À la fin de cette leçon, tu sauras :
- Définir la dérive génétique et les notions associées
- Distinguer effet fondateur et goulot d’étranglement
- Maîtriser le vocabulaire des flux génétiques migratoires
1. La dérive génétique
Dérive génétique : variation aléatoire des fréquences alléliques au sein d’une population, due au caractère fini de l’effectif. Lors de chaque reproduction, l’échantillonnage aléatoire des gamètes qui forment la génération suivante crée des fluctuations. Ces fluctuations sont d’autant plus marquées que la population est petite.
Fluctuation aléatoire : variation imprévisible des fréquences alléliques d’une génération à l’autre, qui résulte du hasard de la reproduction. Sur le long terme, la dérive peut conduire à la disparition (fréquence = 0) ou à la fixation (fréquence = 1) d’un allèle dans la population.
2. L’effet fondateur
Effet fondateur : cas particulier de dérive génétique observé quand une petite fraction d’une population colonise un nouveau milieu (île, vallée isolée, nouveau continent…). Les fréquences alléliques de cette « population fondatrice » sont, par le simple hasard, différentes de celles de la population d’origine. La nouvelle population évoluera à partir de cette base allélique particulière, parfois très éloignée de la population mère.
3. Le goulot d’étranglement
Goulot d’étranglement (ou bottleneck) : réduction brutale et drastique de l’effectif d’une population (à cause d’un événement catastrophique : feu, inondation, épidémie, chasse intensive…). Les survivants ne sont qu’un sous-ensemble aléatoire de la population initiale, leurs fréquences alléliques peuvent être très différentes. La population redémarre à partir d’un patrimoine génétique appauvri, qui restera marqué par cette « bouteille » pendant de nombreuses générations.
4. Les flux génétiques migratoires
Flux génétique migratoire : entrée ou sortie d’allèles dans une population, due à l’arrivée ou au départ d’individus. Quand deux populations en contact échangent des migrants, leurs fréquences alléliques convergent : les flux migratoires homogénéisent génétiquement les populations en contact. Ils peuvent aussi compenser les effets de la dérive dans les petites populations.
5. Population de petite taille
Plusieurs notions tournent autour de la petite taille de population :
- Effectif efficace (Ne) : nombre d’individus qui participent effectivement à la reproduction. Souvent plus petit que l’effectif total (les jeunes, les vieux, les non-reproducteurs ne comptent pas).
- Consanguinité : croisements entre individus apparentés. Devient inévitable dans les très petites populations isolées. Augmente la fréquence des homozygotes et peut révéler des allèles récessifs délétères.
- Population isolée : population qui n’échange plus (ou très peu) de migrants avec les autres populations de l’espèce. Particulièrement sujette à la dérive génétique.
Ce qu’il faut retenir
- Dérive génétique : variation aléatoire des fréquences alléliques due au caractère fini de l’effectif
- Effet d’autant plus fort que la population est petite
- Effet fondateur : petite fraction d’une population colonise un nouveau milieu (fondatrice non représentative)
- Goulot d’étranglement : réduction brutale d’effectif → survivants non représentatifs
- Flux génétiques migratoires : homogénéisent les populations en contact, peuvent compenser la dérive