Durée estimée : 14 min Niveau : Terminale spé SVT Position : Topic 3 — Leçon 3.3

À la fin de cette leçon, tu sauras :

  • Expliquer le mécanisme physique de l’effet de serre
  • Identifier les principaux gaz à effet de serre (CO₂, CH₄, H₂O, N₂O)
  • Comprendre pourquoi le CO₂ varie au rythme des glaciations
  • Mobiliser le rôle de l’océan dans le stockage et le relargage du CO₂

1. L’effet de serre : un mécanisme physique

L’effet de serre est un phénomène naturel et nécessaire à la vie sur Terre. Sans lui, la température moyenne à la surface serait de –18 °C (au lieu des +15 °C actuels). Il rend la planète habitable.

Le principe simplifié :

  1. Le Soleil émet une lumière essentiellement visible, qui traverse l’atmosphère et chauffe la surface
  2. La surface chauffée réémet cette énergie sous forme d’infrarouges (rayonnement thermique)
  3. Certains gaz atmosphériques (CO₂, CH₄, H₂O, N₂O) absorbent ces infrarouges
  4. Ces gaz les réémettent dans toutes les directions, dont une partie vers la surface
  5. Résultat : la surface reçoit plus d’énergie qu’elle n’en aurait reçu sans ces gaz → réchauffement

Plus la concentration de gaz à effet de serre est élevée, plus l’effet est important.

2. Les principaux gaz à effet de serre

Gaz Origine principale Pouvoir radiatif
H₂O (vapeur d’eau) Évaporation des océans (naturel) ~50 % de l’effet naturel
CO₂ (dioxyde de carbone) Volcanisme, respiration, fossiles ~25 % de l’effet naturel
CH₄ (méthane) Zones humides, élevage, énergies fossiles ×25 plus puissant que le CO₂ par molécule (mais moins concentré)
N₂O (protoxyde d’azote) Engrais agricoles, processus naturels du sol ×265 plus puissant que CO₂

Le CO₂ est le gaz à effet de serre le plus surveillé car son taux varie le plus avec l’activité humaine et il a une très longue durée de vie dans l’atmosphère (100 à 1000 ans). Une molécule de CO₂ émise aujourd’hui restera active pendant des siècles.

3. Le CO₂ varie au rythme des glaciations

Les bulles d’air piégées dans les carottes de glace (vues en leçon 2.2) montrent que le CO₂ atmosphérique a fortement varié au cours du Quaternaire :

  • Maximum glaciaire : CO₂ ~ 180 ppm
  • Interglaciaire (Holocène, période préindustrielle) : CO₂ ~ 280 ppm
  • Aujourd’hui (2025) : CO₂ ~ 420 ppm (anthropique)

Les courbes δ¹⁸O (température) et CO₂ varient en synchronie sur 800 000 ans. Quand l’un monte, l’autre monte. Cela suggère un couplage physique entre température et CO₂. Lequel cause l’autre ? La réponse est : les deux.

4. Le rôle clé de l’océan : un grand réservoir de CO₂

L’océan contient environ 60 fois plus de CO₂ que l’atmosphère sous forme dissoute (acide carbonique H₂CO₃, ions HCO₃⁻ et CO₃²⁻). C’est un immense réservoir.

Deux mécanismes physiques contrôlent les échanges atmosphère ↔ océan :

Solubilité du CO₂ dans l’eau : elle dépend fortement de la température. Plus l’eau est froide, plus elle peut dissoudre de CO₂. Plus elle est chaude, plus elle relargue du CO₂ vers l’atmosphère.

Analogie : une bouteille de soda chaude pétille (CO₂ libéré), une bouteille froide garde son gaz dissous.

Conséquence pour le Quaternaire :

  1. Forçage orbital (Milanković) → refroidissement de surface
  2. L’océan se refroidit → il absorbe plus de CO₂
  3. Le CO₂ atmosphérique baisse → effet de serre réduit → refroidissement supplémentaire
  4. Boucle de rétroaction positive sur le refroidissement → glaciation

À l’interglaciaire, le mécanisme inverse fonctionne : océan se réchauffe → relargue du CO₂ → effet de serre amplifié → réchauffement supplémentaire.

5. Trois amplificateurs imbriqués

Les glaciations quaternaires ne s’expliquent pas par un seul facteur mais par l’imbrication de trois causes :

  1. Forçage orbital (Milanković) = déclencheur (leçon 3.1)
  2. Rétroaction albédo = amplificateur radiatif (leçon 3.2)
  3. Rétroaction CO₂ océanique = amplificateur chimique (cette leçon)

Ensemble, ces trois mécanismes amplifient un forçage initial de quelques % d’insolation jusqu’à des baisses globales de 5 à 8 °C. C’est la combinaison qui explique l’ampleur des cycles glaciaire/interglaciaire.

6. Le réchauffement actuel : CO₂ d’origine fossile

Aujourd’hui, le CO₂ supplémentaire ne provient pas d’un dégazage océanique mais de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). Comment le sait-on avec certitude ?

  • Δ¹³C qui diminue : le CO₂ fossile est appauvri en ¹³C (héritage de plantes mortes il y a des millions d’années) → cette diminution est mesurée précisément
  • Δ¹⁴C qui diminue aussi : le carbone fossile est trop vieux pour contenir du ¹⁴C radioactif (demi-vie 5 730 ans) → effet « Suess »
  • O₂ atmosphérique en baisse : la combustion consomme de l’oxygène, et la baisse mesurée correspond exactement au CO₂ émis

Trois traceurs isotopiques indépendants confirment de façon irréfutable l’origine anthropique fossile du CO₂ ajouté à l’atmosphère depuis 1850.

7. L’océan absorbe-t-il notre CO₂ ?

Oui, en partie. L’océan absorbe environ 25 à 30 % du CO₂ émis chaque année. C’est un service rendu, mais avec deux conséquences problématiques :

  1. L’océan s’acidifie (pH a baissé de 8,2 à 8,1 depuis 1850) → impact sur les organismes calcifieurs (coraux, mollusques, foraminifères)
  2. Plus l’océan se réchauffe, moins il pourra absorber de CO₂ (solubilité diminue) → la capacité d’absorption diminue dans le temps

8. Indice / cause / exemple — CO₂ et effet de serre

  • Indice : CO₂ atmosphérique à 420 ppm aujourd’hui (mesuré à Mauna Loa depuis 1958)
  • Cause : combustion massive d’énergies fossiles depuis 1850 → effet de serre additionnel
  • Exemple : +1,1 °C de température globale depuis 1850

Ce qu’il faut retenir

  • Effet de serre : gaz (CO₂, H₂O, CH₄, N₂O) absorbent et réémettent les infrarouges → réchauffe la surface. Naturel et nécessaire.
  • Sans effet de serre : Terre à –18 °C ; avec : +15 °C en moyenne
  • CO₂ varie : 180 ppm (glaciaire) / 280 ppm (interglaciaire) / 420 ppm (anthropique)
  • L’océan est un réservoir 60× plus gros que l’atmosphère : froid → absorbe ; chaud → relargue
  • Trois amplificateurs imbriqués dans les cycles quaternaires : Milanković + albédo + CO₂ océanique
  • Origine fossile du CO₂ actuel prouvée par 3 traceurs : δ¹³C, δ¹⁴C, O₂ atmosphérique
  • Acidification océanique = conséquence du CO₂ absorbé par l’océan

🤖 Synthèse rédigée avec assistance IA à partir des cours universitaires et de sources académiques de référence.

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