Contenu du cours
Vocabulaire et nature du stress
Le stress est une réponse adaptative face à un stresseur. Histoire : Cannon (« fight or flight » 1915), Selye (SGA en 3 phases 1936). Distinction fondamentale : aigu (bénéfique, sympathique) vs chronique (délétère, axe HHS, cortisol).
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Bases neuronales du stress
L'amygdale est le centre des émotions (TP IRMf cinéma 4DX : vision suffit à l'activer). Cortex préfrontal = frein. Hippocampe = mémoire + contexte (sensible au cortisol). Deux voies : rapide (sympathique, secondes) et lente (HHS, minutes).
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Réponses physiologiques au stress
TP TSST (Kirschbaum 1993) : élévation de la fréquence cardiaque de 70 à 100 bpm sous stress cognitif. Axe HHS : CRH → ACTH → cortisol. Mesure par cortisol salivaire. Loi de Yerkes-Dodson : stress modéré = performance optimale.
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Stress chronique, adaptabilité et santé
Bascule aigu → chronique = charge allostatique (McEwen). Conséquences : cardiovasculaires, métaboliques, immunitaires, psychiatriques. Résilience (Cyrulnik) repose sur 3 piliers (biologique, psychologique, social). Stratégies : activité physique, méditation MBSR, cohérence cardiaque, TCC, sommeil, support social.
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Comportement et stress : l’adaptabilité de l’organisme
Durée estimée : 13 min Niveau : Terminale spé SVT Position : Topic 1 — Leçon 1.1

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Définir stress aigu et stress chronique
  • Maîtriser le vocabulaire des structures cérébrales (amygdale, hippocampe, hypothalamus, cortex préfrontal)
  • Définir l’axe HHS et le système nerveux sympathique
  • Mobiliser le vocabulaire de l’adaptabilité (résilience, syndrome général d’adaptation)

1. Pourquoi un vocabulaire précis ?

Le stress est un terme du langage courant souvent employé de manière imprécise. En SVT, il a une définition rigoureuse, et mobilise un vocabulaire technique (neuroanatomique, hormonal, comportemental) qui doit être maîtrisé. Cette leçon pose les bases.

2. Le stress : définition

Stress : ensemble de réactions physiologiques et comportementales de l’organisme face à une situation perçue comme menaçante, contraignante ou nouvelle (le stresseur). Réponse adaptative qui mobilise les ressources de l’organisme pour faire face. Concept introduit par Hans Selye en 1936.

Distinction fondamentale :

  • Stress aigu : réponse brève et intense face à un stresseur ponctuel (examen, frayeur, accident évité). Effet adaptatif, bénéfique à court terme.
  • Stress chronique : exposition prolongée et répétée à des stresseurs (conflits, surmenage, harcèlement). Effets délétères : épuisement, maladies cardiovasculaires, dépression, troubles immunitaires.

3. Vocabulaire des structures cérébrales

Amygdale : petite structure en forme d’amande située dans le lobe temporal (deux amygdales, une par hémisphère). Centre des émotions, surtout la peur et le dégoût. Détecte rapidement les stimuli menaçants et déclenche les réactions de stress.

Hippocampe : structure en forme de cheval de mer, dans le lobe temporal. Rôle clé dans la mémoire et l’apprentissage. Module les réponses au stress (souvenir des situations passées). Sensible au cortisol (stress chronique → atrophie hippocampique).

Hypothalamus : petite structure profonde du cerveau, sous le thalamus. Centre intégrateur du stress : reçoit les signaux des amygdales, active le système nerveux sympathique et l’axe HHS.

Cortex préfrontal : partie antérieure du lobe frontal. Régulation émotionnelle, contrôle exécutif, prise de décision. Module (souvent inhibe) les réponses émotionnelles déclenchées par l’amygdale. Le « frein » du système.

4. Le système nerveux autonome

Le système nerveux autonome (SNA) régule les fonctions involontaires (cœur, respiration, digestion, sudation). Divisé en deux branches antagonistes :

  • Système nerveux sympathique (ou orthosympathique) : activé lors du stress aigu. Prépare à l’action (« fight or flight »). Effets : accélération cardiaque, dilatation des pupilles, sudation, mobilisation énergétique. Neurotransmetteur : noradrénaline (et adrénaline sécrétée par la médullosurrénale).
  • Système nerveux parasympathique : activé au repos et après l’effort. Récupération (« rest and digest »). Effets opposés au sympathique : ralentit le cœur, favorise la digestion. Neurotransmetteur : acétylcholine.

