1. Localisation et mécanisme
Le brassage intrachromosomique a lieu pendant la prophase I, lors de l’appariement des chromosomes homologues. Au sein des bivalents, des crossing-over (ou enjambées) peuvent se produire : il s’agit d’échanges réciproques de fragments de chromatides entre les deux chromosomes homologues, au niveau de zones de contact appelées chiasmas.
2. Conséquence : de nouveaux assemblages d’allèles
Le crossing-over modifie l’assemblage des allèles le long d’un même chromosome. Il crée ainsi des chromosomes recombinés, qui portent une combinaison d’allèles différente de celle des chromosomes parentaux. Les gamètes produits comportent donc, pour certains, des chromosomes recombinés.
3. Illustration génétique
Le brassage intrachromosomique se met en évidence en considérant deux gènes liés, c’est-à-dire situés sur le même chromosome. Sans crossing-over, un individu (AB//ab) ne produirait que deux types de gamètes parentaux (AB et ab) en proportions égales. Or, grâce aux crossing-over, on observe également deux types de gamètes recombinés (Ab et aB), mais en proportions plus faibles. Lors d’un croisement-test, on obtient ainsi quatre phénotypes : deux phénotypes parentaux majoritaires et deux phénotypes recombinés minoritaires — signature expérimentale du brassage intrachromosomique.
4. Complémentarité des deux brassages
Les deux brassages sont complémentaires et se cumulent. Le brassage intrachromosomique modifie d’abord la composition des chromosomes au sein des bivalents, puis le brassage interchromosomique répartit aléatoirement ces chromosomes (parentaux et recombinés) entre les gamètes. Le nombre de gamètes génétiquement différents qu’un seul individu peut produire est ainsi pratiquement infini.