les jonctions d’ancrage relient les cytosquelettes (actine ou filaments intermédiaires), soit entre cellules (adhérentes, desmosomes), soit cellule-matrice (adhésion focale, hémidesmosome) ; les jonctions serrées scellent (étanchéité) ; les jonctions communicantes font passer de petites molécules. Toutes ces jonctions coexistent dans une même cellule.

🧠 À retenir absolument
- Les cellules coopèrent (entre elles + avec la matrice) pour la cohésion, le maintien et la résistance des tissus.
- Épithélial : barrière, cellules liées (feuillets), matrice fine (lame basale). Conjonctif : cellules éparses, riche en matrice (os, tendons).
- 4 grands types de jonctions : d’ancrage (intercellulaires : adhérentes [actine], desmosomes [FI] ; cellule-matrice : adhésion focale [actine], hémidesmosome [FI]), serrées (étanchéité, apicales), communicantes (gap, petites molécules).
- Toutes les jonctions coexistent dans une même cellule.
❓ Questions fréquentes
Quelle est la différence entre tissu épithélial et conjonctif ?
Le tissu épithélial forme une barrière : ses cellules sont étroitement liées en feuillets, avec une matrice fine (la lame basale). Le tissu conjonctif est plus lâche : ses cellules sont éparses, dispersées dans une matrice extracellulaire abondante qui supporte les contraintes mécaniques (os, tendons).
Quels sont les grands types de jonctions ?
Les jonctions d’ancrage (intercellulaires : adhérentes et desmosomes ; cellule-matrice : adhésion focale et hémidesmosome), les jonctions serrées (étanchéité, situées à l’apex) et les jonctions communicantes (gap, canaux pour petites molécules). Toutes coexistent dans une même cellule.
À quoi servent les jonctions ?
Elles assurent l’adhésion et l’ancrage : stabilité architecturale, résistance mécanique et contrôle de la perméabilité. Elles transmettent aussi des informations sur l’environnement et régulent la migration, la prolifération, la différenciation, la signalisation et la survie.
Qu’est-ce que la polarité d’une cellule épithéliale ?
Une cellule épithéliale possède un pôle apical (vers la lumière) et un pôle baso-latéral, dotés d’équipements moléculaires différents. Cette polarité permet ses fonctions de barrière et de transport, comme l’absorption des nutriments dans l’intestin.
🚀 Pour aller plus loin
Commençons par les jonctions d’ancrage et leurs protéines clés : les cadhérines.
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.