5. L’axe corticotrope (axe HHS)

Axe HHS (Hypothalamus-Hypophyse-Surrénales) : cascade hormonale déclenchée par le stress. Trois étapes :

  1. L’hypothalamus sécrète la CRH (corticolibérine)
  2. La CRH stimule l’hypophyse qui sécrète l’ACTH (corticotropine)
  3. L’ACTH stimule les glandes surrénales (corticosurrénales) qui sécrètent le cortisol

Le cortisol est l’hormone du stress par excellence. Effets : mobilisation énergétique (glycémie ↑), inhibition de l’inflammation, modulation du système immunitaire.

6. Vocabulaire hormonal du stress

  • Adrénaline : hormone et neuromédiateur sécrété par la médullosurrénale lors du stress aigu. Effet rapide : accélération cardiaque, vasoconstriction, libération de glucose par le foie. Première réponse au stress.
  • Noradrénaline : très proche de l’adrénaline, libérée par le système sympathique et certains neurones cérébraux. Effets similaires.
  • Cortisol : hormone stéroïdienne sécrétée par les corticosurrénales sous l’action de l’ACTH. Effet plus lent (~minutes) mais plus durable. Hormone du « stress soutenu ».

7. Vocabulaire comportemental

Syndrome général d’adaptation (SGA) : modèle proposé par Selye en 1936. Trois phases successives face à un stresseur prolongé :

  1. Phase d’alarme : réaction immédiate (adrénaline, sympathique)
  2. Phase de résistance : adaptation soutenue (cortisol, axe HHS)
  3. Phase d’épuisement : si stress prolongé, dépassement des capacités → pathologies

Résilience : capacité d’un individu à faire face à un stresseur sans développer de troubles, ou à se rétablir après un événement traumatique. Combinaison de facteurs biologiques (génétiques), psychologiques et sociaux. Permet l’adaptabilité face au stress.

8. Stress utile vs nocif

Le stress n’est pas en soi mauvais :

  • Stress aigu adaptatif : mobilise les ressources, améliore la performance face au danger ou à un défi (examen, compétition). Bénéfique.
  • Stress chronique mal géré : épuisement, pathologies cardiovasculaires, immunitaires, psychiatriques. Néfaste.

Tout l’enjeu est de bénéficier du premier sans subir le second. C’est l’objet des stratégies de gestion du stress (Topic 4).

9. Outils d’investigation

  • IRMf : imagerie fonctionnelle par résonance magnétique. Visualise l’activité cérébrale lors d’une tâche. Permet d’identifier les structures activées par le stress (amygdale, cortex préfrontal).
  • ECG : électrocardiogramme, mesure de la fréquence cardiaque. Indicateur direct de l’activité sympathique.
  • Cortisol salivaire : dosage non invasif du cortisol. Permet de mesurer la réponse de l’axe HHS au stress.
  • TSST (Trier Social Stress Test) : test standardisé en laboratoire pour induire un stress aigu (entretien d’embauche simulé + calcul mental devant examinateurs impassibles). Utilisé dans toutes les études sur le stress.

10. Indice / cause / exemple — stress

  • Indice : accélération de la fréquence cardiaque, transpiration, bouche sèche lors d’un examen oral
  • Cause : activation du système nerveux sympathique et libération d’adrénaline en réponse à un stresseur (situation évaluative)
  • Exemple : TSST (Trier Social Stress Test) qui induit expérimentalement ces réactions en laboratoire

Ce qu’il faut retenir

  • Le stress est une réaction adaptative face à un stresseur. Aigu (bref, bénéfique) vs chronique (prolongé, délétère)
  • Structures cérébrales clés : amygdale (peur), hippocampe (mémoire), hypothalamus (centre intégrateur), cortex préfrontal (régulateur)
  • Deux voies de réponse : système nerveux sympathique (rapide, adrénaline) + axe HHS (lent, cortisol)
  • Axe HHS = Hypothalamus (CRH) → Hypophyse (ACTH) → Surrénales (cortisol)
  • Syndrome général d’adaptation (Selye 1936) : alarme → résistance → épuisement
  • Résilience = capacité d’adaptation et de récupération face au stress
  • Outils : IRMf (amygdale), ECG (fréquence cardiaque), cortisol salivaire, TSST
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