Chapitre 2 — La spermatogenèse · Topic 3 : Cinétique et régulation · Leçon 3.2
La spermatogenèse ne tourne pas toute seule : elle est commandée par le cerveau. Un véritable dialogue hormonal s’établit entre l’hypothalamus, l’hypophyse et le testicule : l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Comprendre cet axe, c’est aussi comprendre les hypogonadismes, dont le diagnostic repose sur le dosage de ces hormones.
🎯 Objectifs pédagogiques
À la fin de cette leçon, tu sauras :
- décrire les changements de l’épithélium à la puberté ;
- décrire l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique ;
- associer FSH → Sertoli et LH → Leydig ;
- expliquer les rétrocontrôles (inhibine, testostérone) ;
- distinguer hypogonadisme hypo- et hypergonadotrope.
🧭 Plan de la leçon
- Le démarrage à la puberté
- L’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique
- Les rétrocontrôles
- Les hypogonadismes
1. Le démarrage à la puberté
La régulation est initiée à la puberté. À ce moment, l’épithélium séminifère se transforme :
- la multiplication des cellules goniales souches provoque l’expansion de l’épithélium germinal et l’allongement des tubes séminifères ;
- un « switch » des mitoses goniales déclenche la différenciation des cellules germinales et l’enclenchement de la spermatogenèse ;
- les cellules de Sertoli achèvent leur maturation.
2. L’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique
La régulation endocrine repose sur un dialogue entre le cerveau (hypothalamus et hypophyse) et la gonade : c’est l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique.

- l’hypothalamus sécrète, de façon pulsatile, la GnRH (Gonadotrophin Releasing Hormone) ;
- la GnRH agit sur l’hypophyse, qui libère deux gonadotrophines :
- la FSH agit sur les cellules de Sertoli ;
- la LH stimule la sécrétion de testostérone par les cellules de Leydig.
FSH → Sertoli ; LH → Leydig. (La FSH s’occupe des cellules de Sertoli, la LH des cellules de Leydig — et donc de la testostérone.)
3. Les rétrocontrôles
La gonade « répond » au cerveau par des rétrocontrôles, qui maintiennent l’équilibre :
- les cellules de Sertoli régulent la sécrétion de FSH en produisant de l’inhibine (action inhibitrice) et de l’activine (action stimulatrice) ;
- la testostérone freine en retour la synthèse de LH.
Cet équilibre par rétrocontrôle est typique des axes endocriniens : le testicule « informe » le cerveau de son état. Si la testostérone monte, la LH baisse ; si l’activité de Sertoli est suffisante, l’inhibine freine la FSH. C’est cette logique qui permet d’interpréter les dosages hormonaux en clinique.
4. Les hypogonadismes
Un dysfonctionnement testiculaire (hypogonadisme) se diagnostique d’abord par le dosage des hormones de l’axe. On distingue deux grands types :
| Type | Mécanisme et hormones |
|---|---|
| Hypogonadotrope (origine centrale) |
Le testicule est mal stimulé (atteinte hypothalamo-hypophysaire). FSH et LH bas ; en conséquence, inhibine et testostérone abaissées. Ex. : syndrome de Kallmann. |
| Hypergonadotrope (origine périphérique, gonadique) |
Le testicule fonctionne mal mais la commande centrale est normale. L’hypophyse stimule au maximum : GnRH, FSH et LH élevés ; inhibine et testostérone basses (pas de rétrocontrôle négatif). Causes : chaleur, toxiques, chromosomiques (Klinefelter 47,XXY), génétiques, ou idiopathique. |
Tout se joue sur le niveau des gonadotrophines (FSH/LH). Bas → le problème est central (hypogonadotrope). Élevés → le problème est dans la gonade (hypergonadotrope), l’hypophyse « crie » dans le vide. Dans les deux cas, la testostérone est basse.
🧠 À retenir absolument
- Régulation initiée à la puberté : expansion de l’épithélium, « switch » des mitoses goniales, maturation des Sertoli.
- Axe HHG : hypothalamus → GnRH (pulsatile) → hypophyse → FSH (→ Sertoli) + LH (→ Leydig → testostérone).
- Mnémo : FSH → Sertoli, LH → Leydig.
- Rétrocontrôles : inhibine (freine la FSH) / activine (stimule) ; testostérone freine la LH.
- Hypogonadisme : hypogonadotrope (central, FSH/LH bas) vs hypergonadotrope (gonadique, FSH/LH élevés) ; testostérone basse dans les deux.
❓ Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique ?
C’est le dialogue hormonal entre l’hypothalamus (qui sécrète la GnRH de façon pulsatile), l’hypophyse (qui libère la FSH et la LH) et le testicule. La FSH agit sur les cellules de Sertoli, la LH sur les cellules de Leydig (sécrétion de testostérone).
Comment retenir l’action de la FSH et de la LH ?
Avec le moyen mnémotechnique FSH → Sertoli, LH → Leydig. La FSH stimule les cellules de Sertoli, tandis que la LH stimule les cellules de Leydig et donc la production de testostérone.
Quels sont les rétrocontrôles de l’axe ?
Les cellules de Sertoli régulent la FSH grâce à l’inhibine (action inhibitrice) et l’activine (action stimulatrice). La testostérone, elle, freine en retour la synthèse de LH. Ces rétrocontrôles maintiennent l’équilibre de l’axe.
Quelle est la différence entre hypogonadisme hypo- et hypergonadotrope ?
Dans l’hypogonadisme hypogonadotrope (central), la FSH et la LH sont basses : le testicule est mal stimulé. Dans l’hypergonadotrope (périphérique), c’est le testicule qui est défaillant alors que la commande est normale : la FSH et la LH sont élevées. La testostérone est basse dans les deux cas.
Comment l’analyse hormonale oriente-t-elle le diagnostic ?
Le niveau des gonadotrophines est décisif : des FSH/LH basses orientent vers une atteinte centrale (hypogonadotrope), des FSH/LH élevées vers une atteinte gonadique (hypergonadotrope). C’est pourquoi le dosage hormonal est la première étape du bilan.
🚀 Pour aller plus loin
Au-delà des hormones, le testicule se régule aussi localement et génétiquement :
Contenu pédagogique original — Réussir SVT. L’équipe Réussir SVT.